La température a progressivement grimpé, juillet tire à sa fin. Nous sommes en plein été. Une fois août commencé, il fera encore plus chaud, mais contrairement à l'extérieur, l'intérieur du café est confortable. Les manches longues vont parfaitement.
« Alors patron, j'affiche le panonceau. » « D'accord, le repas d'aujourd'hui, c'est du curry. »
Ils me fournissent toujours le déjeuner. Grâce à ça, mes finances s'en portent bien. Bon, c'est essentiellement du recyclage des restes, ceci dit. Mince, la chaleur quand on sort est agaçante.
« C'est encore sans danger, non ? »
Comme j'allais rentrer après avoir accroché la plaque « pause » à l'entrée, quelqu'un qui venait de courir me l'a demandé. En fait, cette voix me dit quelque chose.
« Non, tu es éliminée. Nous attendrons ton retour un autre jour. »
Du coup, j'ai répondu comme d'habitude, mais normalement c'eût été inacceptable. J'aurais vraiment dû demander confirmation au patron d'abord, dans ce cas.
« S'il te plaît ! »
On dirait qu'elle ne lâche pas l'affaire, hein. Ceci dit, pourquoi est-elle même là maintenant ? Elle habite la ville voisine, donc tant qu'elle n'a pas déménagé, je n'imaginais pas la revoir un jour. Et puis, son travail ?
« ~, tu peux les laisser entrer. »
Puisque le patron a donné sa permission, je n'ai pas d'autre choix que de les faire entrer. D'ailleurs, les types derrière elle me sont familiers aussi. Comment les choses ont-elles tourné comme ça ?
« Désolés pour notre enfant à problèmes qui est déraisonnable. » « Non, le patron a donné sa permission, alors ne vous en faites pas. »
Parmi eux, quelqu'un s'est avancé pour s'excuser, mais ce mec assume la responsabilité comme d'habitude. On dirait qu'ils n'ont pas changé du tout. Ils me donnent de la nostalgie, tous. Ceci dit, c'est ma première fois que je les rencontre, donc il faut que j'agisse en conséquence.
« Vos commandes, s'il vous plaît. » « Des pâtes ! » « Du curry. » « Le choix du chef. » « Une formule sandwich, version costaud. »
Pas l'once de cohérence. Et puis, on ne prend pas cette dernière commande. Qu'est-ce que ça veut dire, une formule version costaud ? On ne sert que des portions normales. On dirait que l'accroc au curry n'a pas guéri non plus.
« Désolée, mais on entre en pause là, donc on ne pourra pas beaucoup s'occuper de vous. » « C'est de notre faute si on arrive à cette heure-ci, alors n'y pensez même pas, monsieur le patron. »
C'est toujours comme ça avec eux, après tout. J'ai l'habitude, moi. C'est pour ça qu'une fois leurs plats servis, je vais juste prendre mon déjeuner. Le patron a déjà commencé à manger, de toute façon.
« Patron, on a des cartes d'autographe ici ? » « Pour quoi faire ? » « Ces gens sont un peu des célébrités, plus ou moins. Tu ne veux pas un truc pour te les remémorer ? »
D'ailleurs, a dit qu'elle était fan d'eux, donc on devrait avoir leurs signatures. Moi, personnellement, je n'en ai pas besoin. À quoi ça me sert d'avoir l'autographe de vieilles connaissances ?
« C'est qui, eux ? » « Patron…… »
Ta fille est fan d'eux et tu ne les connais pas du tout. Il a dû les voir avant pendant que regardait la télé ou quelque chose, mais je suppose qu'il ne s'en souvient pas.
« C'est comme ça que ça se passe. La plupart de nos fans sont assez jeunes, après tout. » « C'est bon d'être là alors que vous avez un concert demain ? »
Si avait été à la maison là, je l'aurais appelée par téléphone, mais malheureusement je sais qu'elle est sortie. Elle fait les courses pour demain. Tant pis pour elle.
« On n'avait pas prévu d'être dehors non plus. Mais notre manager, merde… »
Ils ont dû se disputer avec leur manager. Un truc lié au concert de demain ? Dans ce cas, ça serait pas terrible qu'ils en parlent ici, non ?
« Elle nous a ramené des hamburgers pour le déjeuner ! Alors que personne d'entre nous n'en veut ! »
C'était pour une connerie. Je veux dire, gérez-le et mangez votre déjeuner. Regardez le patron. Il est complètement sans voix.
« Vous détestez les hamburgers ? » « Je n'ai pas particulièrement de dégoût. Mais pour une certaine raison, je ne veux pas en manger. »
Ça revient pratiquement à dire qu'on les déteste. Bon, moi non plus je ne veux plus jamais en manger. C'est ce que j'ai mangé en mourant, après tout, donc mon corps les rejette. La simple odeur me donne la nausée.
« Du coup, on s'est échappés pour déjeuner. Ceci dit, si on allait quelque part de fréquenté, ça pourrait causer un sacré grabuge. »
Bien sûr, vous passez à la télé, après tout. C'est certain que ça ferait un grabuge si les gens réalisent que c'est vous. Je suppose que vous avez la tête pour penser à ce genre de trucs maintenant. Vous avez grandi, hein.
« Ceci dit, c'est pas une excuse pour cibler un resto qui va fermer pour la pause, non ? » « Ah, tu le remarques ? »
Tu crois que ça fait combien d'années que je suis avec vous ? Vous avez même déplacé les sièges pour pas qu'on vous voie de l'extérieur.
« Ceci dit, l'échange d'avant me rappelle vraiment lui. » « C'est vrai. Tu as fait le même truc à l'endroit où il bossait à temps partiel, pas vrai, Isami ? » « Maintenant que tu le dis, c'est vrai. Je me souviens plus pourquoi, ceci dit. »
À cause de ça, on a colporté sur mon lieu de travail qu'Isami et moi sortions ensemble, et ça a été dur de corriger le malentendu. J'ai même râlé auprès d'Isami, mais elle s'est juste moquée de moi, cette fille.
« Mademoiselle la serveuse, comment vous vous appelez ? » « C'est , madame Isami. » « Vous êtes peut-être une fan ? » « Cela est tout à fait inexact, soyez tranquille. »
Ils m'intriguent, mais c'est pas comme si j'étais fan. J'ai entendu leurs chansons par et je les aime bien, c'est sûr, mais c'est tout. Je n'ai acheté ni CD ni version numérique, après tout.
« , t'es pas un peu froide avec moi ? » « Ne vous en faites pas, c'est comme ça que je suis d'habitude. »
C'est une habitude profondément ancrée, je n'y peux rien. Pour le dire positivement, elle est enjouée. Négativement, elle est bruyante et cause plein d'ennuis. Donc si je suis son rythme, les choses vont partir en vrille très vite. Dans ce groupe, j'étais le gars sensé, à l'époque.
« Mais quand tu m'as vue la première fois, t'as pas été un peu surprise ? » « Vous êtes plus ou moins une célébrité, après tout. »
J'étais sûre de ne pas montrer ma stupeur, ceci dit. Mais quand même, n'importe qui serait surpris de voir soudain une personne qu'il n'imaginait pas revoir. C'est tout.
« C'est vrai. Mais comment dire ? Ça avait pas l'air de ce genre de surprise. »
Comme d'habitude, elle est perspicace sur les trucs bizarres. Ceci dit, elle réalise probablement pas ma vraie identité. Après tout, c'est une conclusion trop absurde.
« D'ailleurs, ils sont complètement différents, genre et apparence. Vous êtes semblables, voyez-vous. À Sou. » « C'est ça. » « Accessoirement, t'as un grand frère ? Ou alors c'est un enfant caché, genre ?1 » « Non aux deux. Je connais mon père et ma mère, et je n'ai que des jumeaux plus jeunes. »
Juste hypothétiquement. Vu comment est ma mère, ça serait pas une surprise qu'elle ait un enfant caché ou qu'elle m'ait gardée secrète. Je comprends ça. C'est probablement pour ça qu'Isami a demandé. Après tout, j'ai aucune idée de ce que cette femme fait, où qu'elle soit maintenant.
« Fhmm, je suppose que ça veut dire qu'ils sont juste semblables. Hmm, mais quand même… »
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