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The Fruit of Evolution

Chapitre 17

The Fruit of EvolutionThe Fruit of Evolution
Chapitre 17

Chapitre 17

Chapitre 17/2471%~21 min de lecture4 025 mots

« Mouton…… »

« -san ? »

Saria et moi étions perplexes face à ce mouton apparu sans crier gare pour se présenter. Au passage, Saria avait déjà repris sa forme d'origine.

D'ailleurs, d'où est-il sorti, celui-là ?

« En effet, je suis Mouton. Puisque vous avez réalisé la toute première conquête de ce donjon, je me suis déplacé pour l'occasion. »

Yabai, je pige que dalle.

« Euh… dans ce cas, Mouton, vous êtes venu faire quoi ? »

Devant ce mouton incompréhensible, je décidai de poser la question moi-même.

Le mouton se mit alors à expliquer en écartant les bras. Pourquoi écarter les bras ? Quel sens cela avait-il ?

« Voyons… Avant d'expliquer, commençons par vous faire connaître mon existence. »

« Celle de Mouton ? »

« Oui. Je suis celui qui gère les nombreux labyrinthes appelés donjons qui existent en ce monde. »

« Tu l'as dit au début mais… ça veut dire que c'est toi qui crées les donjons ? »

« Non. »

« Hein, non !? »

Pardonnez-moi d'avoir tsukkomi involontairement.

« Un donjon apparaît à partir de multiples conditions : les pensées résiduelles présentes sur un lieu, la magie, ou encore un être puissant qui domine un territoire pendant de longues années. Moi, par l'ordre reçu du monde, je gère constamment ces donjons. »

C'est complètement farfelu ! Je ne peux pas suivre du tout !?

« Bon, on vous balance ça d'un coup, c'est normal d'être perdu. »

« …Oui, vachement. Saria non plus, tu ne piges pas, hein ? »

« Eh ? Moi, je comprends ? »

« Pourquoi !? »

Pourquoi Saria comprend-elle cette explication absurde ? Moi seul ? C'est moi qui suis bizarre !?

Ignorant ma stupeur, le mouton continua.

« Pour faire simple, c'est aussi moi qui réprime les monstres pour qu'ils ne sortent pas des donjons. Pendant que nous discutons ici, d'autres "moi" s'occupent de la gestion des donjons. »

« Il y a plein de Mouton !? »

« Bien sûr. En dehors de la gestion, je jette aussi souvent un œil sur le monde. »

« P-pourquoi faire ça ? »

« Parce que je m'ennuie. »

« Bosse donc ! »

« Ne dites pas ça, je bosse. Regardez, je suis venu comme ça, non ? »

Mais qu'est-ce que ce mouton !? …Bon, vu qu'il est apparu devant nous, il fait son minimum, ceci dit…

« …Ah ? Mais pourquoi vous êtes apparu si tard devant nous ? C'est parce qu'on a conquis le donjon que tu es là, non ? Alors tu aurais pu venir plus tôt, non ? »

« J'étais en train de rire à en tomber par terre en voyant votre évolution. »

« Conchisô ! »

« Vous me faites rougir. »

Disant cela, le mouton se gratta l'arrière de la tête. J'ai envie de le mettre K.O. !…

« La violence, c'est non, hein ? J'ai des pouvoirs spéciaux pour gérer les donjons, mais ma force de combat normale est inférieure à de la merde. »

« Lis pas dans mes pensées ! »

Ce mouton, il est doué pour me déstabiliser ! …Bon, c'est moi qui suis trop simple.

« Mais c'est vrai qu'on s'ennuie à mourir. Personne ne conquiert les donjons, voyez-vous. Mis à part réprimer les monstres qui tentent de sortir, on n'avait pas de travail. »

« Hein ? Personne ne conquiert les donjons ? Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Normalement, des aventuriers et compagnie tentent de les conquérir tous les jours, non ?

« Certes, des aventuriers conquièrent des donjons. »

« Tu lis encore dans mes pensées en catimini ! »

« Ah, au fait, mon passe-temps, c'est d'espionner la vie des gens. Observer leur intimité et en rire, c'est ma routine quotidienne. »

« C'est à la fois sans intérêt et pervers ! »

« Mais non, je suis un gentleman. »

Ce mouton, il a plein de trucs qui clochent !? Un tel gentleman, ça n'existe pas !

« Mouton, t'es marrant ! »

« Pas du tout, c'est vous qui êtes aimable. »

« Fais pas le modeste ! »

Saria rigole toute contente, donc dans le sens où il la fait sourire, je ne peux que tolérer cette ambiance. Mais le sourire de Saria, c'est chouette. Ça réchauffe le cœur. Je suis guéri par le sourire de Saria.

« Bon, remettons la discussion sur les rails, déviée par votre faute… »

« C'est toi qui l'as déviée !? C'est pas de ma faute !? »

C'est toi qui as soudain commencé à parler de ton passe-temps, mouton ! Moi, je suis pas coupable !

« Tout à l'heure, je disais que des aventuriers conquièrent des donjons, non ? »

« O-oui. »

« Ce n'est pas faux. Parmi eux, nombreux sont ceux qui conquièrent le donjon. »

« Eh ? Alors… »

« Écoutez jusqu'au bout. Vous ne comprenez même pas ça ? C'est pour ça que les monstres… »

« T'es un démon déguisé en mouton !? Tu glisses sournoisement ce que je redoute ! »

« Oh, pardon. Mon fond a glissé… »

« Je déteste ce typeaaaaaaah ! »

Ce gars, il a visé le fait que je me souciais d'avoir "Monstre" écrit dans la case métier ! À la fin, je vais pleurer !?

« Les larmes d'un homme ne m'intéressent pas. »

« Démon ! Scélérat ! Non-humain ! J'aime plus ce typeaaaaah ! »

« Ahaha ! Je suis à la base un mouton. Vous n'avez pas tout à fait tort. »

Il me prend pour un con ! Et puis, même si je m'en fichais, pourquoi il lit dans mes pensées depuis tout à l'heure !? En plus, il a l'air de savoir que j'ai "Monstre" comme métier !?

« Encore une fois, la discussion a dévié par votre faute… »

« …… »

Bon, je ne tsukkomi plus jamais.

« …Tch. »

« Tu fais tchac dans ton coin ! …Ah !? »

J'ai tsukkomi par réflexe !? Alors que je viens de décider de ne plus le faire !

Aaah… le visage satisfait du mouton devant moi m'énerveeeee !

« Laissons les blagues… Je disais qu'il y a beaucoup d'humains qui conquièrent les donjons, mais c'est sous la condition d'avoir « atteint la zone finale et vaincu le boss du donjon ». »

« C'est pas la définition normale ? »

« Non ? C'est la conquête générale d'un donjon. »

…Qu'est-ce qu'il veut dire, ce mouton…

« Le moment où j'apparais devant les gens… c'est quand le donjon a été conquis au vrai sens du terme. »

« Vrai… sens ? »

Devant Saria et moi qui penchions la tête, le mouton marqua une pause avant d'expliquer.

« Tout à l'heure, j'ai brièvement expliqué quelque chose qui ressemblait aux conditions d'apparition d'un donjon, et j'ai dit que les pensées résiduelles y étaient liées, vous vous souvenez ? »

« Ah. »

« Les pensées résiduelles désignent principalement les forts sentiments variés des gens morts en ce lieu. Et les donjons nés de cela se divisent en conquête générale et en celle que vous venez de réaliser. Celle que vous avez accomplie signifie bel et bien que vous avez conquis le donjon au vrai sens. »

« Hmm ? Hmmm ? »

Je ne pige pas trop. Enfin, pas que je ne comprenne pas, disons plutôt que je sens comme un malaise… ou un truc qui reste en travers.

« Enfin, pas la peine de trop réfléchir. Conquérir un donjon au vrai sens, ce n'est pas quelque chose qu'on peut viser. Mais si vous vouliez vraiment le viser, un seul conseil. »

« Un conseil ? »

« Oui. Dans les donjons nés de pensées résiduelles humaines, le boss de la zone finale est souvent le porteur de ces pensées transformé en monstre. »

« Je vois… comme Zeanos dans ce donjon ? »

« Exactement. Donc, si vous voulez conquérir au vrai sens d'autres donjons, le mieux est de dissiper les regrets du boss. Je le répète, ce n'est pas faisable exprès, n'oubliez pas. »

Hé… les connaissances du dieu sur l'autre monde ne mentionnaient pas ça. …Bon, déjà que les connaissances écrites étaient approximatives et minimalistes.

« Bon, ça nous ramène à ce pour quoi je suis apparu. »

Ah oui. J'avais oublié la première question. J'avais demandé ce que ce mouton venait faire.

« Je suis apparu parce que vous avez conquis au vrai sens ce donjon, la [Forêt de l'Amour Triste Sans Fin], et je suis venu vous remettre la récompense de conquête. »

« Récompense de conquête ? »

« Oui. En cas de conquête normale, je n'apparais pas, et ça s'arrête aux drops du boss et au contenu des coffres. Mais pour une vraie conquête, la récompense est systématiquement octroyée. »

« Hé… cette récompense, on peut l'avoir plusieurs fois dans le même donjon ? »

« Impossible. Parce qu'un donjon vraiment conquis disparaît. »

« Disparait !? »

Devant cette annonce soudaine, ma voix se brisa.

« Disparaît. Je l'ai dit, vaincre le boss au vrai sens, c'est dissiper ses regrets. Bien sûr, je ne peux pas dire pour quels donjons ça marche. Mais quand le boss est vraiment vaincu, il perd sa raison de rester sur cette terre. Donc le donjon disparaît. »

« N-naruhodo… »

« Donc la récompense de conquête ne s'obtient qu'une fois par donjon. Vous deux pouvez l'avoir, soyez fiers. Je vous en donne la permission. »

« Pourquoi j'ai besoin de TA permission !? »

« Évident. Je suis un mouton. »

« Chikushô ! La conversation ne mord pas… »

M'ignorant tandis que je rageais seul, le mouton réfléchissait.

« Hmm… À la base, je devrais donner quelque chose de décidé, mais… comme je pensais que ce donjon ne serait jamais conquis, je n'ai pas bien fixé la récompense. »

« C'est ça ? »

« Oui. Quelques trucs sont décidés, mais pour le dernier… »

« Alors question : les trucs décidés, c'est quoi ? »

« C'est un [Kit de culture du Fruit d'Évolution] et un [Kit voyage 10 jours]. »

« Ha !? »

Je poussai un cri de surprise aux mots du mouton.

Hein, le Fruit d'Évolution, on peut le cultiver !?

« Oui, bien sûr. »

« Lis pas dans mes pensées ! »

« Il y a même un livret expliquant la culture et plein de graines de Fruits d'Évolution. Pour la nourriture de 10 jours, comme le donjon va disparaître, j'ai prévu le déplacement. »

« C-c'est vrai… »

Après avoir répondu, une question me vint.

« Au fait ? Tu dis que le donjon disparaît, mais alors cette forêt et les Clever Monkeys, ils deviennent quoi ? Si tu ne les réprimes plus, ils n vont pas attaquer les villages ? »

« Pas de souci. La disparition du donjon ne signifie pas que le terrain disparaît, mais que ses fonctions de donjon s'éteignent. Cette vaste forêt reste telle quelle, et à la base, il n'y a ni ville ni village autour. »

« Hein, attends… alors on fait comment après !? »

Pas de ville à proximité !? Sérieux !?

Je vérifiai vite fait avec les connaissances de Zeanos.

…Oui, rien. Même en marchant normalement, au minimum une semaine.

En plus, les connaissances de Zeanos datent de 1500 ans, on ne sait pas jusqu'où la géographie est fiable.

« Je l'ai dit ? J'ai prévu la nourriture pour le déplacement. Bien sûr, il y a de l'eau. Et des tentes. Le voyage sera un peu plus confortable. »

« …Merci. »

« De rien. Je me disais que ça pourrait vous servir après le transfert forcé hors de la forêt. »

« C'est sûrement un mensonge ! »

On ne peut pas s'en vouloir de le penser. Ce type, il est terrible sous tous les aspects !?

« Bon, je donne les deux kits dit plus haut, plus un… total trois trucs, c'est la règle. Donc, quoi pour le dernier… »

En disant cela, le mouton observa vaguement nos tenues.

« Bon. Pour commencer, offrons des sous-vêtements et des vêtements à Mademoiselle Saria. »

Le mouton frappa dans ses mains.

Surgirent alors du néant une montagne de sous-vêtements et de vêtements.

« Comme ce sont les vêtements de Mademoiselle Saria, j'y ai ajouté la capacité de changer de taille librement. J'ai jugé que c'était le plus nécessaire. »

« Mouton, Good Job ! »

Désolé, Mouton. Je t'avais mal jugé.

Oui, on galérait parce que Saria n'avait pas de vêtements !

Avec ça, même en arrivant en ville, pas besoin de l'aide des soldats !

Et il a même pensé à la taille des vêtements… Ce mouton est capable !

« Alors Mademoiselle Saria, veuillez vous changer. Nous préparerons aussi un paravent. »

Le mouton frappa à nouveau des mains, et un rideau apparut entre Saria et moi.

« Prévenez-nous quand vous aurez fini. »

« Merci, Mouton ! »

La voix joyeuse de Saria traversa le rideau.

« Je viens de donner une tenue et des sous-vêtements à Mademoiselle Saria, le reste, vous le gérez. »

Tout en disant ça, le mouton me tendit les vêtements de Saria.

…Certes, j'ai l'Item Box, mais moi qui traîne des vêtements féminins, je passe pour un pervers, non ?

Bon, tant qu'on ne le sait pas, c'est pas un crime ? Je fais avec cet état d'esprit ?

« Même si personne ne le sait, c'est un crime, Seiichi-sama. »

« …C'est une blague. »

Les gamins, n'imitez pas ! Surtout ma façon de vivre !

« Plus important… que faire de votre récompense ? »

« C'est si compliqué ? »

« Énormément. Pour le vous de votre arrivée, je n'aurais jamais cru que vous conquéreriez, donc je prévoyais de vous filer des philtres d'amour ou de popularité. »

« C'est trop pervers !? Mais si on me les donne, je les veux ! »

« Inutiles pour le vous actuel. Ce serait du gâchis. »

« …… »

Pourquoi il le dit si catégoriquement ? Parce que mon visage s'est assez amélioré pour ne plus en avoir besoin, ou parce que je suis au-delà de ce qu'un philtre peut réparer ?

Mais c'est bien. Je le veux, le philtre d'amour. Je veux vivre une période de popularité au moins une fois !

Mon corps a maigri. Ma taille a un peu augmenté. Mais mon visage, je ne l'ai toujours pas vu… Ça m'intrigue vachement.

« Côté équipement, votre arme est déjà une concentration de cheat… »

Rien à répondre. Étonnant qu'il connaisse le mot "cheat" ceci dit.

« Et pour l'armure ? »

« L'armure ? »

« Oui. La robe noire preuve de mage, l'armure intégrale à visière de chevalier, ce genre. »

« Effectivement, j'ai de bonnes armes et accessoires, mais pas d'armure… »

« Exact. C'est pourquoi je viens de trouver l'armure parfaite pour vous. »

« Oh ? C'est quoi ? »

« Une cagoule. »

« Déception totale ! »

Cagoule… ce masque que portent les braqueurs de banque dans les films et mangas !?

« Ça ne va pas ? »

« Normalement si ! Si j'entre en ville avec ça, les soldats vont débarquer ! »

« Ça a l'air amusant à regarder. »

« Meurs ! »

Je retire ce que j'ai dit ! Ce type est nul à chier !

« Alors, un casque intégral ? »

« Je suis le Cavalier Sans Tête !? Ou alors… le Professeur Masqué !? »

…Le Professeur Masqué, c'est un peu différent.

« Les deux sont faux. Je me disais juste que vous avec un casque intégral, ce serait marrant. Oups, c'était secret. »

« Ton fond se voit ! Et tu connais le Cavalier Sans Tête !? »

« Bien sûr. »

Ah, ce mouton fait peur.

« Au fait, pourquoi tu ne me proposes que des trucs qui cachent la tête !? Et tous empêchent de voir mon visage ! Ça n'a rien à voir avec moi !? »

« Non, je le dis sérieusement en pensant à votre avenir, Seiichi-sama. »

« Mon avenir ? »

« Oui. Votre apparence actuelle, à cause de la compétence [Camouflage], a un Charme de 10. Pour n'importe quel statut, 10, c'est clairement de la merde. »

Ah, la parenthèse à côté du statut démentiel, c'est l'apparence perçue par les autres sous l'effet du Camouflage. Et on m'insulte copieusement.

« …Dis, pourquoi tu sais que j'ai Camouflage et que mon Charme est à 10 ? »

« Parce que je suis un mouton. »

Bon, je tsukkomi plus jamais. Juré.

« Bref, tant que Camouflage est actif, hormis ceux en qui moi ou vous avez une confiance absolue, tout le monde vous verra avec les valeurs camouflées. Charme 10 = apparence terriblement moche. »

Alors le moi d'avant, avec tous ses stats à 1, c'était le pire ! J'ai envie de pleurer !

« Pour éviter vos ennuis, je vous ai proposé un équipement cachant tout le visage. »

« Non, pas besoin de tant de complications, il suffit de désactiver Camouflage… »

Ah, mais peut-être que sans Camouflage, mon Charme est encore pire… Je n'ai toujours pas vu mon visage.

« Vous êtes naïf. »

« Hein ? »

À ma réflexion, une réplique cinglante s'abattit, et je sorti une voix bête.

« Désactiver Camouflage, c'est révéler votre vraie puissance au monde. Savez-vous ce que cela implique ? »

« Euh, pas du tout… »

« Simple : vous risquez d'être mêlé aux stupides guerres entre pays, d'être traité en monstre par n'importe qui, et de finir par mourir sans plus interagir avec qui que ce soit. »

« C'est pas cool… »

Saria est différente, mais Shota et les autres, s'ils sont venus dans ce monde, qu'en penseraient-ils ?

En voyant mon apparence changée…

Mon statut est classe monstre. Ils auront peut-être peur.

Ça… je préfère pas y penser.

« Bon, en vrai, la raison principale, c'est que je trouve ça marrant. »

« Je te croirai plus jamais ! »

Quoi !? Je commençais à être un peu sérieux !

« Mais les ennuis augmenteront vraiment, vous savez ? »

« Non, c'est juste que je veux pas de cagoule. Casque intégral non plus. Avec ça, je passe pour un pervers. »

« Vous l'êtes déjà. »

« Ferme-la ! »

Ce mouton, on ne peut pas l'attraper !…

« Bon, tant pis. Casque intégral, ça va ? »

« Hé, c'est quoi "bon" !? Explique un peu !? »

« Bien sûr, ce n'est pas un simple casque. Je me fends la poire pour y ajouter des capacités. »

« Par exemple ? »

« Il résiste à être piétiné ou mordu par un dragon sans une égratignure. »

« C'est plus un casque ! »

« Dans n'importe quel enfer de chaleur ou de glace, l'intérieur reste confortable. »

« Juste la tête !? Si on va dans de tels enfers, il faut protéger le corps aussi ! »

« Dernière fonction : l'ouverture de la bouche pour manger. »

« La dernière est naze !? Ça sert à rien !? »

« C'est décidé. Ce sera le casque intégral. »

« Écoute-moi bon sang ! »

Pourquoi c'est décidé !? Personne n'a dit que c'était bien !?

Mais le mouton, ignorant mes cris, sortit un casque intégral noir du néant.

« Voilà, à vous. »

« Je vous dis que j'en veux pas ! »

« Pas de gêne. Moi non plus j'en veux pas. »

« Alors encore moins ! »

Je refusai désespérément, mais le mouton lança le casque en l'air et frappa dans ses mains.

À son geste soudain, je restai bête, et quelque chose se posa sur mon visage.

« Cho ! C'est quoi, quand !? »

Je touchai : c'était le casque intégral.

« C'est aussi un raffinement de mouton. »

« C'est quoi, un mouton !? »

J'essayai frénétiquement de l'enlever, mais impossible.

« Heu, ça part pas… »

« Oui. J'ai fait comme ça. »

« Enlève-leeeee ! »

« Ahaha, si l'occasion se présente. »

C'est la réplique de celui qui ne le fera jamais ! Même crédibilité que « demain je me mets au sérieux » !?

« Rassurez-vous. Tant que je suis là, vous ne pourrez pas l'enlever, mais après notre séparation, il ne s'enlèvera que si une personne de confiance et que le casque jugent bon. Inversement, entouré d'inconnus, il ne partira jamais. »

« C'est pas du haut spec, c'est une malédiction ! Conchikushooooo ! »

« L'abandon est la clé, Monstre-san. »

« Tu glisses encore la contradiction ! »

« Avec le temps, il finira par partir. De force, peut-être aussi. »

Ce type, j'en veux plus. "De force", comment ? Un dragon n'y arrive pas, alors moi… pas confiant…

Pendant que j'échangeais avec le mouton et perdais la vie à gros coups, Saria finit par se changer et sortit la tête du rideau.

« Oh, Mademoiselle Saria. Déjà fini ? »

« Oui, fini ! »

« Bien. Alors… »

Le mouton frappa dans ses mains, et le rideau disparut instantanément.

Quand il fut retiré, apparut Saria, vêtue d'une robe blanche pure.

« Seiichi… comment je suis ? Ça me va ? »

« Eh ? Ah, oui… »

Je ne pus répondre sur le coup à la question de Saria.

Autant la Saria d'à présent allait parfaitement avec cette tenue.

Ses cheveux cramoisis ressortaient magnifiquement sur la robe blanche.

« Ehehe. Je suis contente ! »

« …… »

Yabai, Saria est mignonne. …Pardon pour le couple.

« C'est vrai. C'est dégoûtant… »

« Choisis un peu tes mots !? »

Ce mouton n'a aucune pitié… Pour la lecture de pensées, j'ai déjà abandonné les tsukkomi. Fatigué.

« Bon, les récompenses sont données, on va vous transférer. »

« Moi, c'est forcé, ceci dit. »

« Alors, je vous transfère. »

« Tu m'écoutes même pas jusqu'au bout !? »

Même si je disais ça, le mouton n'avait pas l'air d'écouter, ignorant mes mots pour préparer le transfert.

« Bah, les plaintes, on en reparlera si on se revoit. »

« T'as dit toi-même que la vraie conquête est difficile ! Et moi, je veux plus jamais te revoir ! »

« C'est bon. Je comprends vos sentiments. Vous m'aimez, non ? »

« Laisse-moi te mettre une bonne fois ! »

« Oh, le transfert commence. »

« Ha !? Cho―――― »

Au dernier mot du mouton, je ne pus même pas le frapper, englouti par le transfert.

Mon corps était déjà devenu particules de lumière, sur le point de disparaître.

Alors que je m'évanouissais complètement, je hurlai une dernière fois :

« T'emmerde… rappelle-toi jusqu'à la prochaine foisoooooo ! »

« Mouton, bye-bye~ ! »

« Oui, au revoir. »

Ainsi, Saria et moi fûmes transférés hors de la [Forêt de l'Amour Triste Sans Fin] avec une facilité déconcertante.

La dernière réplique faisait petit voyou ? …C'est moi qui le sais le mieux !

***)

« Ils sont partis… »

Moi, Mouton, venais de raccompagner les deux, et je murmurai.

« Cependant… "T'emmerde… rappelle-toi jusqu'à la prochaine foisoooooo !", hein. »

Je répétai les derniers mots de Seiichi-sama, et mes joues se détendirent malgré moi.

« "Jusqu'à la prochaine fois"… Seiichi-sama compte bien me revoir. »

Pourtant, j'ai dit que c'était difficile…

Mais pour moi, qui n'ai pas conversé avec des gens depuis des lustres, ces mots furent une grande joie.

« Fufu. Cela dit, "T'emmerde"… Je ne suis pas une chèvre, mais un mouton. »

Ce n'est pas ça le problème ? Peu importe. J'adore penser à des trucs sans rapport n'importe comment.

« Bon, ce donjon va bientôt disparaître… j'attendrai qu'un nouveau se forme. »

Et ensuite ———

« J'attends, hein ? Seiichi-sama. »

En murmurant une dernière fois le nom de l'amusant bonhomme que je venais de raccompagner, je quittai les lieux.

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