« Ouah, ça pue……
En entrant dans la pièce, une forte odeur d'alcool me frappa le nez et je ne pus m'empêcher de grimacer.
« Hé, hé, c'est la première chose que tu dis en entrant dans la chambre d'une dame ?
« Une dame n'écarte pas les jambes pour boire la bouteille en plein milieu de la journée.
Je rétorquai, ahuri.
De retour du temple au fond du lac, j'étais venu rendre visite à l'ennuyeuse locataire qui avait élu domicile dans une pièce du dernier étage du palais.
« Ma mie, te voilà toujours la même, Miranda.
C'était Emillina-san, que nous avions ramenée du temple, qui entrait dans la pièce derrière moi.
« Tss, cette voix, c'est pas… Emillina, par hasard !
À sa vue, Miranda-san fit une mine surprise.
Apparemment, elles se connaissaient vraiment de longue date.
« Vous aussi, vous avez été libérée du sceau.
« C'est toi qui le dis. Enfin, c'est encore la faute de ces gamins ? Non, y a personne d'autre capable d'un truc pareil. Toi, tu devais dormir au fond du lac. J'aurais jamais imaginé que quelqu'un puisse arriver jusque là-bas sans la moindre info.
« C'est vrai. Même après avoir entendu les détails, j'ai encore du mal à y croire.
Devant leur conversation familière, je demandai :
« Vous êtes qui, toutes les deux, et quel était votre lien ?
« Hé, hé, vouloir percer la vie privée d'une dame, t'as des goûts de chiotte, toi.
« J'ai jamais cru une seconde que c'était une dame.
Visiblement, elles n'avaient pas l'intémention de me raconter les détails.
Jusqu'ici, Miranda-san n'avait fait que noyer le poisson et refusait obstinément de révéler sa vraie nature.
En plus, pour une raison quelconque, l'Appraisal villageoise ne marchait pas sur elle.
Je ne pouvais même pas l'examiner en douce.
« Cela dit, tu t'es drôlement bien installée, dis donc ? Une vue pareille, et on te sert même à manger.
« Ah, ouais, et c'est délicieux en plus. Surtout l'alcool, y en a à volonté. J'ai bien l'intention de rester ici coûte que coûte.
J'aimerais qu'elle ne s'entête pas pour ce genre de choses.
« Emillina, pourquoi tu t'installerais pas ici, toi aussi ?
« C'est une idée… Effectivement, je n'ai nulle part où aller pour l'instant… Mais je ne voudrais pas être une gêne.
« Si vous travaillez, ça ne pose aucun problème. L'autoproclamée dame là-bas ne fait que glandouiller sans rien foutre de ses journées, alors j'aimerais bien la virer au plus vite.
« Kuku, tu le dis cash, hein.
Miranda-san rit sans la moindre gêne.
Je sais mieux que personne que lui dire quoi que ce soit ne sert à rien, mais bon.
« Alors j'accepte avec plaisir. Bien sûr, en échange, je ferai en sorte d'être utile au village.
Emillina-san avait l'air d'une personne sérieuse, tant mieux.
« Voyons… En fait, je suis plutôt douée en magie de soin. S'il y a des blessés ou des malades, je pourrai les soigner.
« De la magie de soin, hein……
« Ara ? Vous ne semblez pas très enthousiaste.
« Non, c'est bien sûr très appréciable. Juste… je me dis qu'il n'y aura peut-être pas beaucoup d'occasions de briller.
« Ah bon ? Ce village a donc une infirmerie bien fournie ? Mais ne vous en faites pas. Ma magie de soin peut guérir des blessures et des maladies que la médecine ordinaire ne peut pas soigner.
Emillina-san frappa sa poitrine avec assurance, mais…
— Quelques jours plus tard.
« Haa, je m'ennuie à mouriiiiiiiir !!
Emillina-san tenait sa tête en hurlant.
« Combien de potions ce village produit-il !? Et leurs performances sont complètement anormales, peu importe comment on y réfléchit ! Et dès qu'on entre dans cet hôpital, même une magie de soin de bas niveau guérit les patients à une vitesse incroyable… ! Surtout, les gens de ce village ne se blessent et ne tombent malades presque jamais !!
……Oui, ce village, côté soins, il est déjà plus que suffisamment pourvu.