« Haa, c'est fini.… Oui, je trouve que c'est pas mal du tout, moi qui l'ai fait. »
Depuis le sommet de la tour de guet, je contemplais la lande en essuyant ma sueur avec satisfaction.
Grâce à la montée de niveau de l'autre jour, de nouveaux bâtiments sont devenus constructibles.
Rempart (100) Porte fortifiée (100) Pont-levis (100) Bibliothèque (300) Maison extra-large (500)
Ce rempart est la version supérieure des murs en pierre.
Il est lui aussi en pierre, mais d'une pierre bien plus résistante, et sa hauteur comme son épaisseur surpassent largement les anciens murs en pierre.
Hauteur d'environ dix mètres, épaisseur de cinq mètres.
Le sommet du rempart permet bien sûr la circulation des gens, et il est muni d'un mur crénelé qu'on appelle un parapet.
C'est pour empêcher la chute des soldats et arrêter les flèches ennemies.
Me disant qu'à seulement 100 points c'était une aubaine, j'ai utilisé ce rempart pour créer un labyrinthe protégeant le village.
… J'ai quand même pas mal galéré, ceci dit.
« Créer un labyrinthe, c'est étonnamment difficile. Mais avec ça, on peut largement accueillir cinq mille soldats, non ? … Huh ? »
Quand je me suis retourné, tout le monde restait là, abasourdi.
« Largement suffisant ? C'est même plus de la triche, ça… »
« V-Vraiment ? »
« Tu vas complètement leur briser le moral… Si j'étais commandant, j'aurais absolument refusé d'attaquer une ville pareille. Au départ, suffit pas de faire en sorte qu'ils n'arrivent même pas au village ? »
J'ai secoué la tête.
« Non, ça serait de la triche, là ? C'est un labyrinthe, faut quand même qu'on puisse atteindre le but, sinon. »
« Pourquoi t'es honnête juste là-dessus ? »
Selen le dit avec un air effaré.
« Ah, ahaha… Est-ce que je rêve, là… »
C'est Serius-kun qui rit avec un visage crispé.
Jusqu'à tout à l'heure, il répétait : « J'ai vu de mes yeux la force de Raul-sama sur le champ de bataille… Il maîtrise déjà le don "Technique du saint épéiste" et peut à lui seul retourner la situation… ! Peu importe le nombre de porteurs de dons de combat dans ce village, contre Raul-sama, impossible de gagner… ! »
« Non, malheureusement ce n'est pas un rêve, Serius-dono. Si tu n'y crois pas, je peux te pincer la joue. »
« … Pi-pince… moi… s'il te plaît. »
« Bon, alors ? Ça fait mal ? »
« Ya-hari-ko-re-wa-yu-me-da… shi-a-wa-se… (C'est vraiment un rêve… Heureux…) »
« … ? »
Tant mieux s'il a l'air heureux, Serius-kun.
« C'estさすがルーク様です! 僅かな時間でこれだけのものを作り上げてしまわれるなんて! »
Pendant ce temps, Milia, elle, s'excite dans l'autre sens.
Alors que tout ça se passait, l'armée de Raul est enfin arrivée dans la lande.
Ils ont l'air perplexes devant le labyrinthe de remparts qui surgit devant eux.
S'ils faisaient demi-tour, ça m'arrangerait, mais connaissant le caractère de Raul, il ne le fera pas.
Mon pronostic était bon.
Visiblement décidé, il a ordonné la pénétration dans le labyrinthe.
***
« C'est quoi ce bordel… !? Un rapport pareil, on ne l'a jamais eu !? »
« C-C'est que… Hier encore, il n'y avait sûrement pas de rempart ici… »
« Y'a pas moyen ! Impossible de bâtir autant de remparts en une seule nuit ! »
Raul hurle sur ses subordonnés, l'irritation au bord des lèvres.
Il a pensé qu'on leur faisait voir une hallucination collective, mais même en faisant vérifier par le mage qui les accompagne, rien n'indique ça.
D'ailleurs, hypnotiser d'un coup autant de monde est impossible, a-t-on tranché.
« Vraiment en une seule nuit, ce rempart… ? »
Même en élargissant la reconnaissance, on ne voit que d'immenses murs qui s'étendent à perte de vue, sans rien qui ressemble à une porte.
Un seul endroit, juste devant eux, présente une brèche dans le mur, par où ils peuvent entrer.
Pas de porte fortifiée, c'est comme s'on leur disait « servez-vous, entrez librement ».
Un commandant aguerri aurait sans doute pris une décision bien plus prudente.
Mais Raul est différent.
Sa jeunesse y est pour quelque chose, mais la grande victoire de sa première bataille, l'autre jour, lui a monté la tête.
« Toute l'armée, en avant ! Foncez par là ! Nous sommes cinq mille ! Quoi qu'ils tentent, on les écrase de front ! »
Raul crie à plein poumons, donnant l'ordre à ses soldats qui hésitent.
— Au fait.
Ce qui les attend au bout, c'est un labyrinthe d'enfer. Eux qui avancent au sol ne le savent pas encore.