Grâce au renfort de la première et de la deuxième unité, la situation fut tranchée dans la ville de Pulse et dans la capitale du royaume de Róda.
La majeure partie des démons, jugeant qu'ils ne feraient pas le poids, prit la fuite ou fut capturée.
De plus, sans doute parce que leur domination cessait de s'exercer, les monstres qui affluaient s'enfuirent à leur tour.
La première unité fut immédiatement redéployée vers le royaume de Barste, la seconde vers la république de Gobard.
Là aussi, elles balayèrent démons et monstres les uns après les autres, et la répression fut achevée en un clin d'œil.
« La capitale impériale de Kranzeel a l'air de pouvoir se débrouiller toute seule…… le problème, c'est plutôt le royaume de Molco, où la troisième unité se bat »
La capitale du grand royaume de Molco, située sur la rive sud de la Méditerranée.
Ce pays avait déjà subi l'invasion de l'empire de Kranzeel et s'était retrouvé réduit en vassal, mais cette fois‑ci, c'est un raid de la tribu des Daimons qu'il subissait.
Les Daimons, aussi appelés hommes‑démons, possèdent un corps robuste et une puissance magique élevée ; pour le dire trivialement, ce sont des démons qui constituent une version supérieure de l'humain.
Contrairement aux autres villes, il n'y avait presque pas de monstres en soutien, et l'unité ennemie ne comptait même pas cent hommes ; pourtant, ils pénétrèrent dans la ville en un instant et faillirent atteindre son cœur.
C'est alors qu'apparut la troisième unité de Balrat.
Grâce à l'acharnement de Raul, puissant renfort, la percée fulgurante des hommes‑démons fut enfin stoppée.
Toutefois, à partir de là, hommes‑démons et troisième unité s'engagèrent dans une bataille aux fortunes diverses.
Face à un groupe de démons dotés d'une grande capacité de combat, même Raul ne parvint pas à les briser aisément.
La troisième unité se soignait avec des potions tout en combattant, mais les hommes‑démons n'en avaient pas.
Pourtant, ils ne montraient ni signe d'épuisement, ni ralentissement dû aux blessures ; une résistance incroyable.
« C'est pour ça que je vous demande à tous d'aller les prêter main‑forte ! »
Néanmoins, dès que la première et la deuxième unité furent aussi envoyées, les hommes‑démons, pour vaillants qu'ils fussent, furent grandement ébranlés.
« Encore des renforts ? »
« Et costauds, en plus. »
« Repli. On ne peut pas gagner. »
Leur décision fut rapide.
Ils firent immédiatement demi‑tour et s'enfuirent en se dispersant dans tous les sens.
Ils ont sans doute choisi de se disperser délibérément.
Résultat : cela nous a fait hésiter, nous a fait perdre du temps, et a rendu la poursuite difficile.
Nous nous sommes divisés pour les traquer, mais ils utilisèrent habilement l'ombre des bâtiments pour s'échapper, et nous les perdîmes tous.
« Tch, des types qui courent vite »
« Mais cette rapidité de décision… on ne peut pas les sous‑estimer. Si on ne les juge que sur leur capacité de combat, on aura une mauvaise surprise. »
Raul claqua la langue, vexé, et Marin hocha la tête avec une pointe d'admiration.
Grâce à ma fonction de carte, je peux connaître la position des démons en temps réel, mais comme ils ne cessent de bouger, il n'est pas aisé de la transmettre par des mots.
Attendons qu'ils se cachent quelque part en ville.
« Ah, on dirait qu'ils quittent la ville elle‑même. »
Apparemment, ils décident de s'enfuir complètement de la cité pour l'instant.
Les hommes‑démons, doués de grandes capacités physiques, franchirent aisément les remparts qui protègent la ville.
« S'ils peuvent percer les remparts si facilement, ils n'ont pas besoin de se cacher en ville. »
« Pfu. Bon, ça a l'air de s'arranger. »
De retour dans ma chambre, au dernier étage du palais, je poussai un soupir de soulagement.
Que plusieurs endroits soient attaqués simultanément par des démons et des monstres ; un moment, je me suis demandé comment ça allait tourner, mais grâce aux efforts de tous, les dégâts devraient rester minimes.
Il ne reste plus qu'à interroger les démons capturés ; peut‑être saurons‑nous où se trouve le roi‑démon sur le continent magique.
Nous pourrons alors envoyer des renforts à la suite de mon père et des siens, qui ont déjà débarqué sur ce continent, en leur transmettant cette information.
« Chef de village, vous devez être fatigué. »
« Milia ? »
Sachant que j'étais rentré, Milia entra dans la pièce.
Elle apportait apparemment du thé et des friandises.
« Comment se passe la situation ? »
« Oui, on a réussi à contenir les attaques un peu partout, sans perte. »
« ……C'est bien.さすがは村長様です。 »
Milia acquiesça ; l'instant d'après :
« Vous auriez dû les achever plus tôt. »
Sa main foudroya ; ce qui jaillit fut une lame noire.
Elle s'enfonça dans mon ventre.
« Milia… ? Qu'est‑ce que tu… »
« Fufufu… ahahaha ! Quel que soit le pouvoir hors norme dont vous disposez, une fois qu'on a pénétré votre garde, vous n'avez aucune chance. Vous auriez dû garder des gardes d'élite autour de vous. »
La silhouette de Milia se brouilla comme une brume, puis se transforma en une autre personne.
Peau mate, longs cheveux argentés, yeux teintés de rouge, oreilles pointues comme celles des elfes.
C'était un démon de la race des dark‑elfes, au physique très proche des elfes.
Difficile de dire si c'est un homme ou une femme, mais probablement une femme.
« Je suis l'un des six généraux‑démons de l'armée du roi‑démon, la dark‑elfe Bibilba‑Rubarube‑Beberu‑Barurube‑Rube. »
Bibilbabarbebé… ?
Non seulement c'est long, mais les mêmes syllabes se répètent ; c'est encore plus difficile à retenir que les noms des elfes !
« Pourquoi un cadre de l'armée du roi‑démon s'en prendrait‑à moi ? »
« Je me suis infiltrée parmi les humains pour recueillir des informations. On disait qu'il existait un individu doté d'un pouvoir divin, non, du pouvoir d'un dieu lui‑même. Les monstres de la mer d'arbres que j'avais envoyés ont été balayés par ce pouvoir, n'est‑ce pas ? »
« Donc c'était l'œuvre des démons ? »
« J'espérais devancer les autres six généraux et remporter un grand exploit, mais… »