J'acquiesçai en direction de Zora, puis tournai le regard vers Mark, qui me fixait de son habituel regard froid. Ce type parle à peine à qui que ce soit, sauf à sa sœur, et ne se soucie de personne d'autre que d'elle et de moi. Je lui fis un signe de tête en prenant la parole.
« Bon travail, Mark, tu as bien fait. »
Pas de réponse, mais Mark hocha la tête. Je balayai du regard tous les autres autour de moi avant de parler.
« Qui aurait cru que les gamins que j'ai ramassés grandiraient comme ça ? Je suis heureux de voir que vous allez tous bien et que vous êtes devenus puissants. »
Ma voix était celle d'un père fier qui regarde ses petits grandir. En m'entendant, chacun plongea dans ses pensées. Ils savaient tous que sans moi, leur vie aurait été un enfer ; la plupart seraient probablement morts sans mon aide, et pour cela, ils me seraient éternellement reconnaissants.
« Wahou ! Austin, tu fais dans le sentimental maintenant ? »
Rina parla avec un large sourire. C'était une fille insouciante qui disait ce qu'elle pensait. À ses mots, je secouai la tête.
« Non, je suis juste content que vous alliez tous bien. En plus, je voulais juste vous prévenir : les jours à venir ne seront pas paisibles. »
« Ouais, j'imagine déjà le chaos qui va se déchaîner à cause de tout ça. »
Alex intervint avec un large rictus. Ce type ne vit que pour semer la zizanie.
« Patron, t'inquiète pas ! Je mettrai KO tous ceux qui voudront t'emmerder ! »
Jacob déclara en faisant saillir ses gros muscles. Assis, il avait l'air calme et détendu, mais dès qu'il évoqua la protection, une aura féroce l'entoura. Et ce n'était pas le seul : les autres appuyèrent aussi sa revendication.
« Ouais, je sais que vous le feriez, mais je ne parle pas seulement des problèmes à l'Académie, mais aussi de ceux qui arriveront bientôt de l'extérieur. »
« Oh ? Tu parles des courants montants dans ce monde ? »
À la question d'Alex, je le regardai intensément. Il semblait avoir déjà capté quelques indices. Ses paroles avaient attiré l'attention de tous ceux rassemblés autour de la table. Je restai silencieux un moment avant d'acquiescer.
« Ouais, c'est pas seulement ça. Je ressens une forme de répression de la part de mon oncle l'Empereur. J'ai le pressentiment qu'il me voit comme une menace, et maintenant, après ce que j'ai montré, je suis sûr qu'il ne restera pas les bras croisés. »
Aucune des personnes réunies ici n'est stupide. Elles saisirent vite le sens sous-jacent de mes mots. Une lueur impitoyable, teintée d'une pointe de folie, traversa chacun de leurs regards. En voyant ça, je souris.
D'ordinaire, quand on apprend que celui qu'on soutient risque d'avoir maille à partir avec l'Empereur, on panique ou on a peur. Mais aucune de ces réactions ne se lisait dans les yeux de ceux qui étaient là. Je pouvais le voir : chacun était prêt à tout pour moi.
La fois précédente où ils s'étaient agenouillés devant moi n'était pas qu'un jeu ; ils le pensaient vraiment quand ils s'étaient agenouillés. N'importe lequel d'entre eux aurait été prêt à donner sa vie pour moi. D'un point de vue normal, ils seraient tous dingues, mais c'est la vérité.
Tous ici sont un peu fous, même Emma avec son air innocent avait une pointe de folie. Tous ceux dans la pièce avaient traversé des épreuves désespérantes, ce qui les avait rendus plus imperméables à la mort. Seul un fou aurait pu les rassembler tous comme ça.
Bon, qui a dit que j'étais complètement sain d'esprit, moi ? Ricannant en moi-même, je pris la parole.
« Bon, faut pas vous monter le bourrichon pour l'instant. Ce ne sont que mes pensées, voyons comment les choses tournent. »
Après ça, nous eûmes une brève discussion sur la façon de procéder avec ma propre faction. Puisque j'ai un anneau, j'ai le droit d'en créer une. Normalement, il me faudrait bâtir une bonne image publique pour la lancer, mais avec ce que j'ai montré, je ne pense pas qu'une publicité supplémentaire soit nécessaire.
« Soupir... Qu'est-ce que je vais faire de toi, patron ? La plupart des participants que j'ai récupérés sont des filles qui rejoignent pour te connaître. »
Alex secoua la tête en tenant une pile de papiers.
« Tu sais que les filles t'appellent le prince d'argent ? On dirait que ta vie amoureuse ne sera pas ennuyeuse ici, patron, ou alors y a déjà quelqu'un dans ta vie en ce moment ? »
Bien que la façon dont Alex l'avait dit était taquine et moqueuse, une lueur de ruse profonde tourbillonnait au fond. À peine eut-il fini de parler que l'atmosphère dans la pièce devint un peu lourde. Toutes les filles dans la salle eurent un étrange scintillement dans les yeux en me regardant.
'Va te faire foutre, Alex !'
Voyant la tension monter dans la pièce, je ne pus m'empêcher de maudire ce manipulateur vicieux. J'étais sûr que si je disais avoir quelqu'un, il se passerait quelque chose de dangereux. Je souris calmement en lui répondant.
« Hein ? Une fille ? Non, pour l'instant y a personne. Je n'ai fait que courir partout pendant mes aventures, alors je n'ai pas prêté attention à ça. Peut-être que je trouverai quelqu'un qui me plaira à l'Académie. »
À ma réponse, les yeux des filles brillèrent encore plus. Toutes se regardèrent bientôt avec un air méfiant. Aucune n'était assez bête pour ne pas voir l'affection que chacune portait, et chacune était trop obstinée pour renoncer à ce qu'elle voulait.
Mais je fis comme si je ne voyais rien. Seule Clara souriait en coin, car elle connaissait mon vrai moi. En plus, je lui avais déjà parlé de certains de mes plans, et elle serait une bonne espionne pour moi, qui me rapporterait les mouvements de ces filles.