« Je savais que je pouvais te faire confiance. »
En répondant cela, l'estime que j'ai pour elle a augmenté, tandis que l'obscurité grandissant en moi a reculé d'un cran, tout ce que j'ai clairement signifié à Trisa, qui a tout encaissé sans broncher, me plaçant sans doute au niveau des grands Dieux pour ma générosité et mes sacrifices.
'Jusqu'à quand survivras-tu, par contre ?'
Me suis-je demandé alors que mes deux mains enlaçaient la taille de Trisa pour la plaquer contre moi, semblant puiser son réconfort et elle, femme au cœur tendre qu'elle est, s'est blottie davantage contre moi en m'enlaçant légèrement, le réconfort que je lui envoie par ce geste la faisant m'étreindre plus fort encore.
Ainsi, nous sommes restés assis comme ça, profitant de la chaleur de l'autre comme si nous étions les deux dernières personnes au monde, un sentiment d'appartenance qu'elle ne pourrait lier qu'à moi. Nous sommes restés là, laissant le temps passer jusqu'à la demi-heure, tous les deux encore bien éveillés, mais la chaleur que je lui donnais était quelque chose dont elle devenait accro.
L'aura de vie que je marque subtilement autour de Trisa est si pure qu'elle agit comme la drogue ultime pour les elfes. Une fois dedans, elle ne pourra plus s'en détacher. Je serai comme la destination finale qu'elle voudra toujours rejoindre, cette chaleur et ce sentiment d'appartenance heureux qu'elle ne pourra trouver nulle part ailleurs.
Et en un rien de temps, son activité favorite sera de s'allonger sur mes genoux, de m'enlacer fort, et de juste rester là.
« Je n'aurais jamais cru avoir l'un de mes propres professeurs assis sur moi comme ça. »
Ai-je soudainement dit, arrachant un léger sourire à Trisa.
« Je peux dire la même chose. »
A-t-elle répondu en bougeant légèrement dans sa position assise, ce à quoi j'ai répliqué.
« Où sont les toilettes ici ? J'aimerais faire un petit tour. »
Mes mots n'ont fait qu'amuser davantage Trisa, qui est sortie de mon étreinte avec une réticence extrême, je veux dire *extrême*, pour répondre.
« Juste au bout du couloir. »
« Merci. »
Disant cela, je me suis levé et j'ai commencé à m'éloigner, mais pas avant de déposer un baiser léger, chargé de nombreux sentiments, sur la joue de Trisa, ce qui l'a fait rougir violemment tandis que ses mignonnes oreilles tremblaient de haut en bas, la laissant dans cet état, je suis sorti de la pièce où les serviteurs vaquaient, ma question légère me menant aisément vers les toilettes.
'C'est l'heure de commencer ça.'
Pour que Trisa ne tombe pas dans le moindre soupçon à mon égard, c'est l'action que j'ai choisie, car même avec toute sa foi aveugle et son adoration pour l'église et moi, elle n'est pas idiote. On n'atteint pas son niveau de force en étant idiot.
Si on la pousse trop loin, elle peut penser par elle-même qu'il y a anguille sous roche, et pour ça, je dois écraser tout problème qui surgit dès maintenant.
Ainsi, entrant dans les toilettes, je me suis rapidement connecté à Orphée, relevant mon niveau de pouvoir au sien.
[Ding !]
[30 secondes gagnées !]
Avec ça en main, je n'ai même pas attendu un instant, ma présence disparaissant des toilettes pour réapparaître dans la pièce où Trisa m'attendait, les yeux fixés sur la porte. L'instant où je suis apparu dans la pièce, la pression divine complète et ma présence ont jailli, mettant Trisa à genoux sur-le-champ.
J'ai même activé le marquage intérieur de vie en elle qui ne s'illumine intensément que quand elle prie Orphée ou est près de moi. Puis j'y ai ajouté le pouvoir divin.
Avec son esprit, il ne lui a pas fallu longtemps pour comprendre ce qui se passait, mais je ne l'ai même pas laissée ouvrir la bouche que ma voix, sur un modèle féminin très semblable à Orphée, a commencé à remplir l'esprit de Trisa, emplie de puissance et de force divines.
'Mon enfant semble t'avoir prise en affection, ton âme pure aidant à tenir l'obscurité en lui à distance. Aussi, je t'ai bénie pour que tu ressentes tout ce qu'il peut, et désormais ton âme et ta vie ne vivront que pour le faire avancer sur le chemin de la lumière. Je t'ai connectée à lui de toutes les façons possibles.
Ne le lui dis pas, sois juste la lumière de sa vie, continue à le soutenir jusqu'à ce que sa vie d'héros soit complète, et même après, sois à lui et sois sa lumière...'
À la fin de mes mots, Trisa s'est effondrée au sol, le sang coulant de tous ses orifices, sa vie ne tenant plus qu'à un fil d'avoir entendu la voix divine de la déesse Orphée directement dans son esprit sans être une sainte ou une élue. Bon, disons qu'il fallait au moins aller jusque-là pour lui prouver que tout ce qui se passe est vrai.
Et ainsi, alors que ses yeux commençaient à se fermer, je lui ai fait voir l'illusion d'Orphée complètement cachée derrière une brume blanche dans ses yeux alors qu'ils se fermaient complètement. Et ainsi, alors qu'elle perdait connaissance, j'ai agité la main et l'ai ramenée à pleine santé, la rendant parfaite. Puis j'ai disparu de la pièce, réapparaissant aux toilettes.
'C'est la deuxième fois que je tue presque cette femme.'
Me lavant les mains, j'ai commencé à retourner vers la pièce, la gouvernante attendant dehors, à qui j'ai souri avant d'entrer. Mon regard est tombé sur Trisa évanouie dans la pièce. Quand j'ai monté ma mise en scène, j'ai veillé à ne rien laisser filtrer, pour les autres, rien ne s'est passé.
Mais pour cette croyante, sa Déesse est descendue et lui a donné un décret divin, et toute souffrance qu'elle traversera désormais sera le cadeau qu'elle devra surmonter pour être ma lumière.
Ainsi je l'ai relevée avec grâce et porté jusqu'au fauteuil, m'asseyant j'ai posé Trisa tendrement sur mes genoux alors que je commençais à jouer lentement avec ses cheveux. Désormais, elle subira beaucoup d'attaques mentales mais au bout du compte, je m'assurerai de lui donner la vie la plus belle et la plus épanouissante qui soit. Ça n'arrange rien, mais ça apaise un peu mon cœur.
'Parce que comme toujours, la force parle et en ce moment Trisa est la pièce la plus importante dont j'ai besoin pour gérer l'autre protagoniste elfe. Trisa sera la clé principale que je lierai pour placer le protagoniste elfe comme le prochain désastre, tout comme je le ferai avec les autres. Parce qu'au final, c'était toujours eux ou moi.'
Et même avec tous les dieux puissants qui m'aiment maintenant, je ne vais pas défier le système qui peut me garder caché et m'aider à tirer avantage des Dieux, du moins pas avant de trouver plus d'informations et de comprendre que je peux affronter le système. Mais ce chemin est encore long.
'Mais même alors, j'aurais crévé comme un chien sans le système.'
Peu importe combien je maudis ma situation et dis qu'elle est lourde et tout, je sais au fond de moi que j'adore la situation actuelle. J'aime cette vie que je vis en ce moment et c'est ce qui parfois me fait me maudire, me faisant parfois désespérer du fait que je suis une personne vraiment horrible au fond.
Si ce n'était pas pour la menace et les dons du système, je n'aurais pas travaillé aussi dur et ironiquement je n'aurais pas atteint la situation actuelle, celle de pouvoir, de force, de puissance et de popularité. Si je n'avais pas eu cette drive, j'aurais vécu une vie assez normale et ce aurait été mon plus grand regret.
Dans cet endroit où avec la force on peut vous manipuler comme un jouet, j'aurais été un jouet, juste comme Trisa l'est en ce moment, ce qui me fait peur parce qu'en un sens, ne suis-je pas un jouet en ce moment ? Un que je sens le système pouvoir briser à tout moment.
'Pourtant j'aime toujours ça...'
J'ai fini par comprendre que j'aime ce pouvoir, cette manipulation et ces jeux, et peu importe combien je le nie, je dois accepter le fait que je suis un monstre.
Et puis trouver un moyen de vivre avec tout ça.