« Oui, oui, ça se passe bien pour l'instant »
Depuis le sommet de la tour de guet, je contemplais le labyrinthe de murailles en me réjouissant que tout se déroule selon le plan.
L'armée de Raul, entrée dans le labyrinthe, bougea exactement comme nous l'avions prévu.
Pour trouver la bonne route, ils avaient détaché plusieurs unités du corps principal pour les envoyer en éclaireurs.
Dès que j'ai vu qu'ils s'engageaient dans des impasses, j'ai actionné les murailles pour les enfermer les unes après les autres.
Au final, l'armée de Raul, qui comptait initialement cinq mille hommes, s'était réduite à environ mille sans qu'on s'en rende compte.
D'ailleurs, même s'ils étaient restés à cinq mille, ils se seraient perdus maintes fois et épuisés avant d'atteindre le village, donc ce n'aurait pas été la bonne solution non plus.
« …… On finit par les plaindre, même s'ils sont nos ennemis »
« Un labyrinthe dont on peut modifier les chemins à volonté, c'est tout bonnement de la tricherie, à un point…… »
Selen et son frère Célian observaient les soldats s'agiter en tous sens, avec des yeux pleins de compassion.
« Mais je le garde résolvable en tant que labyrinthe. Et plus je les enferme, plus les routes diminuent, donc ça devrait devenir plus facile à résoudre. »
« Pourquoi es-tu si scrupuleux sur ce point-là ? »
Au passage, j'avais aussi envisagé d'utiliser des passages souterrains pour en faire un labyrinthe tridimensionnel, mais j'ai abandonné l'idée.
C'eût été tout simplement trop difficile à réaliser en si peu de temps.
« Donc tu l'aurais fait si tu avais eu le temps…… C'est déjà un donjon, ça…… »
***
« Raul-sama ! Encore une des unités d'éclaireurs a perdu le contact…… ! »
« Merde ! Qu'est-ce qui se passe, bon sang !? »
L'irritation de Raul atteignait son paroxysme.
Les rapports s'enchaînaient depuis tout à l'heure.
D'après eux, toutes les unités qu'il avait dispersées pour reconnaître les routes avaient purement et simplement disparu.
Ne sachant pas où l'ennemi se cachait, il les faisait déplacer par groupes de plusieurs centaines.
Même en cas d'attaque surprise, c'était une force amplement capable de la repousser ; il était inconcevable qu'elles soient anéanties avant d'avoir pu demander des renforts au corps principal ou aux autres unités.
« E-en fait… c'est une histoire si invraisemblable… »
« Inutile de préambuler ! Parle vite ! »
« Des témoins affirment que les murailles… ont bougé… »
« …… Hein ? »
Zugogogogogogogogo……
Juste à cet instant, une sorte de grondement tellurique résonna depuis quelque part.
Le cheval de guerre de Raul hennit nerveusement, comme apeuré.
En fait, le même bruit s'était fait entendre plusieurs fois déjà, mais nul n'avait pu en identifier l'origine.
« Ce bruit ne serait pas…… ? »
« C-c'est bien possible…… »
Un frisson glacé parcourut l'échine de Raul.
Si les murailles elles-mêmes bougeaient, alors quelque distance qu'ils courent dans ce labyrinthe, ils n'atteindraient jamais la sortie――
« N-non, impossible ! Il n'y a pas moyen que pareille chose bouge ! »
« Gah !? »
Raul, hors de lui, donna un coup de pied au soldat qui venait de lui faire son rapport.
Le corps principal ne comptait déjà plus que mille hommes environ.
De surcroît, ils continuaient d'errer dans un labyrinthe où rien ne garantissait qu'ils trouvent la sortie, le corps et l'esprit épuisés.
Pourtant, ils ne pouvaient pas se reposer dans un tel endroit, et Raul n'envisageait même pas de faire demi-tour.
Bien que leur combativité s'effondrât, ils n'avaient d'autre choix que d'avancer.
Mais c'est lorsque le corps principal tomba sous les cinq cents qu'ils parvinrent enfin à destination.
Ils étaient enfin arrivés.
« U-une porte… ! »
« Regardez ! On voit des bâtiments au-delà de la porte du château !? »
« Alors, c'est là la ville… !? »
Pour une raison quelconque, la porte du château était grande ouverte, et au fond de l'esplanade, un groupe d'environ deux cents hommes armés les attendait.
Et à la tête de ce groupe se tenait une figure bien connue de Raul.
« Luke… ! Tu as enfin réussi à arriver… ! »
Bien sûr, il ne pouvait pas ne pas ressentir une étrangeté face à cette situation.
Puisqu'ils disposaient de murailles et de portes aussi impressionnantes, la norme aurait été de les utiliser pour livrer une bataille défensive.
Pourtant, ils avaient ouvert les portes exprès, et même si son côté était tombé sous les cinq cents, les accueillir avec à peine deux cents hommes relevait de la folie pure.
Mais Raul, qui avait accumulé une colère immense jusqu'ici, avait bien l'intention de tout pulvériser de front, quel que soit le piège qui l'attendait, et il donna l'ordre à ses soldats.
« Chargez !!!
De plus, il cingla violemment sa monture et s'élança lui-même en tête.
―― Le sol disparut soudainement, au moment où la distance avec l'ennemi n'était plus que de deux cents mètres.
« Hiiiin !? »
« Aaaaaaaah !? »