« Enfin, ce salaud est parti ! »
Voyant que j'avais quelques minutes de répit, je m'allongeai sur le sol pendant une minute environ avant de me relever, même si toutes mes blessures étaient guéries, mon corps avait encore besoin de repos.
Me relevant, je me dirigeai vers Éléonore qui était actuellement assise dans la barrière que j'avais créée, je devais la placer correctement pour qu'elle puisse voir mon combat.
Même maintenant, elle est incapable de bouger son corps, c'est ce qui est si dégoûtant avec l'aiguille rectale empoisonnée, sa paralysie durerait environ une semaine et il n'y a pas d'antidote non plus.
Il faut attendre naturellement environ une semaine avant d'aller mieux, la seule chose qui n'inquiète pas est le fait que le poison ne fonctionne que sur le niveau d'origine 5 ou en dessous, si Éléonore avait sa puissance d'origine, cela ne serait pas arrivé.
En m'approchant d'elle, je pus la voir me regarder, ses yeux me scrutaient de la tête aux pieds, cherchant la moindre blessure, je ne pus que sourire et lui faire signe de la main, quand je l'atteignis, je dissipai la barrière, mais avant que je puisse parler, Éléonore prit les devants.
« Je suis désolée. »
En disant cela, des larmes commencèrent à couler de ses yeux, je n'avais jamais, je veux dire JAMAIS vu verser la moindre larme et maintenant elle le faisait, avant que je ne puisse même demander, elle commença déjà à répondre.
« À c-cause de m-moi, tu as dû dilapider ton p-potentiel, à c-cause de m-m-moiiii. »
Plus je l'entendais parler, plus je devenais confus, il me fallut un moment avant de comprendre ce qui s'était passé et quand je compris, je restai sans voix, il semble qu'elle ait mal interprété ma poussée de force comme une technique interdite.
Elle croyait que j'avais utilisé une technique pour puiser dans mon potentiel afin de gagner plus de puissance, réduisant ainsi mon potentiel, j'allais la contredire quand ça me frappa.
'Attends ?'
'Pourquoi devrais-je lever le malentendu ? Je pourrais en tirer parti.'
Arborant un sourire « amer », comme pour cacher ma douleur mais sans y parvenir, je m'agenouillai devant Éléonore, pris sa main et me mis face à elle, de l'autre main j'essuyai ses larmes.
« Pourquoi pleures-tu, maître ? Comment ma grande maîtresse que je respecte et admire de tout mon cœur pourrait-elle pleurer ? »
« Pourquoi ? »
Cette fois, Éléonore répondit, elle ne comprenait pas, pourquoi ?, pourquoi allait-il si loin, pour elle qui avait travaillé seule pour avoir un tel soutien, elle ne pouvait pas retenir sa culpabilité, elle, la maîtresse, avait causé le potentiel de son disciple.
« Pourquoi n'as-tu pas fui, tu aurais pu survivre plus facilement..... pourquoi. Ne t'ai-je pas dit de fuir ? »
Je « souris » à ses mots en tenant son visage, je la regardai droit dans les yeux.
« Pourquoi ? »
« C'est en fait assez simple, c'est parce que je t'aime, Éléonore. »
Mes mots étaient doux mais dans ce monde silencieux, ce fut un tonnerre qui retentit aux oreilles d'Éléonore, pendant un instant elle ne put répondre, elle était totalement sonnée.
« Tu veux dire en tant que maîtresse, c-c'est ça ? »
C'était la première fois que j'appelais Éléonore directement par son prénom au lieu de maîtresse ou maître, c'était la première fois qu'une chose pareille arrivait, elle qui était une impériale réputée avait de nombreux prétendants qui la courtisaient.
Quand elle était devenue célèbre et que sa beauté s'était répandue, plusieurs hommes avaient voulu demander sa main en mariage, mais elle n'avait prêté attention à aucun d'eux.
Elle qui avait atteint sa position seule, à cause des difficultés qu'elle avait rencontrées pour grandir, elle avait une méfiance énorme envers les autres, surtout les hommes, peu importe la sincérité que les autres lui montraient, elle restait silencieuse.
Ainsi le temps passa et elle resta célibataire, elle n'avait jamais pu se résoudre à faire confiance à qui que ce soit, elle savait que c'était un problème mais elle ne pouvait pas le résoudre, même parmi les autres impériaux elle n'était pas indulgente.
Le temps passa et le sentiment de solitude s'installa dans sa vie, c'est alors qu'elle songea à prendre un disciple pour combler ce vide, c'est alors qu'elle avait rencontré Austin, un garçon qui ne cessait de clamer qu'il serait comme elle.
C'est à partir de là qu'elle trouva un exutoire pour fournir son « amour », il avait comblé le trou laissé dans sa vie, alors elle avait juré de le protéger quoi qu'il arrive, pour elle, son disciple avait toujours raison.
Elle ne l'avait vu que comme un enfant mais là, maintenant, quand cet enfant s'était battu sans hésiter pour sauver sa vie, quand il n'avait pas hésité à sacrifier son potentiel pour elle, même après avoir gagné, la première chose qu'il fit fut de s'inquiéter pour elle.
Et là, tout ensanglanté, il s'agenouilla devant elle et avoua ses sentiments, pendant un instant son cœur se mit à battre plus fort et son corps s'échauffa, c'était la première fois que cela arrivait alors elle ne sut pas quoi faire.
Voyant l'apparence embarrassée d'Éléonore, j'avais vraiment envie de rire mais je me retins, arborant un sourire taquin, je secouai la tête, puis je pris une de ses mains et mis l'expression la plus sérieuse que je pus.
« La première fois que je t'ai vue, Éléonore, j'étais enfant et j'étais en admiration devant toi, je t'ai toujours admirée et j'ai toujours aimé l'arc. »
« Puis par un coup de chance... »
'que j'ai manipulé'
« ...tu es devenue ma maîtresse, tu ne sais pas à quel point j'étais heureux à ce moment-là, je n'ai pas pu dormir pendant des jours. »
'parce que je voulais devenir plus fort'
« Peu à peu, plus je passais de temps avec toi, plus j'envenimais pour toi, au début je pensais que c'était mal et je voulais le réprimer mais quand j'ai passé du temps loin de toi, il n'y avait pas un instant où je ne pensais pas à toi. »
« Alors j'ai décidé que quoi qu'il arrive dans le futur, je te ferais mienne. »