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The Fruit of Evolution

Chapitre 100

The Fruit of EvolutionThe Fruit of Evolution
Chapitre 100

Chapitre 100

Chapitre 100/11488%~16 min de lecture3 024 mots

« Seiichi »

« Hmm ? »

Après qu'il eut été décidé que tout le monde rentrerait dans le monde des humains, mon père me fixa d'une expression sérieuse.

« J'ai une chose à te dire, Seiichi. Arrête avec ce genre de choses, d'accord ? »

« Hein ? »

Je penchai la tête face aux mots de mon père.

« Disons, par exemple, qu'il y a quelqu'un qui a vécu pleinement sa vie, est mort satisfait de son existence. Penses-tu que le ressusciter soit une bonne chose ? »

« C'est… »

Alors que je restais sans voix, mon père me caressa doucement la tête.

« Il existe le terme "profanation des morts", non ? Tes actions s'en approchent. Bien sûr, je ne pense pas une seule seconde que tu traites la vie à la légère. Mais la vie, c'est quelque chose qui s'éteint naturellement. Et les morts ne reviennent jamais à la vie. Grave-le bien dans ta tête. »

« … »

« Certes, il arrive qu'on meure sans avoir achevé sa vie. La maladie, parfois on peut la soigner, parfois non, c'est aussi ça le destin, sans doute. Mais pour le reste… si un être cher meurt emporté par un accident ou un incident, que penses-tu qu'il faille faire ? Réfléchis-y en te rappelant mes mots. »

Cette impression, c'est la même que quand mon père me gronde.

Lui, il ne crie pas, il fait réfléchir.

Et là, il veut sûrement me dire de ne pas les ressusciter.

Alors…

« …Empêcher les accidents et les incidents d'arriver ? »

« Exact. Si on peut les prévenir, c'est la meilleure solution. Mais alors, comment faire pour ne pas subir d'accident ni d'incident ? »

« Heu… »

Même moi, je ne sais pas.

Rester constamment sur ses gardes ? Lire l'ambiance ?

Mais quoi qu'on fasse, empêcher parfaitement les accidents et les incidents, c'est impossible.

C'est trop vague, au final je n'ai pas compris.

Mon père trancha alors net.

« C'est simple. Il suffit que tu les protèges. »

« Hein ? »

« Moi je n'ai pas pu, mais puisque t'es né homme, faut bien que tu deviennes capable de protéger les gens qui comptent. »

« …Ça répond à la question, ça ? »

Vraiment, mon père…

C'est grâce à des parents qui me guidaient avec douceur comme ça que j'ai pu tenir bon.

« J'ai dit plein de trucs, mais ce que ton père voulait te dire, c'est que la "mort" n'est pas une chose mauvaise. Pas seulement pour ça d'ailleurs : ne te fie pas à l'impression que donnent les mots, réfléchis par toi-même. »

« …Oui. »

Pendant que je parlais ainsi avec mon père, Zeanos s'approcha.

« Sei-dono. Une chose pareille ne se reproduira probablement plus. »

« Zeanos-san. Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« J'ai compris en le vivant : il semble que nous ayons été influencés par ton corps, Seiichi-dono… par ton corps de vivant, et que nos corps de morts se soient transformés en corps de vivants, nous permettant de revivre. C'est une espèce de tour de force rendue possible parce que nous sommes dans le Meikai, où les morts conservent leur conscience… Dans le monde d'origine, même si quelqu'un meurt, la même méthode ne permettrait pas de le ressusciter. Une fois mort, la conscience part vers le Meikai… Refaire la même chose sera quasi impossible. »

« …C'est exact… Suite à cette affaire, j'ai aussi durci les restrictions d'accès au Meikai… Apparemment, moi aussi j'ai subi l'influence de Seiichi-san… Des choses qui étaient impossibles avant sont devenues possibles… Les restrictions d'accès en font partie… Les humains pas encore morts ne pourront plus passer, ni par la magie de transfert, ni par la porte qui se trouve à l'extrémité ouest du monde des humains… »

Le Meikai exprima son accord avec les mots de Zeanos.

Hein, moi qui influence jusqu'au Meikai, c'est quoi ? Je n'y comprends plus rien.

En tout cas, j'ai bien saisi qu'un truc comme ça, c'est une fois et c'est tout.

…Bon, je savais que mes parents étaient morts, et je comprenais que je disais n'importe quoi.

Je savais qu'ils ne pouvaient pas rentrer comme moi.

Mais avoir passé du temps avec eux, ça m'empêchait d'accepter qu'ils soient morts.

À tête reposée, je me dis que j'ai vraiment hurlé n'importe quoi, ceci dit…

Mais moi, j'ai pu les revoir, les toucher… et ressentir cette chaleur que je croyais ne plus jamais sentir.

Et puis, les perdre à nouveau sous mes yeux sans pouvoir rien faire… ça seul, je ne pouvais pas le supporter.

Mon corps seul part dans des directions imprévues… mais mon mental, lui, n'a pas grandi d'un millimètre. C'est pathétique, mais c'est comme ça.

« En plus, moi personnellement, j'ai été purement et simplement content de revivre. »

« Ah, c'est vrai ? »

Zeanos me dit qu'il était sincèrement heureux d'avoir revécu.

« Certains y verront une profanation des morts. Mais moi, je voulais vivre. Je voulais continuer à vivre… avec Marie, qui est ici. »

« Zeanos-sama… »

« Je pense que l'arrogance est des deux côtés. Si ressusciter les morts est arrogant, parler à leur place en prétendant connaître leurs sentiments l'est tout autant. Enfin, c'est mon opinion personnelle, n'y prête pas attention. »

« Haa… »

Mon père et Zeanos ont une conversation compliquée, moi je ne pige pas. Ils pourraient pas faire plus simple ? …Ah, c'est moi qui suis bête.

« Allez, c'est bon ! Arrêtez les trucs compliqués ! Regarde, Seiichi-kun il est tout figé ! »

« Ah, c'est visible !? »

« Évidemment, t'as ça écrit en gros sur le visage. »

Je suis foutu, moi.

Je ris pour détourner l'attention et je pose la question qui me turlupine au Meikai.

« Au fait, t'as dit avoir créé un gardien de porte, il est déjà en poste ? »

« …Non… Je viens à peine de le créer… Il est justement près de vous en ce moment… »

« Près de moi ? »

Je me retourne sur un coup de tête, et là se dresse une statue de Kongōrikishi comme on en voit dans les manuels d'histoire du Japon, en pleine pose d'écartement latéral de bodybuilding. Depuis quand !? Et puis le visage fait peur mais la pose est ridicule ! En plus le personnage est déjà pris ! Gassul suffit pour le quota muscle !

Tandis que je suis surpris par l'apparition soudaine de la statue, mes parents brillent des yeux.

« Sei-san, Sei-san ! C'est une statue de Kongōrikishi ! »

« Oh ! C'est vrai ! On aurait jamais cru en voir une ici, pas sur Terre ! »

« Photo ! Faisons une photo ! »

« Alors smartphone smartphone… ah mince, j'en ai pas… »

« Quoi !? Seiichi ! T'as pas de smartphone !? »

« On est en mode touriste tout d'un coup !? Non, j'en ai un, mais ! »

Ouais, j'en ai un… J'aimerais dire que le fantasy-break, ça va bien un moment. Mais c'est moi qui le fais.

Ceci dit, c'est un smartphone apparu par la magie "Instant Farm", donc l'appareil photo, quand même…

« …Il y en a un. »

T'es prêt ! Moi je suis surpris !

Tandis que je m'étonne de la présence de la caméra, ma mère, toute excitée, dit à mon père :

« Allez ! Sei-san, on prend une photo ensemble ! »

« Ouais. Viens, Seiichi. »

« Heu ? Ah, oui. »

C'est vraiment bien de faire ça ? Je jette un œil à Zeanos et aux autres, et ils nous regardent avec une bienveillance un peu moqueuse. Mince, trop la honte.

Pendant que je rougis de gêne, mes parents s'en fichent et m'attrapent les bras pour me placer entre eux.

Ma mère me parle alors d'une voix douce.

« …Sans qu'on s'en rende compte, tu es devenu si grand… »

« …Ouai. Tu dépasses ton père maintenant… »

Leurs regards me chatouillent encore, je cache ma gêne en haussant la voix.

« Al-alors ! Faut pas faire trop attendre Zeanos et les autres ! On la prend ! »

« C'est vrai. »

Les visages de mes parents se rapprochent du mien.

Je n'ai jamais fait de selfie, je ne sais pas trop comment faire, mais je bidouille tant bien que mal…

« Souriez, souriez ! »

« T'as la gueule raide. »

Pendant qu'ils me disent ça, je prends une photo.

« Oui, fromage ! »

À l'instant où je le dis, la statue de Kongōrikishi sourit elle aussi, et fait un double V de la main derrière nous pour apparaître sur la photo.

Hé, vous en faites pas trop !? La dignité du gardien, elle est où !?

Une fois la photo prise, la statue reprend calmement sa pose de bodybuilding comme si de rien n'était.

« Seiichi, c'est bon ? »

« Heu ? Ah… »

Avant que je ne dise quoi que ce soit, on me prend le smartphone, et mes parents vérifient la photo.

Bon, forcément, voir cette statue impressionnante faire un V, ça surprend.

« Ouais, belle photo ! »

« Vrai. Le Kongōrikishi a l'air de s'amuser ! »

« Il est pas surpris, lui ! »

Au contraire, ils acceptent ça comme allant de soi ! Mes parents sont forts ! Moi j'aurais pas pu ! Bon, vu qu'ils proposent de faire du tourisme au Meikai pour prendre des photos, c'était prévisible.

Tandis que je suis encore une fois sidéré par le côté déjanté de mes parents, le Meikai nous interpelle.

« …Ça va ?… »

« Ah, oui. Désolé. »

« …Non… Ne vous en faites pas… C'est la première fois que je vois quelqu'un prendre des photos au Meikai… »

C'est sûr. Comme spot touristique, c'est trop dangereux. Vu qu'on est morts.

« …Alors, je vais bientôt vous transférer vers le monde des humains… Le lieu de transfert sera celui où Seiichi-sama se trouvait avant de venir ici… »

Donc, l'arène de l'Académie de Magie de Barbador.

…Vu ce qui s'est passé, y a personne à l'arène, donc on pourra apparaître sans que personne ne s'étonne.

« Compris. »

« …Alors, je lance le transfert… Seiichi-sama… Cette fois, vraiment, merci beaucoup… »

« …C'est moi qui te remercie. »

Un cercle de transfert se déploie sous nos pieds.

Et le Meikai dit en dernier :

« …Que l'avenir vous soit favorable… Revenez jouer quand vous voulez… »

« Le Meikai, c'est pas un endroit où on vient jouer comme ça, hein !? »

Moi qui me fais inviter comme ça à la toute fin, je suis transféré avec mes parents.

***

« …On est… revenus… ? »

Après l'activation du transfert, ce qui saute aux yeux, c'est bien l'arène de l'Académie de Magie de Barbador.

« On a pu rentrer… »

Évidemment, l'arène est vide.

« …Au fond de moi, je n'arrivais toujours pas à y croire… mais il semble que nous ayons vraiment revécu… »

En entendant la voix de Zeanos, encore sous le choc, je me tourne vers lui, et pas seulement lui : mes parents ont la même réaction.

Et c'est là que Naturiana-san se met à pleurer.

« Ah… aa… uu… aaaa… »

« Naturiana-san !? Qu'est-ce qui se passe !? »

On se précipite vers elle.

Tandis que Liliana-san lui caresse le dos, Naturiana-san sanglote.

« Moi… c'était frustrant… »

« Hein ? »

« …Laisser derrière moi une personne précieuse… et en plus, me faire tuer sous ses yeux… »

Naturiana-san n'a pas de lien direct avec qui que ce soit ici.

Pourtant, elle est avec Zeanos et les autres, donc elle a forcément un lien quelque part avec moi.

Mais lequel… je l'ignore encore.

Même comment elle est morte…

« Je pensais ne plus jamais pouvoir la revoir… et quand j'ai cru qu'il y avait une vraie chance de la revoir… moi… »

« C'est ça… »

Pendant que Liliana-san continue de lui caresser le dos, Anna-san lui parle doucement.

« Rassure-toi. Nous, on n'est pas de cette époque… Alors, jusqu'à ce que tu puisses revoir ta personne précieuse, on t'aidera. Ça te va ? »

« Bien sûr ! C'est la meilleure chose à faire. »

« Ouais. On est des camarades revenus du Meikai, non ? Pas la peine de faire les timides. »

Abel et Galus aussi lui disent ça.

C'est vrai. J'avais oublié, mais pas seulement Abel, Zeanos et les autres non plus ne sont pas de cette époque.

Quant à mes parents, ils ne sont même pas de ce monde…

Pendant que je pense à ça, mon père prend la parole.

« Seiichi. »

« Oui ? »

« Ne vous faites pas de souci pour nous. »

« Hein ? »

Je reste coi face aux mots de mon père.

Il m'ignore et continue.

« On ne te gênera pas. Fais ce que tu veux. »

« "Ce que je veux"… mais vous, vous allez faire quoi ? »

Moi, je serais content qu'ils restent près de moi.

C'est ma mère qui me répond.

« Nous, on va vivre tranquillement quelque part. Moi, j'ai toujours voulu faire un potager. »

Elle le dit avec son rythme à elle, tranquille.

« Vivre tranquillement… mais où ? »

« Saurais-tu un bon coin, Seiichi ? »

« C'est encore moi !? Non, Zeanos et les autres connaissent mieux, non ? »

« Mon époque est différente. Et si je connaissais un si bon coin, je n'aurais pas fini comme ça de mon vivant. »

Face à cet argument implacable, je n'ai rien à répondre.

Bon, un bon coin, hein…

En y réfléchissant, un endroit me vient à l'esprit.

« …Y en a un. »

« Ah, c'est où ? »

« Le Royaume de Wimborg, la capitale Telbeil… C'est l'endroit qui m'a accueilli chaleureusement quand j'ai été largué dans ce monde sans rien comprendre. »

On peut dire que c'est ma seconde patrie.

Honnêtement, vu qu'il y a plein de pervers, c'est pas facile à recommander.

« C'est vrai ? Si Seiichi a été bien traité, on doit y aller pour remercier. »

« Ouais. »

Mes parents sourient gaiement.

« …Mais ce monde est dangereux, tu sais ? Et pourtant, je m'éloignerais de mes parents… »

Je ne veux pas les quitter parce que ce monde est incomparablement plus dangereux que la Terre. Bien sûr, le Japon n'est pas totalement sûr non plus.

Alors que je m'inquiète, Zeanos me rassure.

« Seiichi-dono. Ne pourriez-vous pas me confier vos parents ? »

« Hein ? »

« C'est ça. Moi aussi, je protégerai bien tes parents, alors sois tranquille. »

« Moi aussi… protéger… ta famille… »

En plus, Lucius-san et le Coffre au Trésor en font autant.

Non, là c'est de la surenchère ! Le premier Roi Démon et le maître du Héros qui font garde du corps, c'est quel VIP ? Le Coffre, je sais pas trop mais bon.

Je fais une grimace involontaire, et Zeanos m'explique.

« Je l'ai dit tout à l'heure, nous ne sommes pas de cette époque. C'est pour ça qu'il faut qu'on travaille. »

« Travailler ? »

« Oui, nous sommes… sans emploi. »

« Ah. »

C'est vrai.

Zeanos était peut-être duc de son vivant, mais trahi par son pays, qui a disparu, il est au même niveau qu'un sans-emploi.

« Moi aussi je suis sans-emploi. »

« Ah, alors nous aussi. »

« C'est vrai. »

« Ouais. »

« Que faire ? »

Tout le monde ici est au chômage !

Un héros et un roi démon au chômage, c'est quoi ça !? La réputation, c'est pas terrible !

Pendant que je pense ça, le Coffre au Trésor bombe le torse fièrement.

« Moi… Coffre au Trésor. Ça, c'est mon travail. Vous… sans-emploi. »

« Gueh !? »

À la réplique du Coffre, tout le monde sauf mes parents et Naturiana-san se tient la poitrine. Critique direct…

Zeanos, ayant encaissé ce dégât inattendu, se remet et propose à tous.

« H-heu. Qu'en diriez-vous ? Et si nous allions tous nous installer dans ce Telbeil ? »

« Ah, c'est pas mal ! Le proche de Naturiana-san, on pourra le chercher en partant de là. »

« Si Naturiana est d'accord, nous non plus on a pas d'objection. »

« Ouais. Y a la Guilde, on s'inscrit et on gagne de l'argent. »

« C'est ça. C'est le plus rapide. »

« Avec tout le monde ici, devenir aventurier ne posera pas de problème. »

Désolé, Ranze-san.

Vous allez avoir une sacrée bande qui s'installe chez vous. C'est moi qui l'ai proposé, mais quand même.

Je regarde au loin, et ma mère me regarde avec tendresse.

« Allez, Seiichi. On va bien. On va s'en sortir avec tout le monde. »

« Ou-oui. »

« En plus, toi t'as une personne qui t'est chère, non ? »

« Hein ? »

On a eu cette conversation ?

Au moment où je pense ça aux mots de ma mère.

« Seiichi ! »

« ! »

Peu de temps a passé, et pourtant cette voix me manque terriblement.

Juste à l'entendre, je souris… c'était la voix de quelqu'un de précieux.

Je me retourne vers la voix, et là se tient Saria, les yeux pleins de larmes mais le sourire aux lèvres.

Tandis que je la regarde bêtement, elle court vers moi et se jette dans mes bras.

« Bienvenue, Seiichi ! »

« Woah !? »

Surpris par son élan, je la reçois solidement.

« Saria ? »

« …Je savais que ça irait… mais quand même, je suis soulagée que tu sois rentré sain et sauf. »

Saria me regarde en hochant la tête.

Voyant son sourire, je la serre fort à mon tour.

« Je suis rentré, Saria. »

« Ouais ! Bienvenue ! »

Nous restons là, enlacés.

« Ah la la, ce soir ce sera riz rouge ! »

« Seiichi aussi est devenu un adulte. »

———J'avais complètement oublié mes parents.

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