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The Great Cleric

Chapitre 51

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Chapitre 51

Chapitre 51

Chapitre 51/15433%~6 min de lecture1 142 mots

Trois mois s'étaient déjà écoulés depuis l'exercice avec Lumina et les autres.

Je m'étais enfoncé dans le Labyrinthe, et j'avais été entraîné dans une guerre de recrutement pour servir de personnel de Purification lors de ce qui était officiellement des exercices de l'ordre des chevaliers, mais qui n'étaient en réalité que des barbecues géants.

Du coup, j'en étais venu à éprouver une sorte de piété funéraire plutôt que de la peur face aux monstres qui remontaient à la surface.

Heureusement, comme personne en dehors de l'ordre n'était au courant, je m'étais évité le surnom de « Glouton » ou pire.

Cela m'avait aussi permis de me lier un peu avec les membres de l'ordre.

Il est vrai que les gens se détendent en mangeant. Je me demandais si, dans ma vie antérieure, le fait que les négociations de début d'après-midi se passent souvent bien ne tenait pas au même principe.

C'est en y réfléchissant que je me trouvais aujourd'hui chez le forgeron.

J'avais reçu un message m'annonçant que mon équipement était prêt.

Grand et Tratt semblaient avoir pris possession de la forge, mais le propriétaire de l'atelier, pour une raison quelconque, en paraissait ravi.

Certes, cela faisait de la publicité, mais ce qui le séduisait, c'était surtout d'apprendre de nouvelles techniques exceptionnelles en les observant, peu importe son âge.

Même s'il était d'ordinaire celui qui enseignait, il savait voir dans cette situation une opportunité : le maître de cet atelier était un esprit flexible, et je m'en émerveillais.

Car même avec un chiffre d'affaires moyen garanti, certains artisans s'obstinent à refuser toute innovation.

Et là, devant l'équipement qu'ils avaient forgé, j'étais resté figé de stupeur.

Ce qui se trouvait devant moi dépassait tellement mes attentes que j'avais cligné des yeux deux fois. Je leur avais donné carte blanche, car leur regard perçant semblait me comprendre mieux que je ne me comprenais moi-même, amateur que j'étais.

« Fofobo. Alors, qu'est-ce que t'en penses ? C'est pas génial ? Ça bloque le miasme, ça régule la température corporelle, ça coupe le pouvoir magique et le ki, et en plus c'est résistant aux lames et à la magie. »

« Kuhuhu. T'es surpris ? Ce truc durcit quand tu y fais circuler du pouvoir magique. Et comme auxiliaire de sort, si tu y passes ton mana, ça fait office de booster : même quantité de mana, mais effets amplifiés. »

Ils affichaient la mine de gens qui viennent de faire du bon boulot, pleins de satisfaction. Moi, je restais incapable d'ouvrir la bouche.

Ils m'avaient fait brandir l'épée, tripoter les fesses, discuter amplitude de mouvement et emplacement des cercles magiques, caresser l'intérieur des cuisses, m'avaient demandé mon style de combat. C'était normal. Je fermai les yeux, pris deux grandes inspirations profondes, et décidai de les interroger.

« D'abord, Grand, j'étais censé brandir une épée, alors pourquoi une canne ? Et toi, Tratt, tu m'as tripoté l'armure et le corps pendant tout ce temps, alors pourquoi c'est pas une armure mais un simple sous-vêtement à porter sous l'armure ? »

Je ne comprenais pas.

« Ah ? Ah ouais. C'est une canne-épée, paraît qu'un épéiste qui utilisait un katana l'a inventée. Si tu fais comme ça ici. » En manipulant la canne, il la fit se transformer en épée.

« Hein ? »

C'était plus illusionniste que les transformations instantanées que j'avais vues dans ma vie précédente. Une canne-épée a normalement un fourreau, mais là, y en a pas. Elle s'est changée en épée à une main direct.

« T'as vu ? Y a un mécanisme dans ce motif de dragon sur la garde. »

Grand la regardait avec des yeux d'enfant, et le motif de dragon était effectivement magnifique.

« Du coup, celle-là aussi, c'est le même genre de truc ? »

« Hein ? Pas du tout. Mais la résistance est sûrement supérieure à ton armure actuelle ? Et puis, un guérisseur qui s'empile des couches d'armure en public, ça ferait bizarre, non ? »

« Un vêtement qui surpasse une armure ?! »

« J'étais trop excitée, foh. Et pour le tripotage... c'était pour le fun. /// »

... J'aurais préféré ne pas l'entendre. Bref, la lignée légendaire, c'est pas de la rigolade.

Je pris l'épée transformable, la fis passer de canne à épée et vice-versa. Oui. C'était mon truc. La garniture de la garde, c'était le même genre que l'épée du dragon du père du héros d'un certain manga. Elle était tellement stylée que je m'en suis enflammé jusqu'à ce qu'on m'appelle.

« Hé, Luciel. J'veux que tu essaies celui-ci aussi. »

À l'appel de Tratt, je remarquai les regards de tout le monde et ce fut l'heure de l'essayage.

« Ça va ? »

« Ça te va. Même quand tu seras un peu plus vieux, tu pourras encore le porter sans problème. Yep, foh. »

« Ouais. Je trouve que ça te va bien. Y a de l'élégance, et avec une robe par-dessus, même vu comme un guérisseur de rang S, ça le fait. »

« Et avec cette canne-épée... si on y mélange une canne幻想, ce sera parfait. »

« C'est bon. Et tiens. »

Tratt fouilla dans son sac magique et en sortit un miroir en pied.

« C'est pas... ? »

« Exact. Luciel... enfin, Luciel-chan, le miroir-coiffeuse à transformation que tu voulais. Comme la confection de cet habit risquait de prendre du temps, je l'avais fait apporter. »

« Merci beaucoup. »

« Tant mieux si ça te plaît. »

« Ouais. De mon côté aussi, bon boulot, rentrées d'argent, tout benef. Si t'as encore besoin de quelque chose ou d'entretien, contacte-moi. Je préviendrai les gars d'en bas. »

« Moi aussi. Et pour ce que tu m'as demandé, je te préviendrai quand le prototype sera prêt. Ceci dit, si tu passes par le quartier des artisans, fais un tour. Je te ferai plein de p'tits cadeaux. »

*Frisson.* J'eus la chair de poule, mais je continuai de sourire, le rictus collé au visage.

On m'avait aussi dit de venir boire un coup avec maître Brod la prochaine fois que je passerais par le quartier des artisans. Catherine et moi reprîmes le chemin de l'église. En route, une question me tarauda et je décidai de l'interroger.

« Au fait, tout à l'heure, Grand a parlé du coût de fabrication de l'équipement. Combien ça monte ? »

Catherine rigola et répondit :

« Y a des choses qu'on est plus heureux d'ignorer. Ceci dit, y a eu une remise, et j'ai filé quelques matériaux de dragon, donc ça tourne à peu près autour du total des pierres magiques que t'as gagnées en plongeant dans le Labyrinthe. »

« Ah bon. »

À ce moment-là, j'ignorais le prix des pierres magiques, et j'ignorais combien j'avais gagné. Je l'apprendrai dans un futur lointain, et à ce moment-là, j'en pâlirai.

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