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Wise Man's Grandchild

Chapitre 4

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Chapitre 4

Chapitre 4

Chapitre 4/706%~7 min de lecture1 321 mots

Aujourd'hui encore, je me rends en forêt.

Pour chercher du gibier.

… Enfin, disons que j'habite en pleine forêt, pour être exact.

Bonjour, c'est encore moi, Shin, qui ai un peu grandi et viens d'avoir huit ans.

Depuis ce jour, l'entraînement — ou plutôt la torture — de Michelle-san est monté d'un cran. Enfin, ça a fini par monter d'un cran. Grâce à ça, j'ai pu apprendre à utiliser la magie de renforcement physique, ceci dit.

En trois ans, les changements ne se limitent pas à la montée en puissance de l'entraînement martial.

Un second maître s'est ajouté.

En fait, la magie ne se résume pas à contrôler et projeter son pouvoir magique comme on en a parlé avant ; il existe aussi la « magie d'enchantement » qui consiste à transférer un pouvoir magique porteur d'un concept sur un objet. Et il s'est avéré que Pépé n'était pas très doué pour cet enchantement.

Il dit que projeter la magie lui convient mieux que de l'enchanter… Bref, vu qu'il vaut mieux apprendre auprès de quelqu'un qui excelle dans le domaine plutôt que chez quelqu'un qui est mauvais, il a été décidé que j'apprenne auprès d'un des clients de Pépé qui maîtrise la magie d'enchantement.

Et cette personne, c'est une vieille dame qui a tout de la « sorcière » : elle porte une robe noire, des lunettes et un chapeau pointu.

Grande, allure de grand-mère mais une silhouette incroyablement élégante.

On devine qu'elle a dû être très courtisée dans sa jeunesse.

Son nom est « Merida Bowen ».

Je l'appelle Mémé Merida. Si je l'appelle Merida-san, elle ne répond pas. Par contre, si je l'appelle « Mémé », elle fait une tête super contente.

… Il s'est passé quelque chose entre elle et Pépé dans le passé, je suppose… J'ai trop peur pour demander.

Pour l'enchantement en lui-même, en fait, enchâsser la magie n'est pas si difficile.

Il suffit de rassembler son pouvoir magique au bout des doigts ou de la baguette en visualisant le phénomène souhaité, puis au lieu de le projeter, de le transférer sur l'objet visé selon « une certaine méthode ».

Ensuite, il n'y a plus qu'à y infuser du pouvoir magique pour que la magie enchantée s'active.

C'est une technologie extrêmement utile pour ceux qui ne savent pas utiliser la magie, et on dit qu'en général, les gens capables d'enchantement sont plus recherchés.

Cela dit, les objets enchantés, c'est-à-dire les « outils magiques », sont rares et coûteux, donc on ne peut pas s'en procurer facilement, et le nombre qu'on possède devient un symbole de statut, apparemment.

Enfin, l'objet en lui-même peut être bon marché, donc le prix élevé revient presque entièrement à la rémunération technique.

Et cette « certaine méthode » pour transférer le pouvoir magique consiste à « écrire le phénomène en mots qu'on comprend soi-même ».

Le hic, c'est que le nombre de caractères qu'on peut graver dépend du matériau sur lequel on écrit.

Les matériaux bon marché en acceptent peu, les chers beaucoup.

Inversement, plus le nombre de caractères gravables est grand, plus le matériau est onéreux.

L'écriture de ce monde fonctionne comme l'alphabet : plusieurs caractères réunis forment un sens.

Du coup, il n'est pas rare qu'un seul mot dépasse la limite de caractères si son orthographe est longue.

C'est alors que m'est venue l'idée : et si j'essayais de graver en kanji ?

Puisqu'un kanji porte un sens à lui seul, je me suis dit qu'on pourrait en transférer un nombre correct.

Comme ça m'intriguait, j'ai essayé et ça a marché du premier coup.

Mémé m'a interrogé comme pas possible, ceci dit…

Grâce à ça, la magie d'enchantement est devenue aussi chère à mon cœur que la magie classique, celle qu'on appelle magie de projection.

… L'entraînement martial, lui, reste toujours aussi éprouvant, ceci dit…

Et me voici parti à la chasse, équipé des armes que j'ai créées grâce à cette magie d'enchantement.

Pour l'attaque à distance : un « fusil ».

Pour le combat rapproché : une « épée à vibration ».

Pour l'assistance aux mouvements : des « bottes à réaction ».

Et pour la défense, un vêtement : la « combinaison de protection ».

Le « fusil » est exactement ce que son nom indique, sauf qu'au lieu de propulser la balle par la poudre, il utilise de l'air comprimé par la magie — en somme, un pistolet à air comprimé. Ceci dit, sa puissance n'a rien à voir avec celle d'un vulgaire pistolet à air.

L'« épée à vibration » est une lame qui vibre aux ultrasons.

Je suis encore un enfant, donc je ne peux pas — enfin, je pourrais porter une arme lourde, mais si j'utilise le renforcement physique pour ça, je ne peux plus faire grand-chose d'autre. J'ai donc réfléchi à comment m'en sortir avec une arme qu'un enfant peut porter, et j'ai eu l'idée d'appliquer cet enchantement sur une lame fine et légère.

Ça a eu très bon accueil : pour les mages peu costauds, ça devient leur arme principale, et pour les guerriers, ça facilite le dépeçage des matériaux, si bien que plein de gens me demandent d'en faire.

Les « bottes à réaction » éjectent un jet depuis le talon, ce qui assiste les déplacements et les sauts. Elles permettent même de changer de direction en plein vol.

Les créer n'a pas été très dur… par contre, les contrôler, c'était l'enfer…

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai été projeté en l'air avant de les maîtriser…

En voyant ça, personne n'a demandé à en avoir. Ils faisaient des têtes dubitatives…

Et la dernière, la « combinaison de protection », est un vêtement ordinaire enchanté avec « anti-perforation », « anti-choc » et « anti-magie ». Les effets sont littéraux.

Parce que l'armure ou le cuir, c'est lourd et ça gêne pour bouger.

Je pensais que ça plairait… mais les avis ont été partagés, contre toute attente.

Les mages comme Mémé l'ont acclamé comme une merveille, tandis que les guerriers comme Michelle-san ont fait la grimace, car pour eux, une belle armure est aussi un signe de statut.

C'est avec cet équipement que je me tapisse maintenant dans les herbes, guettant ma proie comme d'habitude.

Ma cible aujourd'hui : un gros sanglier.

Il dévore goulûment les noix que j'ai semées au sol.

Je contourne pour me placer face à lui et tire une balle entre les deux yeux.

Le projectile s'enfonce pile au bon endroit, détruit le cerveau et ressort par l'arrière du crâne.

Si gros soit-il, une fois le cerveau détruit, il ne peut pas survivre. Son corps de près de trois cents kilos s'effondre avec un bruit sourd. J'attache vite une corde à un arbre proche, je la noue aux pattes du sanglier pour le pendre la tête en bas, et je le vide de son sang. Bien sûr, j'ai creusé un trou au préalable pour ne pas répandre le sang partout.

Une fois saigné, je le dépece sur place.

Au début, j'ai vomi, mais on s'habitue à tout. Maintenant, le gibier ne me ressemble plus qu'à de la viande.

La chasse finie, je rentre à la maison et tombe sur Mémé et Michelle-san, toutes les deux présentes.

« Oh, te revoilà. Tu étais à la chasse ? »

« Salut, Mémé. Ouais, j'ai attrapé un sanglier aujourd'hui. »

« Ho, tu arrives déjà à chasser le sanglier ? »

Mauvais pressentiment, activation maximale.

« Non, j'ai utilisé le fusil, à l'épée c'est encore impossible. »

« Ahaha, arrête de te sous-estimer. Même avec une arme de jet, oser faire face à une grosse bête comme le sanglier, ça mérite qu'on corse encore un peu l'entraînement. »

Voilà, la phrase type est arrivée.

Je regarde Pépé avec des yeux suppliants.

« Hohoho, ménage-le un peu. »

Lui aussi, c'est sa réplique type !

Et en plus, Pépé ne dit plus que ça depuis un moment !

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