À l'origine, je comptais transporter les invités par avion.
Je ne sais pas combien coûte un avion, mais si on se concentre juste sur le déplacement, je pense que ça ira. Quand ce deviendra populaire, la famille impériale sortira presque certainement des trains aussi. Si mes impôts montent si haut, ils n'auront pas les moyens de s'en passer.
« C'est le premier parc d'attractions de ce pays. Il n'y a aucune chance qu'il échoue. »
L'avion s'éleva progressivement dans le ciel. J'appuyai mon menton sur le rebord de la fenêtre en regardant la terre se rapetisser et s'éloigner. Une fois l'excitation retombée, le vide et la fatigue prirent sa place. J'étais excitée quand je courais partout, mais maintenant que je suis immobile, je suis fatiguée ?
J'ouvris la bouche sans réfléchir.
« Je ne sais pas pourquoi je suis fatiguée ces temps-ci. »
« C'est parce que tu n'as pas assez dormi ? »
« Peut-être… Mais j'ai tellement de travail, comment veux-tu que je me repose ? »
Je ne faisais que me parler à moi-même, mais Lacius me répondit immédiatement. Je poussai un profond soupir, m'appuyai contre le rebord de la fenêtre et le regardai.
J'aime ses yeux bleu-gris qui me fixent. Lui aussi devait être occupé et fatigué, mais c'était agréable qu'il ne le laisse jamais paraître sur son visage.
« Ce ne serait pas mieux si tu t'allongeais quelques minutes ? »
« Il n'y a pas d'oreiller. Je ne peux pas dormir sans oreiller. »
« On dit aussi que les gens étendent les jambes quand ils s'allongent pour être plus à l'aise. »
La douceur de Lacius me donne envie de geindre. Je souris en moi-même, réalisant à quel point j'étais bête. Ma vie s'est vraiment améliorée, non ?
« … Je te prête. »
« Hein ? »
Des mots que j'ai dû mal entendre attirèrent mon attention. Bien sûr, j'ai dû mal entendre, alors je regardai Lacius, pour remarquer que ses oreilles rougissaient.
« Mes genoux… Je te les prête, comme ça tu pourras t'allonger confortablement. »
Hein ?
Il est vexé parce que j'ai dit qu'il n'y avait pas d'oreiller ? Il ne peut pas être embarrassé, quand même.
Pourquoi est-il si rouge ?
Je baissai les yeux sur ses cuisses fermes, l'air perplexe. Bien sûr, c'est vraiment tentant de s'allonger dessus, mais…
« Alors je l'emprunte un peu. »
« … D'accord. »
Mais, parce que je suis une personne normale qui peut ignorer sa conscience, je m'allongeai sur sa cuisse sans trop réfléchir. Lacius ne semblait pas gêné que je gigote sur sa cuisse ; ilposa simplement son coude sur le rebord de la fenêtre et regarda dehors. Néanmoins, ses oreilles étaient toujours rouges.
La rougeur se propagea même jusqu'à sa nuque avec le temps.
« Heu… Qu'est-ce qui m'arrive ? »
Mon cœur se mit à battre la chamade en le regardant. Lacius serra les lèvres et fixa la fenêtre. Je baissai aussi les yeux vers le sol, mon culot habituel aux abonnés absents. Une partie de mon cœur tremblait. J'étais à bout de souffle et tout mon corps était tendu.
« Oh, ça ne fait que continuer. Il semble que s'allonger sera inefficace. »
J'ai l'impression de devenir folle parce que je pense à Lacius. Il est difficile de respirer, et encore plus de dormir.
Mon souffle atteindra ses genoux si je respire profondément. J'en avais honte pour rien…
« »
Je devrais dire quelque chose, mais ma bouche ne s'ouvre pas. Lacius ne dit rien non plus parce que ma bouche, qui d'habitude babillait n'importe quoi, était hermétiquement close.
« Mais est-ce vraiment bien que je m'allonge comme ça ? Il n'haïssait pas le contact physique ? »
J'ai beaucoup de pensées.
La plus importante qui me vint à l'esprit fut que je ne devais pas me méprendre sur ses intentions en faisant ça. C'est juste qu'il me traite comme sa petite sœur. C'est un bon gars, alors il est juste gentil avec moi. Lacius a probablement sorti son couteau sur les autres parce que beaucoup de gens prenaient sa gentillesse pour de l'affection et le harcelaient en conséquence.
Je ne dois pas mal interpréter ça. Jamais.
« La terre est vaste, mais elle est stérile. »
Nous arrivâmes à Evershal après trois heures, qui en parurent trois minutes. L'Evershal que je vis en descendant de l'avion était désolé. Il n'y avait rien ici, au point que je me sentis bête en descendant avec mon papier et mon crayon pour essayer de dessiner quelques formes de terrain.
« Argh, je ne suis pas vraiment sûre, mais si je prévois de faire quelque chose ici, je dois choisir un terrain, non ? »
« Je crois qu'on pourrait construire une maison avec les rochers qu'on prendra ici. La pierre elle-même est d'excellente qualité. »
« Vraiment ? »
Naturellement, les bâtiments de ce monde étaient faits de bois ou de pierre. La seconde est plus solide que le premier. S'il y avait beaucoup de bons rochers, ce serait bien de les utiliser pour construire un restaurant.
J'essayai de me perdre dans mes pensées sur le travail en tapotant sur un rocher sans raison apparente.
Lacius dit abruptement en examinant le sol à quelques pas de moi.
« Mais y avait-il une raison particulière pour que ce soit Evershal ? »
« Hein ? Aucune ? »
« Ça aurait été plus rapide si tu m'avais dit que tu avais besoin de terrain pour faire quelque chose. »
« Hein ? »
Lacius attrapa une longue branche tombée à côté de moi à ma réponse. Puis il dessina une petite carte par terre, traçant grossièrement un cercle comme pour tracer une ligne de démarcation.
La branche désigna un petit cercle à l'intérieur du cercle.
« Si c'est Evershal, dit-il, alors les terres qui l'entourent sont mon territoire. »
« ……?! »
« Rweta, Hassa et Aweil, je dirige ces trois endroits qui entourent Evershal. »
tuk.
Le crayon me glissa des mains.
« Je me présente comme l'Archiduc de Schweiden par commodité, mais pour être clair, je suis l'Archiduc de Schweiden et aussi le Seigneur de Rweta, Hassa et Aweil. Oh, aussi le dirigeant de Macarten. »
« … … Macarten ? Où est-ce ? »
« C'est une ville portuaire au sud… On l'appelle communément "la terre du jeu". »
Mon Dieu. Je savais que cet homme était riche, mais je n'avais aucune idée qu'il l'était à ce point. Donc maintenant il dit que même Macao est sa terre ?
« No wonder, je me demandais d'où venaient les dix milliards si facilement. »
Je ramassai mon crayon en silence, un peu embarrassée. On ne peut vraiment pas tenir la chandelle au soleil*. Si j'avais su qu'il était aussi riche, j'aurais juste pris tout ce que je pouvais quand je lui ai dit que j'allais acheter le bâtiment.
*(Se montrer devant des gens plus intelligents ou plus puissants que soi.)
Quand je tenais et chérissais l'acte de propriété d'Evershal, j'ai dû avoir l'air d'un gamin qui se vante devant lui.
« Même pour moi, ce n'était pas une petite somme. »
« N'est-ce pas la somme qui entre et sort de la maison de jeu de Macarten en un jour ? »
« Pas tout le temps. »
« Je vois, je vois. »
Aïe, je suis jalouse. Aïe, j'ai mal au ventre*.
*(Peut aussi signifier ronger son frein face à la réussite de quelqu'un ou devenir verte de jalousie.)
Ce n'est pas à moi, mais je suis jalouse. Je poussai un soupir exagéré.
Après un moment de silence, Lacius me fit une proposition, comme pour m'apaiser.
« Si tu deviens ma femme, je te confierai sa gestion ; essaie voir. »