La culture du bain existait aussi au pays des nains, et l'auberge où je logeais possédait des bains publics.
Puisqu'aucun fleuve ne traversait ce pays niché dans les montagnes, on y utilisait les sources chaudes pour nettoyer les corps souillés par la terre.
La température de la source qui jaillissait ici était très élevée. Elle convenait parfaitement aux nains à la peau épaisse, mais pour un humain comme moi, c'était franchement brûlant.
J'ai donc obtenu l'accord du propriétaire de l'auberge pour modifier l'installation afin de pouvoir régler la température. Comme on m'a remercié en me disant que même les enfants nains pouvaient désormais l'utiliser en toute sécurité, il serait peut-être bien de faire de même pour les autres bains publics une fois le tumulte terminé.
« Tiens, ici aussi c'est sale. »
« Cho, Alice !? Je peux me laver tout seul ! »
Je sursaute tandis qu'Alice me frotte le corps sans la moindre gêne.
Je n'aurais jamais imaginé qu'un jour Alice me fasse ça…… C'est bien trop embarrassant.
En regardant son visage pour voir si elle n'était pas gênée, je la vois faire semblant d'être tranquille alors que ses oreilles sont rouges jusqu'au bout. Apparemment, elle est tout aussi embarrassée que moi.
« Bon, next ce sont les cheveux, tiens, ne bouge pas. »
« O-oui. »
Alice commence à me frotter vigoureusement la tête.
C'est stimulant juste ce qu'il faut et ça fait du bien. Leila est douée aussi, mais Alice a un tout autre charme.
« Tu t'y connais. »
« Bah, je me lave souvent avec Sana et Rustina. C'est l'habitude, l'habitude. »
Alice répond en ayant l'air un peu contente.
C'est vrai, comme Alice se salit souvent en combattant des monstres, elle doit souvent se laver. L'eau étant précieuse, elle doit souvent prendre son bain avec ses camarades.
Une fois mes cheveux lavés de main de maître, Alice finit les siens en un clin d'œil.
Après un dernier rinçage, nous nous glissons côte à côte dans le bassin.
« Aaah…… Que c'est bon…… »
« Oui. On revit…… »
Même si je me suis totalement habitué à ce corps d'un autre monde, entrer dans un bain me rappelle mon cœur de Japonais. Je me dis que répandre cette culture merveilleuse est peut-être ma mission.
Tout en y songeant, je jette un œil sur le côté et découvre le profil d'Alice, les yeux fermés, une expression de béatitude sur le visage.
Les cheveux détachés, les joues rougies par l'eau chaude, elle paraît plus adulte que d'habitude, et mon cœur se met à battre la chamade.
« Hm ? Qu'est-ce que tu as, tu me regardes. »
« E‑h !? Non, rien du tout. »
« Hm…… Ah, j'ai compris. Tu étais fasciné par moi, hein ? Bah, c'est pas impossible. Je grandis de plus en plus ces temps-ci. Devenir plus adulte que Leila n'est qu'une question de temps. »
Comme j'ai été touché en plein cœur, je me tais, et Alice s'étonne : « Hein, tu le pensais vraiment ? »
Apparemment, elle ne le pensait pas sérieusement.
« H‑hah…… Huhu, c'est ça…… »
Alice ricane en s'approchant de mon visage.
Après m'avoir taquiné ainsi un moment, Alice pose sa tête sur mon épaule. C'est rare qu'elle vienne chercher de l'affection comme ça.
« Dis, Théo. Ne t'en fais pas trop, d'accord ? »
« Euh ? »
« Tu t'en charges trop. Tu penses peut-être que tu comptes sur nous, mais tu en fais encore trop tout seul. Compte davantage sur nous, tout le monde veut être ta force. »
« Oui…… J'ai compris. »
De mon côté, j'avais l'impression d'en demander déjà beaucoup, mais du point de vue d'Alice, je ne m'en remettais pas encore assez.
Si Alice pense ça, les autres sans doute aussi.
C'est vrai que je me dis souvent que faire soi-même va plus vite, alors peut-être devrais-je commencer par corriger ça ?
« Tu as vraiment compris ? Allez, compte plus sur nous ! »
« Wah !? T'es trop proche, Alice ! »
Alice m'enlace le cou de force.
C'est embarrassant, mais je suis content d'avoir entendu ses vrais sentiments.
Nous avons guéri toute la fatigue de la journée dans ce bain.