« Chouchou. »
J'ai repoussé la couette d'un coup de pied, les lèvres pincées, au moment même où j'entendais la voix du grand-duc frapper à la porte.
« Oui… »
Quand j'ouvrirai la porte, il faudra que j'affiche une mine déconfite devant le grand-duc.
Mais je ne pouvais pas le laisser poireauter trop longtemps sur le palier.
Je me suis finalement levée et j'ai ouvert.
« Vous m'avez appelée ? »
J'ai demandé, la porte entrouverte. Le grand-duc a soupiré légèrement.
« Tu as sauté le petit-déjeuner. Tu es malade ? »
Il a demandé, glissant la main par l'entrebâillement pour tenter d'élargir l'ouverture.
Il semblait avoir compris que je commençais à détester sortir de ma chambre.
J'ai retrouvé un peu de contenance grâce à cette attention du grand-duc qui ne forçait pas la porte contre mon gré.
« Non. »
« Mais alors pourquoi tu n'as pas mangé ? Tout le monde s'inquiétait pour toi. »
« C'est… »
J'ai hésité un instant, ne sachant pas quoi répondre.
Je ne sais pas pourquoi je ne me sens pas bien.
Mais ce qui était certain, c'est que je ne voulais pas m'inquiéter de laisser le grand-duc planté devant la porte comme ça.
Je ne veux pas être une fille encombrante à peine entrée dans la famille.
J'ai ouvert la porte un peu plus large et j'ai levé les yeux vers le grand-duc avec prudence.
Il tenait un plat couvert à la main.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Je peux entrer ? »
Le grand-duc n'a pas répondu à ma question. J'ai hoché la tête et me suis écartée de l'embrasure.
« Viens t'asseoir. »
Le grand-duc a posé le plat sur la table et m'a fait signe.
Je me suis assise, le regard perplexe sur l'assiette.
« Je n'aime pas que tu aies le ventre vide. Il faut bien manger pour grandir. »
Quand le grand-duc a soulevé le cloche, une délicieuse odeur d'algues tendres s'en est échappée.
C'était une soupe légère surmontée de cubes de pain.
Croooc.
À ce moment-là, j'ai serré mon ventre, rougissante de honte à cause du bruit qu'il a fait.
« Tu as faim mais tu refusais de manger ? »
Les mots du grand-duc, dits sur un ton indifférent, m'ont fait honte.
J'ai saisi la cuillère posée à côté de la soupe.
« C'est bien que le grand-duc m'apporte la soupe ? »
Même si le grand-duc a apporté le plateau avec les servantes pour le transporter ? Vous ne bafouez pas quelque règle d'étiquette ou quoi que ce soit ?
« Alors, je ne pourrais même pas nourrir ma fille, à quoi servirait un grand-duc ? Et pas "grand-duc"… »
« Oui, Papa. »
[Note : elle utilise le mot coréen pour Papa ici.]
J'ai acquiescé doucement. Puisque quelqu'un d'aussi haut placé que le « grand-duc » me l'apporte, j'ai l'honneur de recevoir et de boire cette soupe.
« C'est délicieux ! »
Dès la première gorgée, j'ai senti la dépression qui montait disparaître.
Alors que je prenais la cuillère en souriant largement, les yeux du grand-duc se sont mi à briller faiblement.
« Bon, alors ce n'est ni parce que tu es malade ni parce que tu es rassasiée. Pourquoi ma fille a-t-elle choisi de ne pas manger ? »
« Ça… je ne sais pas non plus. »
« Fallait-il ennuyer ton père ? »
J'ai serré la cuillère plus fort sous le coup des mots du grand-duc.
J'ai cligné des yeux, incapable de répondre, et l'un des sourcils du grand-duc s'est arqué haut.
« C'est ça. Tu regrettes l'adoption ? »
« Quoi ? »
« Ce n'est pas bizarre de regretter sa famille de temps en temps. »
« Je ne les regrette pas ! »
Dès que le grand-duc a décidé de s'abstenir, il a semblé penser que je regrettais l'adoption parce que ma famille pourrait me chercher.
Je suis restée sans voix un instant, mais j'ai serré le poing et protesté.
Regretter la décision d'adoption ? Comment pourrait-ce être ?!
« Si je n'avais pas créé cette opportunité, nous ne nous serions pas rencontrés, pourquoi ferais-je ça pour le regretter ensuite ?! »
J'ai posé ma cuillère sur la table et me suis levée d'un bond.
« Si vous saviez comme je suis heureuse, vous ne pourriez pas dire ça ! »
J'ai compris pourquoi je me sentais mal quand le grand-duc m'a dit que je regrettais ma famille d'origine.
« Ce n'était pas parce que j'étais heureuse qu'il m'ait trouvée, mais parce que j'étais en colère. »
Maintenant, la vraie Shuelina a déjà disparu.
L'enfant a disparu sans avoir été aimée correctement par sa famille. Pourquoi la cherchez-vous maintenant ?
« Mes seuls membres de famille, c'est Papa et mes deux frères. »
« Bien… »
Le grand-duc avait l'air vaguement heureux.
En voyant le coin de sa bouche se relever bizarrement, je me suis souvenue que le grand-duc était aussi maladroit en matière d'affection.
« J'étais juste anxieuse. »
J'avais peur de partir quand l'empereur a dit qu'il me cherchait.
Je pense que les souvenirs d'avoir été rejetée par les autres sont si forts que j'ai supposé que, peu importe ce que je veux, je serai jetée…
Même si je suis une adulte.
Je fronçais légèrement les sourcils sans raison apparente et le fixais bêtement. Peu après, j'ai chassé mes pensées et l'ai dévisagé avec des yeux délibérément amers.
« Non, mais si Sa Majesté vient chercher quelqu'un, promettez-moi que vous ne m'enverrez pas ! »
« Sauf si tu veux y aller toi-même, personne ne peut t'empêcher de rester à mes côtés. »
À ces mots, j'ai ri faiblement et j'ai bu la soupe.
Quand j'ai fini le pain grillé et la soupe, le grand-duc s'est levé de son siège avec un visage qui semblait complètement soulagé.
« Maintenant, tu peux venir avec moi. J'ai quelque chose à faire avant l'après-midi. »
Il m'a soulevée dans ses bras. Puis il a immédiatement essayé de quitter ma chambre.
« N-non ! Elle est encore en pyjama ! »
« Ah. »
À ce moment-là, Nina, qui se tenait les pieds en mouvement derrière la porte, a retenu le grand-duc avec empressement.
Le grand-duc a baissé les yeux vers moi et a fermé la bouche en s'en rendant compte.
Miroir de sa surprise, je n'avais pas réalisé non plus tout à l'heure, mais j'étais effectivement en pyjama.
À l'orphelinat, je ne trouvais rien d'insolite à ne porter que des pyjamas et des vêtements décontractés.
« Où allez-vous ? »
« Je dois l'emmener choisir un chevalier d'escorte. »
Chevalier d'escorte ! C'est celui qui me protégera !
Je me suis immédiatement dégageée des bras du grand-duc et j'ai sauté au sol.
« Je reviens avec des vêtements ! »
Dododo, Nina a détalé.
J'étais excitée de voir qui me protégerait.
***
L'endroit où je suis arrivée, dans les bras du grand-duc après avoir enfilé une jolie robe, était la salle d'entraînement du grand-duc de Vailot.
Là où s'entraînent les Chevaliers Améthyste du grand-duc. C'est là que Wyndert et Deleign passaient la plupart de leur temps.
Je n'avais pas le droit d'y aller parce que c'était dangereux, mais j'avais vu beaucoup de choses par les fenêtres du manoir.
Même de loin, je trouvais que c'était un endroit vraiment spacieux et net, mais en regardant tout de près, cela paraissait bien plus vaste.
Je voyais les empreintes des chevaliers qui avaient couru sur le sol durci.
« Ah, Chouchou ! »
Wyndert et Deleign, ainsi que les chevaliers, étaient tous réunis dans la salle d'entraînement.
Deleign a d'abord essayé de courir vers moi quand il m'a repérée.
J'ai aussi essayé de leur faire signe, mais j'ai vu que le mince Deleign était retenu par un chevalier costaud.
« On s'entraîne ! Où est-ce que tu vas ! »
« Ahhhhhhh ! Je veux juste dire bonjour à Chouchou ! »
Bon, vous étiez en entraînement.
J'ai agité la main vers le dos de Deleign, puis nous avons commencé à nous éloigner.
Probablement parce qu'il avait tiré la leçon en regardant son petit frère, Wyndert a regardé le grand-duc, le saluant silencieusement des yeux. Puis son regard s'est porté sur moi.
« Ça va ? »
Comme le grand-duc qui s'inquiétait parce que je ne suis pas sortie le matin, Wyndert semblait aussi inquiet.
J'ai vu ses yeux se calmer légèrement.
« J'ai mangé ! »
J'ai bougé la bouche et tapoté mon ventre pour lui dire ça.
Alors Wyndert l'a vu et a ri. C'était un sourire rafraîchissant.
Deleign a fait du bruit et a couru dans ma direction.
C'est la seule personne qui fait tout un foin.
Tous les chevaliers dans la salle d'entraînement regardaient de ce côté dans un état très calme.
« Bon, tout le monde, attention. »
Le grand-duc m'a menée à l'estrade d'un côté de la salle d'entraînement et a rassemblé les chevaliers.
Tous les chevaliers ont accouru en un instant, ils se sont immédiatement mis en rang et ont regardé le grand-duc.
« Impressionnant. »
Personne ne dépassait.
Il s'avère que vous vous êtes vraiment entraînés dur.
« Vous ne connaissez pas ma fille, n'est-ce pas ? »
« Oui ! »
« J'essaie de choisir un escort direct pour Shuelina. Quelqu'un qui la protégera en dehors du manoir. Y a-t-il des volontaires ? »
Mon chevalier d'escorte ! J'espère que ce sera un bon chevalier !
Ce serait bien que ce soit un chevalier fort qui puisse me sauver tout de suite du danger.
Tous les chevaliers étaient là, portant une armure légère et des épées bien entretenues.
Tous avaient l'air forts et compétents.
« Peu importe qui ce sera, je pense qu'ils m'aideront bien ! »
J'admirais juste leur apparence et j'attendais la réponse des chevaliers.
« Y a-t-il quelqu'un qui se portera volontaire pour moi ? »
À la fête de bienvenue que tout le monde avait organisée, j'ai fait une brève salutation avec les chevaliers.
Ils ont couru m'aider la nuit où j'ai failli être enlevée aussi.
Cependant, on ne savait pas s'il y aurait beaucoup de gens pour être mes escorts volontairement.
La méthode pour élever le rang social du chevalier d'escorte dépend de qui est le seigneur ou la dame qu'il protège.
Dans l'œuvre originale, je me souviens qu'Azuela a dit : « Qui voudrait escorter une fille comme toi ? »
Il était dit que Shuelina avait pleuré fort. J'étais entrée dans une colère noire en disant : « Qu'est-ce qui ne va pas avec cette protagoniste ! »
J'attendais aussi la réponse des chevaliers avec un peu d'excitation.
« Même si personne ne se porte volontaire, je ne devrais pas être déçue. »
Je comprenais parfaitement la position des chevaliers.
J'ai vécu comme une mendiante en dehors de ma lignée précieuse.
En plus, les chevaliers ne connaissaient même pas mon identité. Je n'étais même pas quelqu'un liée à eux.
« C'est donc un résultat naturel. »
J'allais essayer de m'entendre avec les chevaliers que le grand-duc m'imposerait.
Comme je pensais ainsi, en serrant mon cœur, le bas de l'estrade est devenu un peu bruyant.
« Être l'escort de la dame ? »
« Je pourrais rester à ses côtés tous les jours ! »
« Je ne savais pas que j'allais être l'escort d'une fille aussi mignonne ! »
« Plutôt qu'une mignonne petite fille, notre grand-duc n'avait pas du tout de fille ! »
En entendant ces commérages, étonnamment, les chevaliers étaient très amicaux.
Au contraire, tout le monde m'aimait bien.
Je ne sais pas si c'est bien d'aimer une jeune dame comme moi sans aucun pouvoir, mais même si ce sont de petits compliments, ça me faisait plaisir.
Parce qu'il vaut mieux m'aimer que me détester.
Il y avait des chevaliers qui avaient pitié de moi, qui ai failli être enlevée hier.
Pour les chevaliers dont la vertu était de protéger leurs serments et d'être loyaux à leurs engagements, je devais avoir l'air vraiment mignonne.
Même à la fête de bienvenue, tout le monde était très mécontent, disant : « Comment osez-vous essayer d'enlever un enfant, la dame que nous servons ! »
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« Je me porte volontaire ! »
« Moi aussi ! »
« Choisissez-moi ! »
Immédiatement, tous les chevaliers à l'intérieur de la salle d'entraînement ont levé la main et ont commencé à demander à être choisis.
« Tous » les chevaliers d'escorte !