« Hé, chef du village ! Dis-moi ! Où est ton père !? »
« Hein ? Choregyu-san, qu'est-ce qui t'arrive, tout d'un coup ? »
Apprenant que Morirumoa-san était marié, l'amazone en quête de mari depuis des années, Choregyu-san, venue du continent démoniaque, demanda soudainement des nouvelles de mon père.
« Puisque Morirumoa n'a pas marché ! Je vais viser ton père ensuite ! Je n'ai pas pu rivaliser avec Morirumoa, mais il a la force digne de devenir mon mari ! »
« Non, c'est mon père, tu sais ? Il est marié, comme Morirumoa-san. »
« Ton père est un homme recherché, non ? Il a dû divorcer depuis longtemps ! »
« Eh bien, c'est vrai, mais… »
C'est peut-être la première fois que je rencontre quelqu'un qui veut épouser un criminel divorcé.
« Mon père a déjà la fin de la trentaine, tu sais ? »
Choregyu-san doit encore être dans la dixaine.
Les autres amazones se sont toutes mariées, donc elle doit être pressée, mais je ne pense pas qu'elle soit à un âge où il faille être aussi désespérée pour viser un homme recherché de trente ans, divorcé.
« Ça ne pose pas de problème ! Au contraire, j'aime bien les hommes un peu plus âgés ! »
« C, c'est comme ça… »
« Tant qu'il peut faire des enfants, c'est suffisant, grand frère ! »
« Ne m'appelle pas comme si faire des enfants allait de soi !? »
Un enfant né entre ce père et une amazone, rien qu'à l'imaginer, c'est terrifiant.
« Malheureusement, je ne sais pas où se trouve mon père. »
Après avoir retrouvé la raison, Morirumoa-san a disparu on ne sait quand, avec les Quatre Généraux.
En fait, lors d'une visite au village, il s'était inscrit secrètement comme villageois pour qu'on puisse le localiser, mais apparemment il n'est pas dans le territoire du village, sa position est inconnue.
Mon village s'étend déjà sur presque tout le continent, donc il est peut-être resté sur le continent démoniaque, qui est encore hors de portée.
D'ailleurs, le royaume de Certia a lancé un mandat d'arrêt contre mon père, qui a ourdi un renversement de l'État, comme grand criminel, mais c'est probablement une mesure de façade.
Ils ont compris qu'arrêter ce père et les siens est quasi impossible, et ont de facto déjà abandonné.
« Chienne, il sert à rien, celui-là ! »
« Eeeeh… »
« Ton frère, cette femme à la lance le garde solidement… »
« Elle visait Raul aussi… »
Une absence de principes qui sidère.
Honnêtement, tant qu'il est fort, n'importe qui doit faire l'affaire. Si on dit que c'est la nature des amazones, c'est bien ça.
« Aaaah ! Y a pas un homme fort quelque part !? »
Choregyu-san se tient la tête et hurle.
C'est là que.
« Luke, je te dérange ! Ah, peut-être que j'arrive pendant une visite ? »
Monmoru, de la tribu des Daimons, est venu jouer.
Comme ils partageaient le même complexe de petite taille, ils se sont bien entendus et sont devenus amis.
… Peut-être que son complexe s'est résolu en venant dans un endroit où la taille moyenne est basse, mais en tout cas, il est plein de vie chaque jour.
« Un homme ! »
« Wah, qu'est-ce que c'est !? »
Ciblé par Choregyu-san, les yeux injectés de sang en mode berserker de mariage, Monmoru recule.
« En plus, c'est un homme de la tribu des Daimons ! Bon, il est petit et a l'air faible pour un Daimon… »
« De toute façon, je suis un nain chez les Daimons ! »
« Peu importe ! S'il est fort, n'importe qui fait l'affaaaaiiiire ! »
« Hi !? »
« Monmoru, fuis ! »
Choregyu-san bondit sur Monmoru.
C'est censé être une tribu robuste, mais Monmoru est une exception.
S'il se bat contre l'amazone Choregyu-san, il va se faire rosser. Même la carrure, Choregyu-san, qui est grande, a l'avantage.
« Hoooommeeeeeee ! »
« Hop. »
« ───っ ? »
Monmoru esquive d'un mouvement léger la Choregyu-san qui fonce.
Lancée par son élan, elle se renverse au sol, roule plusieurs fois sur le plancher et s'écrase contre le mur.
« Ah, c'était dangereux… c'est quoi, cette femme dangereuse… ? »
« C'est un monstre de mariage ! Fais gaffe, elle ne s'arrêtera pas pour si peu ! »
« Monstre de mariage… ? »
« T'as du cran, toi ! Hooomme hooomme hooomme hooomme hooomme ! »
Choregyu-san fonce à nouveau sur Monmoru.
D'ailleurs, ici, c'est chez moi… faites ça au terrain d'entraînement, au moins…
« Hop hop. »
« ───っ !? »
Le coup de pied circulaire de Choregyu-san, Monmoru l'encaisse en tournant lui-même pour ne pas contrer la force, et la projette jusqu'au bout du salon.
« Hooomme hooomme hooomme hooomme hooomme hooomme hooomme hooomme ! »
« Yoisho. »
« ───っ !? »
Pour la troisième fois, Choregyu-san bondit, et encore une fois, on la retrouve projetée par Monmoru.
« D'ailleurs, Monmoru, pourquoi tu arrives à esquiver les attaques de Choregyu-san aussi facilement !? »
« Hein, moi, j'ai grandi en me faisant bousculer par des types bien plus grands et forts ? Si je ne savais pas bien annuler ou dévier la force, je me blesserais tout de suite, non ? »
Apparemment, c'est comme ça qu'il a acquis cette technique avancée, proche de l'aïkido.
« Malheureusement, je ne sais faire que de l'esquive. Avec ma force, mes attaques n'ont aucun effet. Du coup, je n'ai jamais gagné une seule bagarre. Mais je n'ai jamais perdu non plus. »
« C'est déjà incroyable !? Ne pas gagner mais ne pas perdre, c'est comme un protagoniste quelque part ! »
« C, c'est vrai… ? »
J'aimerais vraiment qu'il m'apprenne cette technique une fois.
Pendant que je m'extasie, Choregyu-san, elle, hurle.
« Arrête avec les hommes dont on ne sait pas s'ils sont forts ou faiblesses ! C'est impossible de juger !? »