« Fabrication Automatique, rivière ! »
Une nouvelle rivière naquit au sein du village, et l'eau se mit à y couler.
Ouf, ce fut laborieux, mais c'est achevé sans encombre.
Cette rivière est dérivée de celle qui passait près du village. Grâce à la Fabrication Automatique, j'ai modifié le terrain lui-même pour créer un affluent.
Ce cours d'eau traverse le village de Luca, puis rejoint la rivière d'origine. En d'autres termes, l'aval est directement relié à la mer. Si l'on nage le long de cette rivière, on peut aller et venir entre le village de Luca et la cité sous-marine d'Atlanta.
« C'est fini ! Comme prévu, Théodolf, tu travailles vite. »
« Léonis ! Tu étais là ? »
Je serrai la main de Léonis, qui était venu au village.
Une semaine s'était écoulée depuis le combat dans les ruines sous-marines. Léonis et moi avions échangé à maintes reprises, et sans que l'on s'en rende compte, nous en étions venus à nous appeler par nos prénoms.
Léonis venait fréquemment nous rendre visite, tout en s'occupant de la reconstruction de la cité sous-marine.
Je n'ai pas encore pu la voir, mais la reconstruction semble avancer à bon rythme. J'aimerais m'y rendre quand j'aurai du temps, mais j'ai beaucoup de choses à faire.
« C'est une magnifique rivière. Avec ça, les hommes-poissons pourront aller et venir eux aussi. »
« Tant mieux si la qualité de l'eau ne pose pas problème. La mer est-elle redevenue propre ? »
« Ah. Les abords d'Atlanta sont déjà complètement assainis. Mes congénères reviennent peu à peu. »
« C'est une bonne nouvelle. »
La rivière est propre, le problème de l'eau est résolu, tout va pour le mieux.
Ce fut dur, mais ça valait la peine de s'accrocher.
Si je devais citer une inquiétude… c'est que je n'ai pas revu Nadia-san une seule fois depuis ce jour.
J'aimerais au moins la remercier, mais elle ne vient même pas au village.
Qu'est-ce qui lui prend ? Je ne crois pas avoir fait quelque chose pour me la mettre à dos.
« Qu'est-ce qui te prend, Théodolf. Tu as faim ? J'ai apporté du bon poisson, mangeons ensemble ! »
Profitant de la générosité de Léonis, j'acceptai son invitation.
Les plats préparés avec ce poisson étaient délicieux, et mon estomac fut comblé… mais je restais avec ce vague malaise.
***
« Fuu… je suis rassasié. »
Le soir.
Après avoir mangé la grande quantité de poisson apportée par Léonis-san, le ventre bien rempli, je m'effondrai sur le lit.
En cours de route, d'autres hommes-poissons s'étaient joints à nous, et une petite fête avait fini par éclater.
Les hommes-poissons semblent adorer l'animation ; à la moindre occasion, ils organisent un banquet.
Léonis avait beaucoup apprécié l'alcool produit au village ; il en avait bu comme de l'eau et s'était effondré.
Voir qu'ils s'amusent me fait plaisir.
Après tout ce qu'ils ont enduré, j'espère qu'ils en profiteront à fond.
« Fuaa… j'ai sommeil. »
À cause de mon ventre trop plein, la somnolence m'envahit.
Dormir juste après avoir mangé n'est pas recommandé, mais de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Je me laissai aller à cette douce torpeur et fermai les yeux.
« Suu… »
Mon corps se sentit flotter, ma conscience s'estompa.
J'allais m'endormir comme ça… quand, à cet instant, je sentis quelque chose s'abattre lourdement sur moi, et j'ouvris les yeux.
« Nnn… » « Pardon de te déranger pendant ton sommeil. Je me permets d'entrer. »
Pensant que c'était Leila ou Luna-san, j'ouvris les yeux, mais ce n'était aucune des deux.
« Euh, Nadia-san !? »
Baignée par la lumière de la lune qui filtrait par la fenêtre, se tenait Nadia, la Dragonne Divine des Mers.
Je n'aurais jamais imaginé la revoir dans un endroit pareil, et je fus extrêmement surpris.
« Pourquoi êtes-vous ici !? Vous devriez être à Atlanta… »
« J'ai fini mon travail là-bas, alors je suis venue. Puisque je vais vivre ici, après tout. »
« Hein !? Vous allez vivre ici !? »
Moi qui croyais qu'elle allait vivre à Atlanta, je fus à nouveau surpris.
Pourquoi a-t-elle pris cette décision ?
« Pourquoi tant t'étonner ? Ce n'est pas surprenant que je vive avec mon compagnon. »
« Hein, compagnon ? »
Compagnon, ça veut dire mari et femme chez les humains, non ?
Cette personne est dans ce village ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
« C'est qui, ce compagnon ? »
« C'est décidé, non ? C'est toi, Théodolf. »
« Eeeh !? »
Désigné du doigt par Nadia-san, je poussai le plus grand cri de ma journée.
Qu'est-ce que ça veut dire !? Pourquoi est-il décidé que je me marie avec Nadia-san !?
Certes, elle m'a fait boire une potion magique bouche-à-bouche, mais de là à en faire une raison de mariage, c'est un raccourci trop grand !?
« Je te l'ai dit ? Le Dragon Divin des Mers ne prend qu'un seul compagnon pour la vie. Si l'on accorde sa Protection, on ne doit aimer que cet élu. »
« Ah. »
Effectivement, elle l'avait dit.
C'est pour ça que Elena-san et moi n'avions reçu qu'une Protection simplifiée, avant d'aller sous l'eau.
« M-mais. Ce qui s'est passé à ce moment-là, c'était pour me sauver, c'était presque un accident. Alors, est-ce qu'on peut vraiment se marier pour ça ? »
« Hum, il y a du vrai. En effet, décider sur un seul acte serait peut-être précipité. »
Nadia-san le reconnut sans difficulté.
Je ressens une pointe de déception, mais c'est mieux ainsi. Ce genre de chose doit être décidé après y avoir réfléchi posément.
« Dans ce cas, faisons-le comme il faut, cette fois. »
« C'est ça, faisons-le comme il… he ? »
Qu'est-ce qu'elle veut dire ? Avant que je ne puisse le demander, Nadia-san m'embrassa.
Un baiser brutal et sauvage, mais quelque part doux, qui faisait sentir de l'amour.
« ———— !? !? !? !? !? »
Pris de court, je paniquai.
Le baiser de Nadia-san était incroyablement stimulant, mon cerveau bourdonnait comme électrocuté.
Nadia-san me fixa de ses yeux perçants, et comme pour me savourer entièrement, elle m'embrassa pendant des dizaines de secondes avant de se retirer.
« Chu… haa. Fufu, avec ça, on ne peut plus dire que c'était un accident. »
« Na, Nadia-san… ? Po, pourquoi… »
« C'est décidé. Tu me plais, Théodolf. Je n'ai jamais connu d'autre mâle aussi gentil et brave que toi. Quand je pense à toi, ma poitrine s'embrase, et ne pas pouvoir te voir me ronge en permanence. »
En disant cela, Nadia-san attrapa mon menton de sa main droite et le releva.
Son visage parfait s'approcha du mien, et je me crismai.
« Je t'aime, Théodolf. Deviens mon compagnon. Je jure de n'aimer que toi toute ma vie. »
Face à cette déclaration brûlante de Nadia-san, je répondis involontairement « O-oui », l'acceptant.
Entendant ma réponse, Nadia-san sourit, ravie, et me renversa sur le lit.
Puis elle lécha ses propres lèvres et entrouvrit la bouche.
« Désolée, mais je n'ai pas la marge pour me retenir. Tiens-moi compagnie jusqu'au matin… ♡ »
Ainsi, je fus dévoré par Nadia-san jusqu'au matin.