« …… De quoi s'agit-il cette fois-ci ? »
Depuis l'affaire de la délégation de la République de Gobard, il ne s'était pas écoulé tant de temps, et pourtant me voici à nouveau convoqué par le roi.
Résigné, je me rends une fois de plus au palais royal.
« Ô Luke, pardon de te déranger encore. J'entends dire que tu t'entends bien avec Gobard depuis lors, qu'en est-il ? »
« Eh bien… Ils nous ont invités une fois, nous avons relié le chemin de fer, et il semble que divers échanges commerciaux aient déjà lieu entre marchands. »
L'accueil de touristes et de migrants a également commencé.
« Hmm. En plus des pays du désert et des trois pays de l'Est, voilà maintenant qu'on échange avec Gobard… »
Bien sûr, mon village n'a pas le monopole : chaque pays entretient des relations avec le royaume de Certia.
…… Simplement, l'ampleur est écrasante en faveur de mon village.
« Grâce à toi, notre pays a reçu de grands bienfaits. Après que la longue guerre civile eut presque coupé nos échanges avec l'étranger, nous avons récupéré la confiance à ce point en si peu de temps. »
Faire du commerce avec un pays en guerre civile comporte trop de risques, on s'en méfie.
Même une fois la guerre finie, les mouvements actifs de personnes et de biens ne reprennent pas immédiatement.
J'avais craint qu'on me gronde d'avoir lancé les échanges de ma propre initiative — j'avais obtenu une permission, mais c'était prácticamente une déclaration a posteriori —, mais on me témoigne au contraire de la gratitude.
« C'est toi, après tout. Que tu dépasses mes prévisions, j'en ai l'habitude. »
…… On a l'air de s'étonner, tout de même.
« C'est pourquoi, Luke. J'envisage d'accorder l'autonomie à ton village. »
« Hein ? L'autonomie… ? »
« Oui. Franchement, ton village qui se développe à une vitesse invraisemblable, notre pays ne peut plus le gérer. Jusqu'ici, on t'a demandé de suivre les lois du royaume de Certia, mais les cas qui n'y rentrent pas sont trop nombreux, le ministre de la Justice est perplexe. »
C'était une proposition qui allait à l'encontre total de la tentative de renforcement du pouvoir royal.
« Est-ce bien raisonnable ? Cela ne ferait-il pas mauvais effet vis-à-vis des seigneurs… ? »
« Ne t'inquiète pas, personne ne s'y opposera. La grande majorité des seigneurs ont déjà visité ton village au moins une fois, n'est-ce pas ? Quiconque n'a pas les yeux bouchés ne peut qu'acquiescer. »
Comme le dit le roi, depuis que le chemin de fer a été posé sur tout le royaume, les seigneurs de partout sont venus maintes fois inspecter le village.
« Est-ce encore un village ? Ne vaudrait-il pas mieux le reconnaître comme un territoire ? » : on l'a entendu maintes fois.
« À l'avenir, tu n'auras plus besoin de ma permission pour chaque chose. Fais comme bon te semble. »
« C'est du sacré "je te laisse tout gérer" ! »
« C'est donc réglé. Une nouvelle délégation d'un autre pays souhaite te parler, occupe-toi-en. »
Hein, encore… ?
« Je m'appelle Parma. Je viens du royaume d'Ateri. »
Le représentant qui se présenta sous le nom de Parma était un homme d'une quarantaine d'années, d'allure sérieuse.
« Le royaume d'Ateri aussi, c'est bien à l'ouest de Certia… »
Certia à l'ouest, et au nord de la République de Gobard se trouve le royaume d'Ateri.
C'est l'un des pays riverains de la Méditerranée, et il devait être nettement plus petit que Certia ou Gobard.
« Vous le connaissiez ? C'est un grand honneur. »
« Euh, que puis-je pour vous ? »
« En fait, nous souhaiterions vivement inspecter cette ville que vous avez bâtie, Luke-sama. »
« Ha, oui, ça ne pose pas de problème… »
Comme pour Gobard, nous acceptâmes d'accueillir la délégation.
Mais cela ne s'arrêta pas à ces deux pays.
Par la suite, des émissaires de divers pays se succédèrent pour demander l'inspection du village dans la lande.
Le royaume de Superu, adjacent à Ateri et lui aussi riverain de la Méditerranée.
Le royaume de Metore, voisin de Superu.
Et le petit royaume de Boan, coincé entre Superu et Metore.
Ces pays aussi nous invitèrent ou diverses choses se passèrent, et avant de s'en rendre compte, le commerce, le tourisme, l'immigration, les études à l'étranger, l'envoi de personnel, et bien d'autres échanges avaient démarré avec chacun d'eux.
« Les relations internationales progressent drôlement vite… »