« Il est temps pour nous de partir. »
« Dégage. »
« … Tu dois être si froide ? »
« Hmph, la vue de ton visage commence à m'agacer. »
Fron grogna en me mettant à la porte.
J'affichai une mine sombre.
Bon, il était temps pour moi de partir.
Je devais dire à Anna ce qui s'était passé dans le monde humain.
Nous étions restés ici bien trop longtemps.
Kyle et Rene avaient déjà fini leurs préparatifs pour partir.
« … Je ne l'ai pas encore entendu. »
Nous nous figeâmes aux mots de Rene, juste au moment où j'allais faire un pas.
Ce que Fron avait dit hier.
J'avais essayé en hâte de camoufler l'affaire quand elle avait appelé Rene « sœur », mais Rene ne cessait de demander pourquoi elle dirait une chose pareille.
J'avalai ma salive nerveusement et ouvris la bouche.
« Ce n'est pas quelque chose dont tu dois te soucier, Dame Rene. Mademoiselle Fron s'est trompée. »
N'est-ce pas ?
J'envoyai une pression silencieuse vers Fron.
Fron me regarda un instant et poussa un profond soupir.
« Je faisais juste une blague. »
« Suspect. »
« Ne me réponds pas, même si je plaisantais. »
Quelle impudence.
Frou.
Fron leva la main au-dessus de la tête de Rene.
Rene tressaillit et recula d'un pas.
En voyant cela, je ressentis une étrange nostalgie.
Il semblait que Fron et Rene étaient devenues assez proches.
Compte tenu de leur relation passée, je n'aurais jamais cru cela possible.
Et pourtant, les voilà.
La vie est vraiment pleine de surprises.
Même si elles étaient à couteaux tirés jusqu'hier, elles peuvent devenir amies aujourd'hui.
J'ouvris la bouche pour m'adresser à Fron.
« Nous partons maintenant. »
Nous avions passé trop de temps ici.
Il était temps de partir.
« Pourquoi cette tête longue ? »
« Je ne fais pas de tête ? »
« Heh, on dirait que tu es un peu triste qu'on parte. »
« Ton impudence n'a pas de limites. »
« C'est une blague, c'est une blague. »
Elle est si effrayante que je ne peux même pas plaisanter.
Fron ricana face à ma réaction.
« Prends soin de toi. On se reverra à Sytan de toute façon. »
« Effectivement. »
Nous devions retourner à Sytan dans quelques jours.
Après être rentrés chez les Bares et avoir géré les conséquences de la guerre, mon temps libre serait fini avant que je m'en rende compte.
Je n'arrive pas à croire que je n'ai même pas de temps libre après tout ça.
Pendant que je me plaignais de mon manque de temps libre…
« Au fait, vous avez fait vos devoirs ? »
« Pardon ? »
« Vous aviez des devoirs pour les vacances, non ? »
« … ? »
« … ? »
Rene et moi penchâmes la tête en même temps.
Devoooirs ?
Sans crier gare ?
C'est tellement soudain !
Attendez, il y avait vraiment des devoirs ?
C'était la première fois que j'en entendais parler.
Fron claqua de la langue face à nous.
« Tsk, tsk, on dirait que vous avez complètement oublié et n'avez rien fait. »
« … Hein. »
J'affichai une mine ahurie.
Il y avait vraiment des devoirs ?
Pas possible.
Sytan était-il un endroit si cruel que même un élève en difficulté comme moi avait des devoirs ?
D'après l'expression de Fron, elle ne semblait pas mentir.
Elle nous regardait avec une déception sincère.
« Moi, euh, je n'ai pas fait mes devoirs. »
« … Moi non plus. »
Oh mon dieu.
On est foutus…
Je demandai à Fron, qui nous lançait un regard déçu, quels étaient les devoirs.
Fron soupira et'ouvrit la bouche.
« L'Instructrice ne nous a-t-elle pas dit d'écrire un journal sur ce qu'on a fait pendant les vacances ? »
« Ah. »
Ce n'est qu'alors que je compris quels étaient les devoirs.
Le dernier jour du semestre, Idée avait donné aux élèves la tâche d'écrire un journal comme devoir de vacances.
J'avais été si occupé que je l'avais complètement oublié.
Je poussai un soupir et réfléchissis à comment terminer vite fait l'exercice.
'… Je ne suis même pas sûr qu'ils le croiraient.'
Même si j'écrivais tout ce qui s'était passé pendant les vacances, rien ne garantissait que l'administration de Sytan le croirait.
Ce qu'on avait traversé était tout simplement trop absurde.
L'ampleur pure des événements était difficile à concevoir, sans parler de les croire.
Si j'étais à la place de Sytan, je ne le croirais pas non plus.
Comment quelqu'un pourrait-il le croire ?
Le chef de la famille Bares a été tué par le Saint de l'Épée, j'ai massacré des Maîtres de l'Épée, et j'ai même rencontré le Dieu de la Gourmandise…
'Ces vacances ont été sacrément mouvementées.'
Je soupirai en repensant à ces jours.
C'était une série de situations où j'aurais pu mourir plusieurs fois.
Le problème, c'est que de tels événements allaient continuer à l'avenir.
Que pouvais-je faire ?
C'était mon karma.
Tout ce que je pouvais faire, c'était l'accepter.
Mon devoir et les choses que je devrai faire à l'avenir…
Pour l'instant, je devais trouver comment finir mes devoirs.
Bon, ce n'est pas comme si je ne l'avais jamais fait dans mon ancien monde.
Croyaient-ils vraiment qu'il y avait des gamins qui finissaient honnêtement leurs devoirs à temps ?
Ce serait une grave erreur.
Un vrai gamin ne finirait jamais ses devoirs pendant les vacances.
C'était de notoriété publique que la plupart des élèves bâclaient leurs devoirs la veille de la rentrée.
Je ne faisais pas exception.
Un jour.
Je me fixai l'objectif de finir tous mes devoirs en une journée.
« … On dirait que tu penses à quelque chose d'incroyablement stupide. »
« Je trouve étrange que tu aies fini tes devoirs en avance, Mademoiselle Fron. »
Exactement.
Ce n'était pas de ma faute.
La faute incombait uniquement à Fron, qui n'agissait pas comme une vraie élève en finissant ses devoirs en avance.
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