L'assassin cracha du sang tandis que Rui le pilonnait au corps-à-corps à coups de genoux et de coudes. Il lutta pour s'écarter, mais Rui ne lui accorda pas un instant de répit. Même en faisant de son mieux pour bloquer les attaques de Rui, il ne put s'empêcher de se demander comment il avait pu atteindre un tel niveau.
Ses deux premières séries d'attaques avaient été efficaces, contournant sa garde pour atteindre ses points vitaux et percer sa chair. Tout se déroulait selon le plan, quand soudain la cible de ses attaques disparut face à ses coups dans une illusion, pour réapparaître juste devant lui !
Rui avait utilisé son fidèle Pas Fantôme pour feindre un pas en arrière avant de plonger vers l'avant avec un genou sauté. Le Pas Fantôme était une technique dont l'efficacité dépendait aussi de son application. Lorsque les feintes de la technique montraient à l'adversaire ce qu'il voulait voir et ce à quoi il s'attendait, la technique devenait plus de trois fois plus efficace que la normale !
Le résultat fut un renversement brutal de situation qui surprit totalement l'assassin, sans compter les dégâts titanesques infligés par une puissante attaque frappant son plexus solaire. Le fait qu'il n'ait pas vu ne serait-ce que l'ombre de l'attaque arrivare signifiait qu'il ne s'en était pas protégé, ni passivement ni activement. Il encaissa ce coup avec sa seule résistance brute, causant d'énormes dégâts internes qui le laissèrent chancelant.
Même si Rui avait encaissé plusieurs blessures saignantes à la chair, ses mouvements ne montraient aucune lenteur, son facteur de guérison ayant déjà neutralisé les aspects les plus invalidants des blessures et étant déjà en train de récupérer la majeure partie des dégâts subis.
De l'autre côté, malgré une seule attaque encaissée, les dégâts étaient bien plus invalidants que tout ce qu'avait enduré Rui. Le fait que l'adversaire de Rui ne se soit pas défendu, ni passivement ni activement, signifiait qu'il avait basically supporté la puissance de plusieurs techniques de niveau Écuyer avec son corps seul.
De plus, la configuration de son corps martial ne mettait pas l'accent sur la robustesse et la durabilité, contrairement à la vitesse et à la flexibilité. Les dégâts qu'il avait encaissés étaient donc considérables. Le plus gros problème était que Rui avait frappé son plexus solaire avec cette attaque, touchant directement son diaphragme et le choquant si violemment qu'il s'était trouvé paralysé pendant de précieuses secondes. L'assassin était littéralement incapable de respirer pendant cette durée, sans même parler d'activer une technique de Respiration pour le combat.
Bien que cela n'ait duré que quelques secondes, c'était un monde de différence pour des Écuyers Martiaux. Cela représentait plus de cinq minutes dans la perspective des deux Écuyers Martiaux !
Au bout de ces cinq minutes, l'assassin était couvert de bleus et de blessures qui commençaient déjà à enfler tandis que Rui déversait des vagues de coups de coude et de genoux sur son adversaire.
« ASSEZ ! » hurla l'homme dès qu'il parvint à activer ses techniques de Respiration pour dépasser Rui en vitesse. « Mon Style Lance Courbe ne sera pas méprisé ! Mes attaques sont aussi agiles que le vent, et aussi tranchantes que l'éclair ! »
Il se rua en avant avec une vitesse et une puissance bien supérieures à zuvor, n'osant pas se retenir. Une pression menaçante et redoutable s'éleva de lui tandis qu'il canalisait sa rage et sa fureur d'avoir été martelé comme un sac de frappe pendant cinq minutes dans ses attaques. Elles étaient si rapides qu'elles en devenaient presque invisibles aux yeux de Rui !
Pourtant, cela ne suffisait pas.
CRAC CRAC CRAC !
« Hein ? » Les yeux de l'assassin s'écarquillèrent avant même qu'il ne réalise ce qui s'était passé, avant même qu'il ne puisse ressentir la douleur.
Une expression d'horreur monta sur son visage lorsqu'il posa les yeux sur ses doigts, brisés et tordus dans une forme grotesque après avoir heurté le coude de Rui, s'y écrasant dans le processus.
BAM BAM BAM !
Rui exploita l'instant de choc.
'Ton corps martial ne se prête pas bien au conditionnement à la robustesse. Tes doigts ne sont pas très solides, et c'est pour cela que tu continues de viser les points vitaux et les zones charnues plus tendres. Si tu frappes un os, tes doigts seront sévèrement endommagés, écrasés par la puissance de ta propre attaque', songea Rui tout en continuant d'attaquer sans relâche son adversaire.
Il avait remarqué que son adversaire ne frappait que les parties tendres du corps, non renforcées par les os ou des muscles durs. Cela ne se ferait pas s'il avait le choix, puisque cela ne faisait que restreindre le nombre de cibles de frappe possibles, le rendant encore plus prévisible. L'algorithme VIDE absorba goulûment ce schéma avec ses protocoles de traitement de reconnaissance de formes, créant un modèle prédictif plus abouti.
Rui n'avait pas besoin d'éviter ses attaques. Il devait utiliser la vitesse de son adversaire contre lui en se décalant à la toute dernière seconde pour faire s'écraser l'attaque adverse sur un os dur au lieu d'un point faible charnu.
C'était l'une des parades et adaptations à son Art Martial que Rui avait imaginées. Le modèle d'évolution adaptative était quelque chose que Rui lui-même avait créé et n'était rien de moins qu'une cristallisation de son expertise à comprendre ce qui fonctionnait contre quels styles, et comment l'utiliser contre eux. S'il avait formellement établi un modèle d'évolution adaptative officiel pour d'autres combattants s'entraînant à l'algorithme VIDE, c'était pour les autres. Lui n'en avait pas besoin. Il était le modèle d'évolution adaptative, en un sens.
Il faisait lui-même partie de l'algorithme VIDE.
Les yeux de Rui s'écarquillèrent lorsqu'il ressentit une réalisation et une épiphanie profondes.
'Je suis… une partie de mon Art Martial ?' La pensée tonna dans son esprit.
Un instant, le combat s'effaça de son esprit tandis qu'il s'immergeait dans sa Voie Martiale.
Le sentier sans limites s'étendait apparemment à l'infini au loin, pourtant il eut le sentiment d'avoir juste fait un pas en avant, plus profond que jamais !