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Walking in Another World

Chapitre 59

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Chapitre 59

Chapitre 59

Chapitre 59/23825%~5 min de lecture889 mots

Le matin se lève sans incident.

D'après Luilui, les orques devraient poursuivre ceux qui ont fui, donc nous devrions être tranquilles.

Grande Sœur dit qu'on doit être particulièrement vigilants du matin jusqu'au coucher du soleil.

Trisha est aussi réveillée, alors on commence à préparer le petit-déjeuner ensemble.

Je ne sais pas ce qui arriverait si on laissait ça aux hommes, alors on prend les devants et on se met à cuisiner. Je dis « on », mais c'est surtout Trisha qui s'y colle, moi j'aide juste.

Une fois le petit-déjeuner fini, on se divise en deux groupes qui alternent entre la garde et le renforcement des murs de l'auberge. Les pauses sont importantes aussi.

On bouge tous très vite sous les instructions de Monsieur Locke. Personne ne se plaint, et je pense que travailler aide à soulager l'anxiété de chacun.

Ce serait probablement plus sûr de retourner à la dernière ville qu'on a traversée, mais on ne peut pas, puisque les autres sont partis secourir les gens qui ont été enlevés.

Je sais comment est Grande Sœur, et je sais qu'abandonner ces gens à leur sort n'était pas une option.

Quelques-uns des autres passagers se sont opposés à ça, et ont insisté pour qu'on retourne en ville, mais ils ont cédé après que Grande Sœur et Monsieur Locke ont décidé de rester.

Il a suffi que Monsieur Locke dise qu'ils n'avaient qu'à rentrer seuls si c'est vraiment ce qu'ils voulaient pour les faire taire.

Il fait beau aujourd'hui, et tout ce que j'entends, c'est le bruit du bois qu'on frappe. J'espère que ce calme va durer.

Mais cet espoir ténu est brisé avant le déjeuner.

Monsieur Elk, qui fait la garde, élève la voix.

Un des compagnons de groupe de Monsieur Locke, Monsieur Drake, court vers le poste de guet.

J'interromps la préparation du déjeuner et monte au deuxième étage pour regarder par la fenêtre.

C'est de la fumée ? Je plisse les yeux, et je vois une charrette qui arrive par ici.

La bâche est en lambeaux. Ah, elle s'arrête.

La charrette est penchée. Je vois qu'une des roues est cassée.

Des gens sortent de la charrette et se mettent à courir par ici.

Ah, l'un d'eux tombe, mais personne ne s'arrête pour l'aider.

Ils courent droit vers le village, mais ils s'arrêtent là où on logeait avant.

Sont-ils confus parce qu'on n'est pas là ?

J'entends des cris, et je vois que la personne qui est tombée est toujours là.

Qu'est-ce que cette personne regarde ? Je suis son regard, et je vois une ombre sombre.

L'ombre grossit de plus en plus. Ce sont des orques.

Les gens qui couraient vers le village voient ça aussi, et commencent à paniquer.

Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on les appelle ?

Si les orques continuent de les poursuivre comme ça, on sera peut-être tranquilles.

Je ne sais pas. Qu'est-ce que je dois faire ?

C'est complètement silencieux dans l'auberge. On dirait que tout le monde essaie de rester silencieux.

Quelqu'un se met à courir loin du village, et les autres font pareil.

Mais juste au moment où ils vont partir, quelqu'un me remarque.

Ils changent de direction et courent par ici.

Ils lèvent les yeux vers le bâtiment entouré du mur, vont à la porte et se mettent à frapper dessus.

Le bruit sourd résonne, et j'entends aussi leurs cris.

Monsieur Locke monte sur une plateforme pour parler aux gens de l'autre côté, et j'entends qu'ils l'insultent.

C'est vraiment incroyable. Ces gens ne comprennent donc pas leur situation ?

Monsieur Locke appelle Monsieur Isaac et Monsieur Drake, qui accourent. Apparemment, ils vont ouvrir la porte.

Quand la porte s'ouvre, ils se bousculent tous pour entrer. Je sais qu'ils sont désespérés, mais c'est quand même un spectacle bien laid. Parmi eux, certains se plaignent et demandent pourquoi on ne les a pas fait entrer plus tôt.

Une fois qu'ils sont tous dedans, la porte est refermée.

Il y a quinze personnes au total, et Monsieur Isaac et Monsieur Drake en maîtrisent deux.

Ce sont ceux qui se plaignaient, et ils résistent.

Ah, l'un d'eux prend un coup. J'entends le bruit sourd d'ici.

Monsieur Locke dit quelque chose, et tout le monde écoute docilement.

Ils laissent les deux ligotés et font entrer les autres à l'intérieur.

J'entends des cris, et je me souviens des orques.

Je me retourne pour regarder, et je vois la personne qu'on a laissée derrière se faire battre.

Les orques s'arrêtent, et la personne qui se fait battre ne bouge plus.

Regarder ça me remplit de peur, et d'un sentiment d'anxiété indescriptible.

Pourquoi ? J'ai déjà combattu plusieurs orques dans le donjon avant.

Je me le répète, mais l'anxiété ne part pas.

Pourquoi ? Je me le demande encore.

…Je sais… Grande Sœur n'est pas là. Les gens qui se battaient à mes côtés ne sont pas là.

C'est pour ça que je me sens anxieuse.

Pourquoi on n'est pas parties avec elles ?

Bien sûr, je connais la réponse. Elle s'inquiétait pour les gens qui restaient ici.

Je suis restée ici parce que Monsieur Locke et les autres ne peuvent pas utiliser la magie, et Trisha parce que quelqu'un pourrait se blesser.

Tout ce que je peux faire, c'est croire qu'elle reviendra, et ne pas mourir d'ici là.

C'est ce que je me répète sans cesse.

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