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The Fruit of Evolution

Chapitre 70

The Fruit of EvolutionThe Fruit of Evolution
Chapitre 70

Chapitre 70

Chapitre 70/10467%~21 min de lecture4 102 mots

« Bon, alors… je vais voir tout de suite de quoi vous êtes capables ? »

En balayant du regard les membres de la classe F, je pris la parole.

C'était une phrase qui sonnait hautain, mais c'était sur la proposition de Béatrice que nous consacrions la journée entière à un cours pratique pour évaluer le niveau de chacun.

« Celui qui veut commencer en premier… »

« Oui, oui, oui ! Frérot ! Moi, je veux… »

« C'est moi qui le ferai. »

« — Hein !? Une interruption !? »

Alors qu'Agnos levait la main avec entrain pour se porter volontaire en premier, Hélène coupa la parole en dégageant une étrange impression de pression.

« Hé, Hélène ! C'est moi qui dois être le premier… »

« Toi, tu la fermes. »

« …… Frérot. Tout le monde me traite vraiment mal… »

Courage, le test est comme un devoir écrit.

J'envoyais mentalement des encouragements irresponsables quand Beard tapa sur l'épaule d'Agnos et lui montra son carnet de croquis.

« Ne t'en fais pas. Il y a des jours comme ça. »

« Tu rabâches cette phrase depuis tout à l'heure ! Et pourquoi tu détournes le visage si ostensiblement !? »

C'est vrai, il m'avait dit la même chose à moi aussi… pensai-je quand, sans que je m'en rende compte, Hélène s'était placée face à moi.

« Euh… bon, fixons les règles déjà. Les armes, celles que vous utilisez d'habitude, ça va. »

Même si je me prends un coup, avec ma défense ça devrait aller ! … Normalement.

« Et comme je veux voir votre niveau, la magie est autorisée. Par contre… moi, je n'utiliserai pas de magie. »

« ! »

Au moment où j'annonçai que je n'utiliserais pas de magie, l'expression d'Hélène changea.

Jusqu'ici, elle dégageait une atmosphère tendue, mais maintenant elle me tournait une pression encore plus forte.

« … Tu te moques de moi ? »

« Non, c'est pas ça… »

Je ne me moque pas, c'est juste que c'est encore dangereux pour moi d'utiliser la magie. Une catastrophe par inattention, très peu pour moi. Et de toute façon, je n'ai pas besoin de magie. Puisque je suis là pour voir votre niveau… Non, si j'utilisais la magie et que je voyais comment vous y réagissez, ce serait peut-être mieux ? Hum… bon, cette fois je passe. De toute façon, le cours pratique ne se finit pas aujourd'hui.

« … Tu le regretteras. »

« Ah, oui. »

Elle me foudroie du regard… Ma déclaration de ne pas utiliser la magie l'a tant contrariée ? Pardon, s'il vous plaît.

« Mais c'est dommage… moi, je ne peux pas utiliser la magie. »

« Hein ? »

Face à cette révélation brutale, je laissai échapper une voix bête.

La magie… inutilisable ?

J'activai en urgence la compétence « Œil du Monde ».

Quand j'avais appris la magie à Saria et aux autres, j'avais utilisé cette compétence pour voir quelle affinité élémentaire chacune possédait.

Résultat : Hélène ne peut pas utiliser la magie pour l'instant, mais elle a deux affinités latentes, feu et terre.

Quand la cible peut utiliser la magie, l'élément s'affiche directement dans mon champ de vision via la compétence. En revanche, si le talent est là mais pas encore éveillé — c'est-à-dire qu'elle a l'aptitude mais ne peut pas encore l'utiliser — la mention « non éveillé » apparaît entre parenthèses à côté de l'élément.

De toute façon, je finirai par leur apprendre, alors si j'en parle maintenant, on n'en finira pas avec l'évaluation de niveau. Je décidai de me taire pour l'instant.

Cela dit… elle est appelée « ratée » parce qu'elle ne peut pas utiliser la magie ?

Pendant que je réfléchissais à ça, Hélène sortit probablement de sa boîte à objets deux dagues qu'elle tint en main, une dans chaque main. Ce devaient être ses armes.

La voyant prendre position, je dégainai à mon tour la « Rapière débordante d'amour » que je portais à la ceinture.

… Cela faisait un temps fou que je ne l'avais pas touchée, mais comme récemment je ne m'étais battu à l'épée qu'à l'entraînement avec Ruies, ça tombait bien. L'entraînement se faisait au bokken, et contre la horde de monstres, j'avais tout balayé à la magie.

Pourquoi je n'utilise pas une arme d'entraînement à lame émoussée ? Parce que je pensais qu'on ne peut montrer sa vraie valeur qu'avec l'arme qu'on a l'habitude d'utiliser. Si mes stats étaient basses, je n'aurais pas dit « utilisez votre arme habituelle ». Le moi de la Terre se serait fait tuer instantanément. Pas mal, hein ?

Et la raison pour laquelle j'utilise White, c'est sa capacité : « transférer mana et vigueur aux alliés touchés ».

Ce « toucher » ne veut pas dire que moi je touche, mais que la lame touche.

Si on touche un allié avec une lame normale pour le soigner, on risque de le blesser par mégarde.

Mais avec White, tant que je considère la cible comme un « allié », quelle que soit la force de l'attaque, elle ne lui infligera ni dégâts ni blessures.

C'est pour ça que j'ai choisi White.

Pendant que je dégainais White et prenais une stance naturelle, Béatrice prit la parole avec une mine inquiète.

« Euh… Seiichi-san. Vous êtes sûr de ne pas utiliser de magie ? Elle… Hélène-san, même sans magie, c'est l'une des plus fortes de cette académie… »

« C'est bon. Ah, et vous pourriez faire office d'arbitre ? La condition de victoire : faire abandonner l'adversaire ou l'assommer. »

Comme je ne montrais aucune tension, Béatrice semblait toujours inquiète mais arrêta d'insister.

« Vraiment, tu le regretteras. »

« C'est bon. Mais viens à fond. … Ah, le signal de départ, quand tu veux. »

« … Je vais te faire pleurer. »

À peine eut-elle fini sa phrase qu'Hélène combla la distance d'un bond et porta un coup d'estoc au visage avec la dague de sa main droite.

Mais pour moi, toute la séquence parut incroyablement lente.

Hum… comparé à Ruies, c'est clair.

Simplement, malgré une arme non émoussée, elle vise sans hésiter des coups mortels. C'est déjà pas mal.

D'après Ruies, si on ne fait que des combats d'entraînement, au premier vrai combat on hésite, on ne peut pas sortir sa vraie force, et c'est dangereux.

Sur ce point, Hélène ne montre aucune hésitation, elle vient pour me tuer pour de bon. C'est très bien noté.

En pensant ça, j'esquivai d'un demi-pas.

« !? Alors… ! »

Surprise que j'esquive, elle enchaîna aussitôt un coup de pied circulaire.

Cette fois, je me baissai pour l'éviter.

Ensuite encore, elle lança attaque sur attaque, mais aucune ne m'effleura, et je ne bougeai presque pas de ma position initiale.

Ouais, en bougeant vraiment, je sens les fruits de l'entraînement avec Ruies.

Notre entraînement portait surtout sur les déplacements, et rien qu'avec ça, l'utilisation des compétences de combat est devenue naturelle.

En plus, chose impossible pour le moi de la Terre, j'ai assimilé rien qu'en les voyant les diverses techniques d'escrime que Ruies a apprises en les observant.

La raison pour laquelle elles n'apparaissent pas dans mes stats, c'est sans doute que Ruies les a optimisées après les avoir maîtrisées, qu'elles sont devenues autre chose, et que Ruies ne les reconnaît même plus comme de l'escrime, donc elles ne s'affichent pas non plus dans mes stats.

En déployant les fruits de cet entraînement, j'évitai sans cesse les attaques d'Hélène.

Un moment, la tempête de coups continua, mais comme rien ne touchait, Hélène prit une grande distance, haletante, et me dévisagea.

« Haa, haa… Toi, t'as appris combien de styles d'escrime !? Dans ce que je connais, il y a le style « Herzoid Fūryūken » avec son jeu de jambes unique, et le « Style Shinken Gardia » fondé par le « Dieu de l'Épée »… mais il y en a plusieurs autres que je n'ai jamais vus ! Et tu les manies au niveau maître… non, au niveau fondateur ! Toi, c'est qui !? »

« Euh… je sais pas… »

« Pourquoi !? »

On me le demande, mais tous mes mouvements, je les ai appris en regardant Ruies…

Et puis, on dit que si on te demande qui tu es, répondre est la pitié du monde… mais c'est difficile, hein. Qui suis-je ? Un héros raté ? Un aventurier ? Hum, philosophique.

Alors que je me mettais à réfléchir à mon identité, Hélène tira la grimace.

« … Honnêtement, j'ai eu l'air de te sous-estimer. »

« Eh ? »

« Tant pis. Je vais te montrer mon vrai visage. »

Disant ça, elle joignit la pointe de ses deux dagues et les braqua sur moi.

Puis elle baissa profondément les hanches, gardant les pointes sur moi, et ramena les lames le long de son visage.

Comment dire… si c'était un seul sabre, ça ressemblerait à une garde de kendo. Ça existe, ce genre de garde ?

Pendant que je pensais à un truc à côté de la plaque, Hélène plissa les yeux.

« — Ne meurs pas, hein ? »

« Hein !? Je meurs !? »

Tu vas me lancer une attaque aussi dangereuse !? Bon, c'est moi qui ai dit qu'on se battait à fond sans arme d'entraînement !

Ignorant ma stupeur, Hélène accéléra d'un coup et projeta ses deux bras en avant.

« Ougi… « Double Perçage » ! »

Les pointes jointes des dagues foncèrent sur mon visage en s'accélérant pour me transpercer.

— Mais pour moi, ce n'était que « un peu plus vite que tout à l'heure… devenu ? Hein ? Je vois pas la différence ! » et c'est tout.

N'étant pas un pro du combat, impossible de saisir une nuance aussi subtile. J'esquivai en me mettant de profil, saisis ses deux bras tendus et, sur l'élan, la lançai légèrement… vraiment légère~ment.

« Kyaaaaaaaaaaa ! »

« Ah, merde. »

Mais je suis un monstre.

Censé être léger, le lancer l'envoya à une sacrée hauteur.

Concrètement… disons 50 mètres ? … Non, ça va pas !?

J'avais vérifié ses stats avec « Œil du Monde » et « Appréciation », je savais qu'elle n'avait aucun moyen de survivre à une chute de cette hauteur.

C'est-à-dire que si elle tombe comme ça… — J'veux même pas y penseeeeeeeer !

Je me précipitai sous sa trajectoire de chute et fis un petit saut sur place.

J'atteignis sa hauteur en un instant.

De me voir apparaître devant elle, Hélène écarquilla les yeux.

« Toi, toi ! Comment… »

« Désolé ! J'ai pas cru que ça irait si haut ! Je te rattrape, tiens le coup ! »

Je m'excusai immédiatement et rattrapai Hélène, le visage bleu de terreur face à la chute, dans ce qu'on appelle une « prise princesse ».

« Hein !? »

« Pardon ! Supporte-moi encore un peu ! »

C'était de ma faute si elle risquait sa vie, j'étais en panique.

Du coup, je ne pus pas penser normalement : utiliser la magie pour descendre doucement, ou marcher sur l'air avec les « Bottes du Roi des Cieux ».

Le vent de la chute fit voler ma capuche. Mais je n'avais pas le loisir de m'en soucier.

Hélène, terrorisée par le sol qui approchait, avait les yeux fermés très fort.

« Y'aura peut-être un choc, mais pardon ! »

« Eh… »

Finalement, nous tombâmes au sol tels quels.

Mais ici encore, mes stats firent leur œuvre.

Au moment où mes pieds touchèrent le sol, je fléchis les genoux avec un timing parfait et absorbai complètement l'impact. En plus, pas de cratère ni rien. Mon corps est vraiment dingue.

Normalement, fléchir les genoux ne suffit pas à annuler l'impact, et un humain serait mort.

Pourtant, sans même faire de roulade, juste avec l'amorti de mes genoux, je survécus sans une égratignure à cette hauteur. J'ai quitté l'espèce humaine, c'est sûr. Je n'ai pas l'intention de le dire à qui que ce soit, mais tomber de là et ne sentir aucune limite… l'espèce « humain », on peut pas lui faire confiance !

Toujours en position princesse, un genou à terre, j'observai l'état d'Hélène.

Elle avait les yeux fermés très fort, mais comme le choc n'arrivait pas, elle les entrouvrit, puis les grandit à fond.

« Moi… je… suis vivante… »

« Vraiment, pardon ? »

« Hein ? »

Quand je vis qu'elle avait rouvert les yeux, je présentai mes excuses.

Hélène leva lentement les yeux vers moi. … Ouais, elle est super belle, de près c'est gênant, mais c'est pas le moment.

Elle resta un moment à me regarder bêtement, puis, reprenant ses esprits, elle rougit et se mit à se débattre dans mes bras.

« Naaaah ! Lâche-moi ! »

« Eh ? Ah, oui. Désolé. »

Je la reposai doucement au sol, mais elle ne put se relever.

Hélène rougit encore plus.

« Euh… »

« …… Yo. »

« Oui ? »

Comme je n'avais pas bien entendu, je redemandai, et elle me fixa avec une grimace terrible, le visage écarlate.

« Da, c'est pour ça ! Mes… mes jambes sont en coton, je peux pas bouger, tends-moi la main ! »

« Go, gomen nasai !? »

Sous l'intimidation, je m'excusai docilement en reculant.

Et je la repris dans mes bras pour la ramener vers la classe F.

Mais ———

« « « …………………… » » »

« Seiichi, t'es vraiment incroyable ! »

« … La prise princesse de Maître… »

Saria et Rulune sont comme d'habitude, mais tout le monde, Al et Olga y compris, me regardait avec des yeux ronds.

Al et Olga voient pour la première fois mes mouvements monstrueux hors magie, donc leur surprise est compréhensible, tout comme celle de la classe F.

Heureusement, les autres classes loin là-bas n'ont pas l'air d'avoir vu. Ouf.

« Euh… ça a tourné comme ça, mais… on continue ? »

Pour confirmer si on poursuit le combat simulé, Hélène rougit légèrement, détourna le visage et marmonna bas.

« … P-pas possible. Dans cet état… »

« D'accord. »

Pendant cet échange, Béatrice, la première revenue à elle, s'empressa de dire :

« A, He, Hélène-san est hors de combat, je confirme. … Je n'aurais cru que ce serait vraiment sans danger… »

« Hahaha… désolé. Vous pouvez vous occuper d'Hélène ? »

« Oui, compris. »

Je confiai Hélène à Béatrice, remis ma capuche en place naturellement, et me retournai vers les autres. … La capuche est bien remise ? Ici y a le héros, je préfère pas trop montrer mon visage…

Mais je veux quand même voir Shota et les autres, leur parler. Juste éviter ceux qui me harcelaient. … Pas au point du trauma, mais quand même. Je veux pas me faire embarquer dans des trucs bizarres, ni embarquer Saria et les autres.

« Bon, alors… qui est le suivant ? »

J'appelai, mais tout le monde était encore sous le choc et restait bouche bée.

Pourtant, Bleu fut le premier à se reprendre, fit mine de réfléchir un peu, puis parla.

« Hum… Seiichi-sensei… comme ça ? »

« Eh ? Ah, ouais. »

« Alors, Seiichi-sensei. Le prochain adversaire, laissez-moi m'en charger. »

« Bien sûr. »

« ——— Seulement, pas moi seul. Agnos et les autres ensemble, ce serait pas mieux ? »

« Ha !? »

Ce fut Agnos qui réagit le plus vite.

« Cho… Bleu, c'est quoi ton idée !? »

« Pas d'idée. C'est juste la meilleure façon pour moi de montrer ma vraie valeur. »

« C'est pour toi ça !? »

« Quoi d'autre ? C'est un combat simulé pour qu'on nous évalue. J'ai besoin de votre force pour montrer la mienne, c'est inévitable. »

« T'as l'air fier pour dire un truc aussi pathétique !? »

« Pathétique ? Idiot. Croire qu'on peut tout faire seul, ça c'est de la bêtise. »

Encore un échange façon manzai… Vous êtes potes, hein.

Bref, si Bleu dit qu'en équipe il montre mieux son niveau, moi ça me va. L'entraînement avec Ruies incluait le combat en groupe… enfin, un peu.

« Si Bleu pense qu'en équipe c'est mieux, c'est bon pour moi. »

« Qu'il n'y ait pas de gêne. … Et ? On fait comment ? »

Interrogé, Agnos se gratta la nuque et hurla avec résignation.

« Aaaaah ! Bon, j'le fais ! J'vais aider ce incapable ! »

« Hum. Dis-le plus tôt. »

« T'es vraiment insupportable !? »

« Pleure tant que tu veux. »

« Uwaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahn ! »

Beard accepta lui aussi de faire équipe avec Bleu. … Agnos. Pleure pas pour de vrai…

Ignorant superbement Agnos qui pleurait, Bleu se tourna vers le dernier garçon… Léon.

« Léon. Ta force aussi, tu veux bien nous la prêter ? »

Mais Léon montra une peur intense et secoua la tête sans cesse.

« Gomennasaigomennasaigomennasaigomennasaigomennasaigomennasai ! Mo, moi… »

« …… Non, c'est moi qui suis désolé. J'ai demandé l'impossible. »

Je ne sais pas trop, mais il y a un truc qui cloche chez Léon.

Bon, on vient de se rencontrer, je connais pas les détails, mais ce n'est pas la même « peur » que lors de sa présentation en classe. C'est une vraie « frayeur ».

« Léon ? Ça va ? »

Comme il tremblait trop, je lui parlai, et il tressaillit.

« Gomennasaigomennasaigomennasaigomennasai ! Mo, moi… je… ne peux pa… me battre… »

D'une voix fine comme un bourdonnement de moustique, tête baissée, il le dit.

……………… Ça, je peux pas le forcer.

Certains professeurs le forceraient peut-être à se battre pour voir son niveau, mais moi, impossible.

Je jetai un œil aux autres membres de la classe F : eux aussi trouvaient Léon bizarre, penchant la tête ou le regardant avec suspicion.

« Alors, Léon, tu restes avec Béatrice-san à regarder. »

« Gomennasaigomennasaigomennasaigomennasaigomennasaigomennasai… »

Il répétait « pardon » en se dirigeant vers Béatrice.

En voyant l'état de Léon, Béatrice comprit quelque chose, se tourna vers moi et hocha la tête. … Confié à Béatrice, ça ira.

« Bon, alors, on se prépare et on y va ? »

Je retournai à la position où j'avais combattu Hélène, et pris White en main.

Bleu prépara une longue épée ordinaire. Beard mit des poings américains… les « meriken », ces armes qu'on enfile aux doigts. Et Agnos… brandit… une batte à clous.

« Ah… Agnos ? L'arme d'Agnos… c'est ça ? »

« Oui ! Mon arme favorite — « Furyūjingu » ! »

Le nom de l'arme ! Ça fait « Yoroshiku » de la présentation ! Mais c'est super voyou !

Beard aussi, on sait pas si c'est une arme, mais les meriken lui vont super bien.

Tout le monde étant prêt, Bleu leva la main au moment de commencer.

« Seiichi-sensei. Un peu de temps, s'il vous plaît ? Je veux qu'on prépare une stratégie. »

« Eh ? Ah, ouais. C'est bon. »

Préparer une stratégie, c'est important. Moi, j'ai pas assez de tête pour ça, mais.

En attendant, j'observai Léon et le groupe de Bleu avec « Œil du Monde ».

Comme prévu, Bleu et les autres ont du talent pour la magie, mais à l'état « non éveillé ».

Mais Léon, lui, était différent.

La compétence montrait qu'il *peut* utiliser la magie. Et pas qu'un peu — les cinq attributs.

Je le sais grâce aux recherches à la bibliothèque de Telbeil et aux archives du château : dans ce monde, maîtriser deux attributs est déjà exceptionnel.

Donc Léon est une boule de talent.

D'où l'incompréhension.

Pourquoi Léon est dans la classe F. Pourquoi il a si peur, pourquoi il est si défaitiste, je ne comprends pas du tout.

Pendant que je penchais la tête, l'échange entre Bleu et les autres semblait fini, chacun reprit sa stance.

« Attendu. Désolé. »

« Non, c'est bon. Alors, commencez quand vous voulez. »

Je pris ma stance avec White.

Et ———

« Bon ben, j'commence, Frérot ! »

Agnos fonça sur moi.

Il abattit sa batte à clous en grand mouvement sur ma tête. … Lui non plus n'hésite pas, comme Hélène.

Je l'esquivai avec aisance, mais Agnos utilisa la batte plantée comme pivot, s'en servit d'appui et lança un coup de pied circulaire.

« Oraaaaaaaaaaaaaaaa ! »

« ! »

Pas prévu un mouvement aussi acrobatique, je fus pris au dépourvu un instant. Non, Ruies, dès que l'arme touche le sol, il prend de la distance…

En y pensant, je réalisai que j'avais pris une drôle de manie dans les duels.

C'est mauvais… les mouvements varient selon les gens… faut que je corrige ça.

Tout en ayant cette réflexion, j'évitai la salve d'attaques imprévisibles qui suivirent.

Comment dire… les attaques d'Agnos n'ont pas la fluidité raffinée d'Hélène, mais elles sont incroyablement libres.

C'est-à-dire qu'elles sont très difficiles à lire, et c'est pour ça que mon corps a réagi tout seul.

« Ah ! »

Mon expérience de combat étant très faible, quand on me prend au dépourvu, je perds le contrôle des compétences que j'ai péniblement apprises, et mon corps bouge presque inconsciemment grâce aux compétences.

Cette fois encore, ça sortit : alors que je voulais juste me défendre, je portai un estoc avec White en freinant énormément.

Normalement, Agnos en restait là.

Mais ———

« ! »

Beard surgit devant Agnos, et de ses deux meriken, il pinça mon White par le haut et le bas, déviant l'attaque.

Comme je freinais beaucoup, la vitesse était évitable ou contrattaquable, mais comme je n'ai presque pas d'expérience de ce genre, je créai à nouveau une ouverture.

Agnos ne la manqua pas et déchaîna une nouvelle vague d'attaques imprévisibles.

« Raaaaaaaaaaaaaaaaa ! »

« Ottoto. »

Mais je suis un monstre.

J'évitai tout en utilisant mes capacités physiques monstrueuses.

… Agnos et Beard sortent une combinaison parfaite, pendant que moi, je suis nul.

Certes, avec mes stats, même en amateur, je ne peux pas perdre.

Mais en combattant comme ça, ma partie amateur saute aux yeux, et j'ai l'impression de faire une grosse bêtise.

Pas que je risque de perdre, mais je m'inquiète des dégâts autour…

Bref, je me calmai et continuai à parer calmement les attaques d'Agnos et Beard.

— Mais je ne m'en rendis pas compte.

« Tu as détourné ton attention de moi ? »

Soudain, une voix dans mon dos.

Pas besoin de réfléchir, c'était Bleu.

Oui, j'étais absorbé par Agnos et Beard devant moi, et j'avais complètement oublié l'existence de Bleu.

Je me retournai : la pointe de l'épée était devant mes yeux.

Elle avançait très lentement vers moi, mais il ne restait que quelques millimètres avant le contact. Ah, c'est mort, j'peux pas l'éviter… je me résignai.

… Mais mon corps la contredit quand même.

La compétence « Réflexe Défensif », encore ingérable, s'activa.

Mon corps s'accroupit d'un coup sec et balaya les jambes des trois d'un coup de pied.

Devant ma puissance d'attaque imparable, les trois perdirent l'appui facilement.

Dans ma vision au ralenti, je vis les trois s'effondrer au sol, puis mon corps continua de bouger : il porta trois minuscules tranchants juste à côté de leurs visages, laissant de minuscules entailles au sol.

Et je pointai White sur la gorge de Bleu.

………………

Je l'ai faaaaait aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Quoi que je fasse, je ne peux pas le contrôler ! C'est mon corps pourtant !

Dès qu'une intention hostile m'atteint, mon corps bouge tout seul.

Vraiment, je suis trop immature.

Je me fais avoir facilement, je me fais mener par le nez…

Avoir des compétences cheatées mais ne pas les maîtriser, c'est exactement ce que j'incarne.

Bien sûr, dans ce combat, j'ai pu saisir les caractéristiques de chacun.

Mais plus que ça, mes propres課題 ont sauté aux yeux.

C'est paradoxal, mais ça veut dire que j'ai encore de la marge pour devenir plus fort.

… Faut vraiment que j'arrête de me faire mener par mon propre corps…

Pendant que je pensais ça, Agnos me regarda les yeux brillants, Beard sortit son carnet, et Bleu sourit amèrement en ouvrant la bouche.

« Com, comme prévu de Frérot ! Je me rends ! »

« Je me rends. »

« Huh… ton visage sous la capuche, ta force monstrueuse… le nouveau prof aime vraiment nous surprendre. Je me rends. »

Apparemment, tous trois abandonnaient.

Pour le visage, je sais pas, mais pour la force… ouais, moi non plus je pige pas.

Juste une chose à dire.

C'est moi le plus surpris !

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