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The Glitched Mage

Chapitre 138

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Chapitre 138

Chapitre 138

Chapitre 138/15191%~11 min de lecture2 002 mots

Le silence se brisa — non pas par un bruit, mais par une pression, un brusque basculement qui entraîna le monde dans le mouvement. La chaleur s'imposa la première, sèche et absolue, enveloppant Riven comme une seconde peau. Ses yeux s'ouvrirent brusquement et il vit le feu s'étendre à perte de vue dans toutes les directions, dévorant le ciel, le sol, l'air lui-même.

Le ciel au-dessus était une voûte de flammes tachées de cendres — des nuages couleur sang tourbillonnant en spirales violentes, éclairés de l'intérieur par des éclairs qui ne frappaient jamais. Le sol sous ses pieds était du verre d'obsidienne, fissuré et brûlé, comme si la terre elle-même avait brûlé pendant des siècles sans jamais refroidir. Des tours de flammes vacillaient sur les crêtes lointaines, se courbant sans jamais rompre, leurs racines ancrées dans rien d'autre que l'air calciné.

Il n'y avait pas de soleil.

Pas de vent.

Seulement le feu — et quelque chose de plus profond, qui observait depuis son sein.

Riven fit un pas en avant, ses bottes craquant sur du verre qui avait été de la pierre. L'air ondulait, lourd de mana.

Ce ne pouvait pas être réel — mais cela ne semblait pas faux non plus. La chaleur, le poids de l'air, le frémissement de puissance accroché à chaque souffle… tout cela semblait présent. Tangible. Comme si le monde lui-même avait été façonné dans un but précis. Riven ne savait pas si c'était un royaume invoqué ou un écho ancien lié à l'ancre — mais il pouvait sentir l'intention derrière. Une épreuve, peut-être. Ou un jugement.

Et s'il échouait… il ne pensait pas se réveiller à nouveau.

Un bourdonnement grave agita l'air.

L'obsidienne sous les pieds de Riven commença à bouger — se fissurant, se fendant. Un chemin de verre noir déchiqueté s'étendait devant lui, serpentant comme un serpent à travers des rivières de flammes et des tours de pierre en fusion. Au loin, au cœur de ce monde embrasé, une silhouette familière se dressait : l'ancre, s'élevant comme une colonne vertébrale d'os ceints de feu, pulsant faiblement dans la distance brumeuse de chaleur.

Elle l'appelait.

Derrière lui, un mouvement rompit le silence.

Nyx surgit d'un pilier de flammes, sa forme stable, intacte. Des ombres dansaient à ses talons, attachées à sa présence comme de l'encre vivante.

Krux la suivit un battement de cœur plus tard, ses bottes crissant sur la pierre calcinée, la sueur déjà luisante sur son front. Il grogna. « Alors c'est ça l'épreuve. Logique que ce ne soit que feu et damnation. »

Puis le prêtre apparut, ses robes scintillant de braises qui ne le touchaient pas. Il parcourut le royaume d'un regard calme, conscient. « L'épreuve a commencé. »

Riven se tourna vers eux.

« J'y vais seul. »

Nyx leva un sourcil. « Depuis quand refuses-tu du renfort ? »

« Cela a été fait pour un seul », dit Riven. « Un seul cœur. Une seule volonté. Une seule flamme. »

Krux avança d'un pas. « Tu ne sais pas ça. »

« Non », acquiesça Riven. « Mais je peux le sentir. Ce n'est pas une bataille — c'est une mesure. Un jugement de valeur. Si plusieurs d'entre nous empruntent ce chemin, nous pourrions déséquilibrer la balance. Ou la briser. »

Le prêtre fit un lent signe de tête. « Il a raison. L'épreuve est liée à celui qui l'a réveillée. Si d'autres interfèrent, elle peut le rejeter totalement — ou pire, s'effondrer. »

Nyx croisa les bras. « Donc on reste là à regarder pendant que tu joues avec le feu ? »

Riven lui offrit un faible sourire en coin. « Vous m'avez vu faire pire. »

Krux laissa échapper un reniflement. « Admettons. J'aime toujours pas ça. »

« Tu n'as pas à aimer », dit Riven, reportant son regard sur le chemin. « Tu as juste à me faire confiance. »

Le chemin ceint de flammes devant lui pulsait à nouveau, comme impatient.

Derrière eux, la tempête de feu s'épaississait — le monde se refermant sur cet endroit, se resserrant sur lui-même comme une forge se préparant à façonner quelque chose de nouveau. La chaleur ne brûlait plus seulement — elle respirait.

La voix du prêtre était plus basse maintenant, révérencieuse. « Le feu reconnaît ta revendication. Mais il ne rendra pas cela facile. »

Riven ne se retourna pas. « Tant mieux. Si c'était facile, ça ne vaudrait pas la peine d'être survécu. »

Il posa le pied sur le chemin de verre noir.

Il tint sous son poids — tout juste. Au moment où il s'y établit, les flammes qui le bordaient s'élevèrent plus haut, s'enroulant comme des serpents en défi ou en invitation. Chaque pas qu'il faisait en avant se répercutait à travers le monde de l'épreuve, comme s'il marchait sur la peau de quelque chose d'ancien et à demi endormi.

L'obsidienne sifflait sous ses bottes. Des piliers de flammes s'élevaient devant lui, se décalant, attendant. Ce n'était pas une simple promenade — déjà, il distinguait des formes se dessiner au-delà du chemin. Des formes humaines. Déformées. Scintillantes. Des observateurs. Des juges. Peut-être des souvenirs.

Derrière lui, les autres observaient en silence — Nyx, les bras croisés, le regard acéré ; Krux dressé comme une statue, la mâchoire serrée ; et le prêtre, immobile et insondable.

Mais Riven ne les voyait plus.

Son regard était tourné vers l'avant.

Vers le feu.

Vers la colonne vertébrale du monde.

Le chemin de verre se rétrécit, forçant Riven à travers un couloir de flammes de plus en plus étroit. Au-delà, la terre s'ouvrait sur un vaste plateau d'obsidienne, lisse et sans joint, avec une unique structure en son centre — un vieil escalier taillé directement dans la pierre volcanique. Chaque marche s'élevait plus haut que la précédente, imposante et inégale, et avec elle, l'air s'épaississait jusqu'à frémir d'une chaleur si intense qu'elle floutait les contours du monde.

Les marches pulsèrent.

La chaleur en émanait en vagues lentes et croissantes, comme une forge s'attisant à chaque battement de cœur. Au sommet, entouré d'une couronne de feu, flottait une unique rune — ancienne, déchiquetée, luisant faiblement dans l'air comme une marque attendant la chair.

La première épreuve.

Riven s'approcha lentement.

La température montait déjà. La sueur perla le long de sa colonne vertébrale, puis s'évapora avant de pouvoir tomber. Sa cape commença à fumer. Les bords de ses bottes noircirent.

Il n'hésita pas.

Un pied heurta la première marche — et le feu jaillit sur les côtés, léchant ses jambes, le testant. Il serra les mâchoires et continua.

À la cinquième marche, la chaleur était aveuglante. L'air avait un goût de fer en fusion. Chaque respiration brûlait ses poumons.

À la dixième, le sol sous ses pieds brillait en rouge, et sa vision nageait. Le feu n'était plus seulement autour de lui. Il était en lui. Pressant. Sondant. Exigeant la reddition.

Riven छोड़ा un long souffle grave.

Puis il l'invoqua.

La flamme noire jaillit de son cœur — non vers l'extérieur, mais vers l'intérieur. Elle s'enroula autour de lui comme une seconde peau, noire et silencieuse. Pas de rugissement. Pas d'éclat. Juste une chaleur dévorante. Son propre feu rencontra la flamme de l'épreuve et ne la résista pas — il la consuma.

Les flammes qui s'enroulaient le long des marches sifflèrent et reculèrent, aspirées dans la noirceur abyssale qui entourait désormais sa silhouette. La chaleur frappait, encore et encore, mais ne trouvait aucun carburant. Seule la faim.

Il grimpa.

Marche après marche, l'air s'épaissit jusqu'à devenir presque solide. Le feu jaillissait en nappes, en rafales, en cris. Mais Riven avança, son corps ceint de feu né du vide, sa foulée lente mais ininterrompue.

Sa peau brûlait. Ses os souffraient. Mais encore, il grimpait.

Il n'était pas le serviteur du feu.

Il en était la fin.

À mi-chemin de l'épreuve, le monde se tordit. Les marches semblaient se courber et s'étirer, le ciel s'assombrissant jusqu'à l'encre, puis s'éclaircissant à nouveau à chaque pas. Des hallucinations griffaient les bords de sa vision — des figures de flammes, des souvenirs qu'il ne reconnaissait pas, des voix appelant son nom.

Il les ignora toutes.

Son feu les dévora aussi.

Lorsqu'il atteignit la dernière marche, la cape de Riven avait entièrement brûlé. Son armure brillait de chaleur, des veines de feu noir pulsant sur le métal comme des runes de défi. Il se tenait devant le glyphe flottant, épuisé, haletant, la flamme accrochée à ses épaules comme un manteau.

La rune pulsa une fois.

Puis elle se brisa — se consumant en cendres qui ne tombèrent pas, mais tourbillonnaient autour de lui comme des braises prises dans une tempête.

La chaleur s'estompa.

Le ciel s'immobilisa.

La première épreuve était terminée.

Les cendres tourbillonnèrent autour de lui, lentes et révérencieuses, puis se dispersèrent dans le néant — aspirées dans l'air sans vent comme des chuchotements. Pendant un instant sans souffle, le monde retint son souffle.

Puis le plateau d'obsidienne sous les pieds de Riven tressaillit.

Une fissure profonde et résonnante déchira le silence, résonnant à travers l'étendue brûlante comme le glas d'une cloche lointaine. Bien loin devant — là où le chemin s'était autrefois perdu dans la brume et la flamme — une seconde forme émergé du feu. Elle ne s'éleva pas. Elle se forma, conjurée par la fumée et la chaleur, se coalisant hors de l'air brûlant avec une grâce en fusion.

Une porte.

Massive. Imposante. Forgée entièrement de flammes et de pierre mobile, ses bords vivants de feu tortueux. La surface était gravée d'un mélange d'images calcinées, certaines de souffrance, de renaissance, de figures marchant volontairement dans le feu et en ressortant changées. Une couronne de fer en fusion flottait au-dessus de l'arche, tournant lentement sur place, comme attendant de descendre sur le digne.

La seconde épreuve.

Elle n'était pas verrouillée.

Mais elle n'était pas ouverte non plus.

Riven descendit du sommet calciné, chaque foulée résonnant comme un tambour de guerre dans le silence creusé. En s'approchant, la porte sembla pulser en réponse à sa présence — le sentant, le testant. Les flammes qui la composaient devinrent plus vives, plus erratiques, léchant vers l'extérieur en longs doigts qui s'enroulaient vers lui avant de s'évanouir à nouveau.

Le chemin y menant était dégagé.

Mais il ne le resterait pas longtemps.

Il s'arrêta sur le seuil.

À cette distance, il pouvait voir que la porte était plus que du feu — c'était de la mémoire. Les images gravées sur elle changeaient quand il les fixait trop longtemps, se reconfigurant en scènes de sa propre vie : la boulangerie, un manoir semblable à une prison, des cadavres qui le regardaient aux yeux creux. Son passé brûlé dans la porte, le défiant de passer au travers.

Derrière lui, la tempête de feu s'agita à nouveau. Il n'avait pas besoin de regarder pour savoir qu'ils étaient encore là — Nyx, Krux, le prêtre. Observant. Attendant.

L'épreuve ne se terminait pas par le feu seul.

Cette porte… c'était le passage.

Au-delà, quelque chose attendait.

Pas seulement la chaleur. Pas seulement la douleur.

Un creuset plus profond.

Et Riven le savait — sans avoir besoin qu'on le lui dise — que le moment où il franchirait le seuil, il affronterait plus que la flamme. Ce serait le feu comme jugement. Le feu comme vérité. Le feu qui ne détruit pas, mais révèle.

Il tendit la main.

Les flammes autour de la porte surgirent, mais son feu noir les rencontra, s'enroulant autour de sa main, apaisant la tempête. La chaleur abyssale ne heurta pas la porte — elle fusionna avec elle. Et juste pour un instant, Riven le sentit :

La reconnaissance.

Le feu le connaissait.

Le feu se souvenait de lui.

Car il y a longtemps, dans des fragments chuchotés de prophétie, le culte avait parlé d'une flamme qui en dévore toutes les autres. Non pour punir. Non pour purifier.

Mais pour mettre fin.

Et maintenant, elle se dressait devant la porte.

Riven avança — et la grande porte forgée par la flamme commença à s'ouvrir.

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