Le temps semblait s'être figé dans la pièce tandis que Clara poursuivait son soin, sa main toujours posée sur le front de Krisly alors qu'elle continuait de soigner l'âme de cette dernière. La couleur de la peau de Krisly devint de plus en plus pâle, pourtant son expression ne reflétait que du confort, et c'était la seule chose qui maintenait le calme de Nathalia.
« Ne t'inquiète pas, il ne lui arrivera rien. Clara est très douée dans ce qu'elle fait, tout comme toi. »
La mention de mes mots, accompagnée d'une petite tape sur la tête, ramena l'attention de Nathalia vers moi. Ses yeux fondirent de bonheur au contact familier, tandis que la belle rougeur qui envahit son visage avait un air à la fois mignon et sexy, son esprit entier semblant oublier Krisly pour se concentrer uniquement sur moi. Par instinct, elle enroula une mèche de cheveux autour de son doigt en parlant.
« Hum, moi aussi je lui fais confiance. »
Ses mots me firent sourire tandis que je m'asseyais sur l'un des canapés de la pièce. Mon regard invita Nathalia, qui vint s'asseoir à mes côtés. L'amour qu'elle me porte balaya sans effort toute la tension liée à son amie pour la remplacer par celle de sa timidité, maintenant qu'elle était assise si près. Ses yeux semblèrent croiser les miens avec hésitation alors qu'elle demandait :
« Hum, Austin, tu as du temps libre dans les semaines qui viennent ? »
'Et voilà, cette question.'
Je réfléchis mais ne répondis pas directement à Nathalia, affichant un air pensif avant de prendre la parole.
« J'aurai peut-être un peu de temps dans les semaines à venir. Pourquoi, qu'est-ce qu'il y a ? »
Ma question fit naître un léger sourire sur le visage de Nathalia, immédiatement suivi par une vive rougeur qui lui monta aux joues tandis qu'elle demandait avec hésitation :
« Euh... est-ce que tu peux alors libérer du temps pour moi ? »
La question fut posée avec toute la volonté dont Nathalia était capable, ses yeux se plissant, ses lèvres formant une petite moue, ses doigts s'entortillant les uns dans les autres, tandis qu'elle semblait se recroqueviller sur place, tout cela pointant vers une scène de confession, d'une mignonnerie évidente, mais le dense que je suis ne peut pas simplement sauter à cette conclusion, si ?
« Bien sûr, je peux libérer du temps pour une charmante junior, mais c'est pour quoi faire ? »
Cette assurance soudaine de ma part fit éclater de bonheur son visage, son corps se détendit, ses yeux s'écarquillèrent d'étonnement et de joie, me regardant avec des pupilles brillantes. Tandis que la suite de mes mots provoqua une nouvelle rougeur, teintée cette fois d'embarras.
'Mince, elle est comme un livre ouvert.'
Pendant que je pensais ça, Nathalia repris son air timide et hésitant, baissant les yeux vers ses genoux, ses mains recommençant à s'agiter, et elle se mit même à frotter un peu ses jambes l'une contre l'autre sur le sol. Par la volonté des dieux, même le trou noir le plus dense pourrait voir qu'elle m'aime bien, mais qui suis-je ? Je suis quelqu'un d'encore plus dense qu'un trou noir, donc je ne fis rien.
« Euh... c'est un secret ! »
Nathalia finit par lâcher, presque en criant, bombant sa poitrine modérément généreuse tout en me regardant avec tout le courage qu'elle put rassembler, lequel retomba illico dans sa timidité. Elle avait l'air d'un mignon lapin qui essaie de faire peur, et face à ça, je lui souris en répondant :
« D'accord, je peux attendre. »
Mais juste au moment où je disais ça, je reçus un message mental de Clara, qui utilisait le trésor que je lui avais donné.
'Austin ! Elle résiste mieux que je le pensais ! C'est de plus en plus dur !'
Ce message me fit froncer les sourcils intérieurement, tout en gardant un sourire à l'extérieur, je me tournai vers Clara, qui tenait toujours le front de Krisly. Pourtant, une quantité phénoménale de sueur la couvrait, ses mains tremblaient légèrement, son visage était pâle, et, comme moi, Nathalia la regardait aussi, les yeux écarquillés de surprise.
Et avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, j'intervins, ma voix rejoignant la sienne tandis que je demandais sur un ton pressé :
« Y a-t-il un problème ? »
À ma question, Clara hocha la tête, improvisant vite un mensonge crédible pour entamer son explication.
« Oui, il semblerait que le résidu de ton énergie survive encore d'une manière ou d'une autre dans son âme et rend le soin plus difficile pour moi. »
Tandis que ses paroles extérieures étaient celles-là, ses mots intérieurs à mon attention étaient différents.
'Son âme résiste mieux, même son mental se développe ! J'ai besoin de soutien !'
Hochant nettement la tête vers Clara, je demandai à voix haute :
« Y a-t-il quelque chose que je puisse faire ? »
Ma question amena Clara à répondre rapidement.
« Oui ! Je te connecte à la partie de l'âme qui cause tous les problèmes, et tu pourras détruire l'énergie ! »
Une fois encore, pendant qu'elle criait ça, un autre message envahit mon esprit.
'Avec la connexion, tu peux utiliser ton pouvoir brut pour détruire les parties qui résistent.'
À cela, je demandai vite :
'Combien il en reste ?'
Ce à quoi Clara répondit :
'Environ 35 %.'
Voyant ça, je parlai prestement.
« Alors je ferai tout ce que je peux pour aider. »
En disant ça, j'avançai ma main vers Clara, qui la saisit vivement, une connexion se formant instantanément entre nous, et je commençai à ressentir toutes les mêmes sensations que celles que Clara traversait en ce moment. Au sein de cette connexion, j'entendis un appel, la voix de Krisly qui hurlait.
« Comment osez-vous, salopes, essayer de me faire ça ! »
Je sentis une fine couche de lumière blanche flotter devant moi au cœur d'une obscurité immense, à mes côtés l'âme de Clara réprimant la dernière énergie combative de Krisly, qui paraissait véhémente et furieuse au possible tandis qu'elle poussait sans cesse sa propre volonté pour sortir de cette cage qui avait été construite.
« Alors ce sont tes derniers mots. »
Avec ça, je claquis des doigts, cette fois mon pouvoir au sommet du royaume Originel étant bien plus que suffisant pour apporter rapidement un soutien à Clara. Elle elimina aisément la dernière véritable volonté de Krisly, la femme en question n'étant même pas capable de résister, après quoi son vrai libre arbitre cessa d'exister totalement, ne laissant derrière elle que l'enveloppe dont nous avons besoin.
« Tout va bien ? »
Demandai-je, à quoi la forme d'âme de Clara répondit :
« C'est bon, je m'occupe du reste. »
Avec ça, la connexion se rompit, et je réapparus dans la pièce, ma main toujours tenue par Clara mais la connexion n'existant plus. Je retirai ma main de celle de Clara, et je vis Nathalia qui me regardait, inquiète, ainsi que Krisly.
« Ça va ? »
Me demanda-t-elle, à quoi je répondis avec un sourire, agitant la main en parlant.
« Ouais, je vais bien, c'était facile de se débarrasser de l'énergie. »
L'assurance de mes mots fit pousser un soupir à Nathalia, qui se recentra inquiète sur Krisly, tandis que cette fois la pression qui poussait contre Clara n'existait plus. Elle acheva donc rapidement toutes les étapes restantes, et dans la demi-heure, l'obscurité qui était entrée dans le corps de Krisly en ressortit vivement, retournant vers Clara.
Et avec ça, elle fit un pas en arrière, perdit un peu l'équilibre, mais je fus là pour la rattraper en demandant :
« Tu vas bien ? »
À cela, Clara offrit un mince sourire en répondant :
« Je vais bien. »
Et avec ça, je me tournai vers Nathalia, qui me regardait tenir Clara avec jalousie, mais qui chassa vite ce sentiment pour demander à son tour :
« Clara, tu vas bien ? »
« Je vais bien. »
Clara répondit à nouveau en désignant Krisly du doigt.
« Et elle va bien maintenant aussi. »
Alors qu'elle disait ça, nous pûmes tous voir Krisly dormir avec un léger sourire de détente sur le visage, semblant faire un bon rêve, et cela suffit amplement à faire sourire Nathalia.
Et avant qu'elle n'appelle Krill, je pris la boucle d'oreille dans le dos de Clara en lui en donnant une partie, et bien que j'aie eu l'air de lui donner une position, j'utilisai rapidement mon soin pour la remettre sur pied en une seconde.
Maintenant, elle avait l'air en pleine forme quand Krill entra dans la pièce, les yeux écarquillés en voyant sa sœur. Il se précipita pour toucher sa main, sentant sa chaleur et le calme sourire sur son visage. Krill se tourna vers Clara en parlant :
« Merci d'avoir sauvé ma sœur. »
À cela, Clara agita simplement la main en répondant :
« Je m'en fiche, c'est mon devoir de soigner, et plus que ça, c'est mon devoir de suivre l'ordre de mon maître. »
Au dernier de ses mots, Krill se tourna vers moi en parlant d'un ton bas :
« Merci pour ça et c'est sûr que tu es un bon ami pour moi. »
« On verra ça après notre combat. »
À cette mention de notre combat, Krill sourit.