De retour dans le duché Lionheart, la vie continuait à son rythme normal, les soldats patrouillaient les rues tandis que les routes étaient remplies de citoyens vaquant à leurs occupations habituelles, et au milieu de la foule, une silhouette encapuchonnée continuait de marcher parmi eux.
'On dirait que tout est encore pareil.'
En regardant la rue remplie de toutes sortes de gens allant et venant, un sentiment de bonheur inexplicable envahit mon esprit.
'C'est bon d'être de retour à la maison.'
Je ne pus m'empêcher de me sentir heureux de revenir, aussi continuai-je à marcher d'un pas tranquille en observant les éventuels changements survenus durant mon absence.
Au fil de ma marche, le décor changeait sans cesse, passant du quartier des roturiers au secteur fastueux des nobles, jusqu'à ce que j'arrive enfin devant un immense manoir gardé par plusieurs soldats.
À la vue d'une silhouette encapuchonnée s'approcher, les soldats devinrent vigilants, leur aura monta tandis qu'ils se préparaient à toute éventualité ; alors que je m'approchais, l'un d'eux prit la parole.
« Halte ! Veuillez décliner votre identité et vos intentions en vous présentant au manoir Lionheart ! »
En regardant les soldats et les passants qui observaient la scène, je ne pus m'empêcher de pouffer, et sans un mot, je lançais un jeton au garde ; il l'attrapa, y infusa son mana et l'examina.
L'instant d'après, son expression passa de la surprise à la peur, une peur qui se lit dans son regard quand il me vit ; voyant que je retirais la capuche qui masquait mon visage, des exclamations d'étonnement s'élevèrent dès que mes traits apparurent.
Et dès que le soldat vit mon visage, il n'eut plus besoin de rien d'autre ; s'inclinant profondément, il cria :
« Bienvenue au jeune maître !! »
Entendant son cri, tous les autres soldats se mirent au salut à leur tour, puis ils ouvrirent rapidement la porte pour me laisser entrer sous les yeux des spectateurs stupéfaits ; à peine avais-je franchi les grilles que les rumeurs commencèrent à courir.
« Attendez ! C'était l'enfant numéro deux dont on parle ? »
« Ouais ! J'avais entendu qu'il avait été exilé de la famille pour son manque de talent ! »
« Pas possible, j'avais ouï-dire qu'il était mort ! »
« J'avais entendu que le second enfant avait disparu !! Qui aurait cru que le jeune maître serait encore en vie !! »
Tandis que mon retour déclenchait une vague de frénésie, je marchai tranquillement vers la chambre de ma mère ; chaque fois qu'une servante me voyait, elle ne pouvait retenir un souffle.
Je leur offris à chacune un sourire et un signe de main, arrachant des rougeurs à plusieurs des plus jeunes servantes ; mon beau visage et mon aura n'étaient pas là pour rien, et tandis que j'avançais, j'aperçus une femme qui courait vers moi, inchangée par rapport à mes souvenirs.
Cheveux blonds tombant sur ses épaules, yeux verts et visage magnifique ; même après toutes ces années, elle semblait n'avoir guère plus de la fin de la vingtaine.
Même si, dans le royaume d'origine, la durée de vie n'augmente pas, on peut encore paraître jeune ; si quelqu'un veut allonger sa vie, seul le franchissement des royaumes impériaux le permet.
La femme qui courait vers moi, ma mère, m'atteignit en un instant et m'enlaça ; contrairement à avant, quand elle m'étreignait, cette fois c'était elle qui était dans mes bras, et avec un sourire heureux, j'entourai moi aussi sa taille de mes bras, trois de mes doigts dangereusement placés près de ses fesses, bien qu'elle ne parût pas s'en apercevoir.
« Je suis de retour, mère. »
Mes mots la firent sourire tandis qu'elle me serrait plus fort contre elle, ma présence et mes paroles la comblant visiblement de bonheur et de satisfaction ; nous restâmes ainsi enlacés une bonne minute avant de nous séparer.
En quittant mon étreinte, ma mère posa une main sur mon visage, le caressant.
« On dirait que mon fils a grandi pour devenir un bel homme. »
« Bien sûr, comment pourrais-je ne pas l'être avec une mère aussi belle ? »
« On dirait que tu es devenu assez bavard, toi. »
Mes compliments firent naître un sourire sur son visage, mais il fut vite remplacé par une expression courroucée, et l'instant d'après, l'une de mes oreilles était tirée.
« Humph, tu rentres enfin à la maison, te rends-tu compte à quel point j'ai été inquiète ? Si ce n'était pas pour le fait que tu as gardé le contact avec moi, j'aurais depuis longtemps mené une armée pour te ramener de force. »
« Aïe... aïe... mère, je suis désolé, arrête de me pincer l'oreille devant tout le monde. »
'Alors là, c'est quoi ce truc avec toutes ces femmes qui me pincent les oreilles ?'
« Tu crois que c'est fini ? Viens avec moi, on dirait que je dois te donner une leçon de savoir-vivre. »
Sur ce, ma mère m'entraîna vers sa chambre et me bombarde de questions sur mon état, si j'étais blessé, si j'avais faim, et bien d'autres encore.
Je dus passer au moins une heure à lui parler pour la calmer ; ce ne fut qu'une fois satisfaite qu'elle me laissa un peu d'espace.
Actuellement, nous étions dans son bureau, tous deux assis sur un canapé ; je m'étais allongé sur ses genoux tandis qu'elle me les offrait en oreiller, je gisis sur le dos, face vers l'avant.
Ma mère me regardait en me caressant la tête avec tendresse et amour ; ses genoux étaient d'une douceur incroyable, et contempler son beau visage était un vrai régal.
« Je suis heureuse que tu sois de retour, mon fils. »
« Moi aussi, je suis heureux d'être de retour à la maison. »
En disant cela, je fermai les yeux tandis qu'un sommeil profond s'emparait de moi.