« Non… Non, non, non, non… » Rize fixa la bombe en voyant un minuteur apparaître sur le panneau et commencer à décompter. Son visage blêmit tandis qu'il se ruait vers l'engin. « Pourquoi diable elle s'est mise en marche ?! J'ai cliqué sur quelque chose, moi ?! Merde, merde, merde !! »
Il inspecta la bombe, mais ne vit aucun fil ni rien qu'il puisse trafiquer. 'Ces salauds avaient une autre télécommande ?! Putain ! C'est pas possible !'
Il savait que cette bombe n'était pas du genre à exploser ici, sinon tout le monde y passerait. Ce qui empirait les choses, c'était que quinze minutes étaient loin de suffire pour évacuer tous les civils.
'Si ce truc explose… Des milliers de gens vont mourir…' La prise de conscience le fit frissonner comme s'il avait été percuté par un train. Ce n'était pas juste une catastrophe… C'en était une que la capitale n'avait jamais connue.
« Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je fais ? »
'Bon, calme-toi, Rize. Venera est dehors, elle a sûrement déjà prévenu les autorités. La question, c'est s'ils arriveront à temps, et même s'ils y parviennent, est-ce qu'on peut arrêter cette bombe ?' songea-t-il.
Au vu de la taille de l'engin et de sa complexité apparente, Rize doutait qu'on puisse le désamorcer en quelques minutes.
Ses yeux balaient gauche et droite tandis que mille pensées lui traversaient l'esprit, et le temps écoulé n'était que quelques secondes. Mais alors il se retourna et sorti prestement son téléphone.
Faisant défiler l'écran à la hâte, il trouva le numéro de Venera. Rob l'y avait enregistré dans le cadre de sa préparation pour endosser le rôle.
« Allez, réponds, réponds, réponds. » Marmonna-t-il en se frottant le visage. Le téléphone sonna plusieurs fois, mais il n'eut pas de réponse. À la place, il obtint autre chose.
BOUUUUM. BOUUUUM. BOUUUUM.
Le bruit de coups de feu résonna au-dessus de sa tête et le fit tressaillir. Il leva les yeux, écarquillés, tandis que des cris prenaient le relais. Rize resta complètement coi.
« Qu'est-ce qui se passe là-haut… ? » Murmura-t-il, incrédule.
***
En surface, le parc d'attractions entier était plongé dans un chaos total. Tous les visiteurs se mirent à courir alors que des détonations retentissaient dans l'enceinte.
« MAIS QU'EST-CE QUI SE PASSE ?!!! »
« COURREZ !!! Y'A QUELQU'UN QUI TIRE SUR LA FOULE !!! »
« MAMAN !!! »
Au même instant, au cœur de cette tourmente, plusieurs silhouettes surgirent de nulle part. Leurs visages étaient masqués de blanc, armes à feu et épées en main. Vêtus de noir de la tête aux pieds.
Ils braquèrent leurs armes sur chaque personne à portée avant que…
BANG.
Ils les abattent sans la moindre hésitation. En quelques secondes, plusieurs innocents s'effondrèrent, le sang s'écoulant autour de leurs corps. Ils se dispersèrent en canardant chaque être humain qu'ils croisaient.
« Non !!! Pitié… AAAH ! »
BANG.
Levant les yeux, ils se firent signe pour que chacun parte dans une direction différente.
« Arrêtez-vous là !!! » La sécurité du parc déboula sur les lieux, sans même comprendre ce qui se tramait.
Pourtant, avant qu'ils n'aient pu dégainer, les agresseurs leur tirèrent dessus illico.
« ARGH !! »
Leurs corps furent criblés de balles en un instant.
« Fuyez !!! Ne vous retournez pas, courez juste !!! »
Le reste des civils s'enfuit, cherchant des sorties. Le personnel de sécurité tenta de contenir la situation, mais c'était impossible. La panique collective qui s'empara de tous était impossible à stopper.
Pendant ce temps, ceux qui se trouvaient dans les bâtiments et les manèges regardaient les gens tomber sous les balles.
« Maman… Qu'est-ce qui arrive ? »
« Je… Je sais pas, mon cœur. Regarde juste… ne regarde pas… » Dit la femme, les larmes aux yeux.
Rapidement, les assaillants se répandirent sur toute la zone, tuant tous ceux qui se trouvaient sur leur passage.
« Cette voie est dégagée… »
« Direction la section B. »
« Copié. »
L'un d'eux dit dans son dispositif de communication tout en continuant de courir le long du chemin vide vers sa prochaine cible. Au moment où il tournait le coin, une ombre apparut soudain de nulle part, et avant qu'il ne réalise quoi que ce soit, toute sa vision bascula la tête en bas tandis qu'il s'écrasait au sol.
Avant qu'il n'ait pu réagir, son arme lui fut arrachée et pointée sur sa tempe. La dernière chose qu'il vit fut des yeux emplis de colère et d'une haine sinistre.
« Pourris en enfer, bâtard. »
BANG.
Venera regarda l'homme cesser de bouger avant de se retourner, le visage déformé par la rage. L'odeur du sang et de la mort qui flottait dans l'air lui emplissait les narines et la faisait plisser les yeux. Elle n'avait pas besoin de voir pour savoir ce qui s'était passé, mais…
Elle avala quand même sa nausée et courut vers les lieux. Fendant le chemin, elle vit des cadavres partout. Des gens de tous âges, gisant au sol, immobiles. Chacun qu'elle voyait lui tordait le cœur de douleur. Chacun était un civil de sa nation.
C'étaient ses gens, ceux qu'elle croisait chaque fois qu'elle apparaissait en public en tant que princesse. Pourtant, ces mêmes gens étaient maintenant morts… et elle ne pouvait rien y faire. Elle était totalement impuissante.
Elle se mordit la lèvre jusqu'au sang. Mais cette douleur ne parvenait pas à éclipser celle qu'elle ressentait face à ces scènes.
Arrivée sur la grand-rue, elle repéra un autre agresseur. Elle se planqua instantanément et visa l'homme. Même si elle était davantage formée à l'escrime qu'à autre chose, Venera restait une experte en armes à feu. Visant le type pendant qu'il était occupé à tirer sur la foule, elle visait la tête.
Puis…
BANG.
La balle le toucha à la tête, le sang gicla et il s'effondra, mort. Venera exhalait tandis qu'elle se relevait et continuait de courir. Dans le même mouvement, elle sortit son téléphone et appuya sur un certain bouton.
'Les secours devraient arriver vite.' Songea-t-elle. 'Une fois que les Éveillés seront là, ils pourront tout contenir. En attendant… Je dois en abattre le plus possible.'
Temps restant avant l'explosion : 13 min 25 s.