Pour nous qui sommes aventuriers, c'était aussi un village merveilleux.
De la nourriture délicieuse, des lits propres, et un donjon juste devant nous, où nous pouvions gagner correctement chaque jour.
Surtout, ils nous ont fait recevoir la bénédiction et nous ont donné un Don.
Grâce à cela, nous sommes devenus incomparablement plus forts que lorsque nous sommes arrivés ici.
C'est pourquoi nous avons décidé de nous battre.
L'adversaire serait le demi-frère du chef de village Luke, mais on ne peut pas laisser détruire ce village.
Avec notre niveau actuel, si nos adversaires sont des soldats ordinaires, l'un de nous pourrait en abattre cent tout seul.
C'est ce que nous nous disions, mais――
« ...C'était d'une simplicité déconcertante, tu ne trouves pas ? Quand j'ai entendu que cinq mille soldats attaquaient, je me demandais ce qui allait arriver. »
« Ouais... »
Devant Hazena qui parlait comme si elle était soufflée, j'acquiesce involontairement.
Le général ennemi a été capturé, la bataille est finie.
De plus, c'est une victoire écrasante.
Notre groupe n'a même pas une égratignure.
« Au départ, il n'y avait même pas cinq cents soldats qui avaient réussi à arriver jusqu'ici... D'ailleurs, c'est quoi ce labyrinthe de murailles... Ce matin en me réveillant, il était apparu on ne sait quand... »
« Le chef Luke, bien sûr qu'on pensait que c'était quelqu'un d'incroyable... »
Apparemment, notre perception était erronée.
Le chef Luke, c'est complètement dingue.
***
« Ha, haha... Je suis idiote d'avoir ne serait-ce qu'un peu inquiétée... »
Du sommet de la tour de guet érigée au centre du village, j'observais tout le déroulement.
Les gardes Bazara ayant été envoyés sur le champ de bataille, ils ne sont pas à mes côtés ; ici, en dehors de moi, il n'y a que la servante de Luke-sama, Milia-sama, et très peu d'autres personnes.
Cinq mille soldats menés par Raul-sama, qui possède le Don « Technique du saint épéiste ».
Luke-sama n'en a fait aucun cas.
Bien qu'ils aient perdu la majeure partie de leurs hommes, j'ai eu un moment d'inquiétude quand ils ont percé ce labyrinthe de murailles, mais ce fut une crainte infondée.
C'est sans doute un Don de Luke-sama qui l'a créé, une douve d'eau apparue instantanément a brisé net l'élan et le moral ennemis :
« Ce grand arbre qui était dans le champ depuis le début... Ne me dis pas que c'était un Tree Dragon... »
Il s'est jeté soudain sur l'armée ennemie.
Jusqu'à posséder un tel monstre...
Finalement, les deux armées se sont heurtées, mais là encore, nous les avons écrasées.
Notre armée n'a presque pas eu de blessés, et même Bazara, qui s'était lancé dans ce combat avec la résolution de mourir, n'a fait qu'assommer un seul soldat ennemi déjà blessé.
Je le récompenserai comme il faut plus tard.
Quoi qu'il en soit, grâce à cela, moi et ma famille sommes sauvés.
Mon épouse, qui s'y opposait farouchement jusqu'au bout, devrait enfin me pardonner.
« Avant d'être exécuté, j'allais encore être tué par ma femme... »
Je perdrai sans doute mon poste d'intendant du district nord, mais cela n'a pas d'importance.
Dorénavant, je vivrai ici avec ma famille.
Je veux absolument voir comment ce village en plein développement va évoluer, aux côtés de Luke-sama.
Et si possible, je veux mettre mon expérience d'intendant à profit pour contribuer, moi aussi, au village.
***
« C'est trop n'importe quoi... »
Serius marmonna comme un gémissement.
Pour lui, la stupeur l'emportait sur la joie de la fin du combat.
Sa sœur lui avait dit de rentrer chez eux, mais il avait fini par décider de rester dans ce village.
Bien sûr, pas seulement pour observer ; selon la situation, il était prêt à se battre lui-même contre Raul.
Finalement, cette situation ne se présenta pas, et il attendit jusqu'au bout sur la tour de guet.
Mais cette tour de guet est clairement anormale.
Car quand on s'y tient, on voit distinctement les moindres aspérités de petits cailloux roulant sur le sol au loin.
C'est comme si ma vue avait été multipliée par plusieurs fois.
Du coup, le visage fier d'elle, debout sur le champ de bataille avec son arc, se voyait trop nettement, et je dus faire des efforts désespérés à maintes reprises pour détourner le regard en me disant : « Ce n'est pas le moment de faire ça ! »
« !? C'est... »
À cet instant, sa vue renforcée capta un groupe qui approchait depuis la lande.
Un groupe armé.
Des renforts ennemis, peut-être.
Mais la figure en tête, Serius la connaissait.
Non, ce n'est pas une simple connaissance.
« P-père !? »