« Monsieur Samuel. »
« Pourquoi m'appelez-vous ? »
Je regardai Samuel, qui gisait languissamment sur le lit.
C'était tôt le matin, et il restait encore du temps avant de devoir partir pour Sytan.
Alors, je fis une proposition à Samuel.
« Jeu, on joue ? »
« Jeu ? »
« Oui. Un jeu. »
« …… Quel genre de jeu veux-tu jouer le matin ? Pourquoi ne pas dormir encore un peu ? »
« Je suis bien réveillé maintenant. Alors, tu es partant ou pas ? »
« Pas partant. Je suis fatigué. »
Samuel me coupa net et se tourna de l'autre côté.
Ses gestes me firent frémir involontairement.
Je ne voulais pas faire ça, mais je n'avais pas le choix.
« Tu ne vas pas te préparer pour les examens de mi-session ? »
Tressailli-.
À la mention des examens de mi-session, le corps de Samuel tressaillit.
Puis il tourna soudain la tête vers moi.
« Pourquoi parles-tu soudain des examens de mi-session ? »
« Eh bien, j'allais t'aider pour les partiels si tu acceptais de jouer avec moi. »
« Tu es marrant. Tu copiais mes réponses pour l'examen théorique il n'y a pas si longtemps. »
Ah, maintenant que j'y pense, c'est vrai.
C'était une proposition sans intérêt pour Samuel.
Cependant.
« L'examen des Familiers ne serait-il pas différent ? »
La classe de Familier, absente du premier semestre, devenait obligatoire à partir du second.
Mais Samuel affichait la pire affinité possible pour les Familiers.
« …… C'est ridicule. Comment peux-tu m'aider ? »
« Haha, qui crois-tu que je suis ? »
« Qui suis-je ? »
En posant ma main sur mon front et en prenant une pose sensuelle, je vis Samuel froncer les sourcils et demander, incrédule.
« Je suis le Maître des Familiers, non ? »
« Maître des Familiers ? »
« Oui, c'est exact. »
C'est exact.
J'étais vraiment parfait en matière de gestion des Familiers.
Même l'Instructrice Tammy me l'avait reconnu, ça en dit long.
Je souris et sortis Gu Poison et Sijo de ma poche.
- Bip bip ?
- ……
Gu Poison et Sijo arboraient des expressions perplexes, comme pour se demander pourquoi on les invoquait alors que ce n'était pas l'heure du repas.
Bien sûr, je ne les avais pas appelés pour les nourrir.
C'était pour prouver à Samuel la crédibilité de mes paroles.
« Comme tu le vois, je gère très bien les Familiers. Mais toi, Samuel ? Même le puissant Gu Poison a peur de toi et n'ose pas s'approcher, et tu te bats sans cesse avec Sijo, non ? »
Tressailli-.
Samuel trembla comme si on avait touché son point faible.
C'est exact.
Samuel avait « zéro » talent pour les Familiers.
« …… Alors, que veux-tu que je fasse ? »
Finalement, Samuel soupira profondément et s'assit sur le lit, comme s'il consentait à m'écouter au moins.
Il semble enfin prêt à m'entendre.
« Le jeu que je propose est une bataille de pouces. Une bataille de pouces très spéciale. »
« Bataille de pouces ? Tu me proposes un jeu aussi puéril ? »
« Bien sûr que non. C'est pour ça que c'est une bataille de pouces *très* spéciale. On va faire se battre nos pouces pour de vrai. »
« …… De quoi parles-tu ? »
Samuel fronça les sourcils, comme s'il ne comprenait pas du tout ce que je disais.
Mais ce sera assez amusant.
Parce que la bataille de pouces que j'ai inventée n'est pas une bataille de pouces classique.
Bataille de pouces.
Littéralement, un jeu où les pouces se battent.
C'est un jeu auquel tu as probablement beaucoup joué enfant.
Un jeu où l'on se bat avec ses pouces et qui se termine quand on soumet le pouce adverse.
Mais nous, on ne va pas jouer à *ce* genre de bataille de pouces.
« Utilisons la magie. »
« La magie ? »
« Oui, on n'utilise la magie qu'avec nos pouces, et le jeu s'arrête quand un pouce vainc l'autre. »
« …… Et si le pouce de quelqu'un se fait couper ? »
« Eh bien, t'as peur ? »
« …… D'accord, faisons un match à mort aujourd'hui. »
« Je rigole. Bien sûr, il y a des règles. »
« Des règles ? »
Je répondis en souriant.
« Oui, le jeu s'arrête dès que la magie touche le pouce adverse. Pas besoin de le couper pour de vrai ou quoi que ce soit. »
Tressailli-.
Samuel fronça les sourcils.
« Tu ajoutes des règles bizarres. »
« Parce qu'on pourrait vraiment se blesser sinon. »
« …… Ce ne semble pas être la seule raison. »
Il est perspicace comme toujours.
Je ricanai.
Alors Samuel parla comme s'il avait compris.
« Magie défensive et magie offensive. Tu veux voir si tu peux les lancer simultanément, c'est ça ? »
Je souris et ouvris la bouche.
« Exact. »
Et,
Vlan, vlan-.
Je remuai le pouce, provoquant Samuel.
« Je te laisse commencer. »
« Hein. »
Me laisser commencer dans un duel de magie.
Mon attitude, le traitant clairement en inférieur, fit gonfler les veines sur le front de Samuel.
Bien, ça veut dire que c'est réglé.
Comme prévu,
« Aujourd'hui sera le jour commémoratif de ton pouce. »
Samuel s'enflamma comme un feu qu'on arrose d'huile.