J'ai pris possession d'un corps dans un roman. Dans un roman que je n'avais jamais lu.
Quelques heures à peine avant d'arriver dans ce monde…
Je m'étais endormie en mangeant des mandarines sur un tapis chauffant, un jour de week-end.
Et quand j'ai ouvert les yeux, j'étais déjà dans ce corps.
C'était complètement absurde de passer d'une couverture douillette à un sol froid et humide d'un seul coup.
Et par-dessus tout, j'étais même enfermée quelque part.
Il faisait si sombre que je n'arrivais pas à comprendre où je me trouvais, mais dès que j'ai vu la grille devant moi, il a été clair que j'étais prisonnière.
De plus, l'endroit où l'on m'avait enfermée était si petit qu'il était impossible de se tenir debout, et j'ai donc été forcée de rester accroupie.
J'avais l'impression d'être une bête enfermée dans une petite cage.
« Où est-ce que je suis, bon sang… »
J'avais si peur que j'ai serré mes genoux contre moi en murmurant à voix basse.
C'est alors que…
Soudain, une lumière est apparue avec le bruit d'une porte de fer qui s'ouvrait, comme si elle me déchirait les tympans.
« Ha. »
Plissant les yeux devant cette lumière aveuglante, j'ai tourné la tête dans la direction d'où elle venait.
Et j'ai rencontré un homme.
Les yeux de cet homme, dont les cheveux noirs étaient ramenés en arrière à la pommade, étaient noirs.
D'un noir profond qui donne l'impression qu'on va sombrer dans l'abîme d'un seul regard.
'Comment peut-on être aussi beau ?'
Alors que son allure me distrayait, j'ai remarqué avec du retard qu'il m'avait découverte.
« Isol ? »
L'homme m'a regardée et a murmuré, les yeux surpris.
Comme s'il ne s'attendait pas à me trouver ici.
'Qu'est-ce qu'il veut dire par "Isol" ? Qui est-ce ?'
J'ai penché la tête, car ce mot ne me disait rien.
Il s'est approché de moi, l'air toujours surpris.
Puis, brusquement, il a tiré une épée et l'a pointée sur moi.
La lame paraissait bien trop tranchante, dans le reflet de la lumière, pour être fausse.
'C'est une vraie épée, n'est-ce pas ?'
Oh, mon Dieu. Une vraie épée.
Ce qu'il a dit ensuite m'a surprise plus encore.
« Écartez-vous. »
Dès que je l'ai entendu, je lui ai immédiatement obéi. Il a abattu son épée juste après.
« Kyaaa ! »
Accroupie, j'ai poussé un grand cri.
J'avais peur qu'il me tue avec cette épée.
Boum.
Dans un bruit sourd, les barreaux de fer qui bloquaient l'ouverture se sont brisés en deux.
Je tremblais en le voyant trancher le métal avec une telle facilité, et peu après, il m'a tendu la main.
Puis il a souri largement et a dit :
« N'ayez pas peur. Je m'appelle Lexion Sparrow, de l'empire d'Aden. »
« Pardon ? »
« Excusez-moi. »
Sur ces mots, l'homme a pris ma main avec précaution.
Il semblait vouloir me faire sortir d'ici.
Il m'a alors tirée hors de la cage.
Et je me suis retrouvée à le fixer bêtement.
Non seulement son nom, mais aussi son apparence, sa tenue et ses armes n'avaient rien d'ordinaire.
Cette perplexité s'est cependant dissipée avec l'arrivée du « livre ».
Ce n'était plus le monde que je connaissais.
Lexion Sparrow, celui qui venait de me sauver la vie, était le héros du roman « L'Adversaire du Dragon ».