Il pourrait obtenir plus de détails auprès du prophète, Ryu Min.
« Il devrait arriver bientôt… »
À cet instant, un coup frappa à la porte et celle du bureau du président s'ouvrit.
À sa grande surprise, la personne qui entra n'était pas Ryu Min.
C'était une femme caucasienne blonde, Christine.
« Tu es là, Christine. »
« Désolée de débarquer si soudainement. »
« Haha, de quoi t'excuses-tu ? Tu n'es pas n'importe qui, tu es ma compagne. C'est toujours bien de se voir plus souvent, non ? »
Ma Kyung-rok arborait toujours un sourire bienveillant devant Christine.
Christine, ignorant sa posture sur la défensive, tomba simplement dans le panneau.
« Tu sais pourquoi je suis venue, n'est-ce pas ? »
« Bien sûr. C'est le jour de la réunion aujourd'hui, je t'attendais. Tu veux un café ? »
Ma Kyung-rok alla à l'office préparer le café et engagea diverses conversations avec Christine.
Parler de la météo, de tout désagrément qu'elle aurait pu rencontrer en chemin, de comment allait son père — conversation typique.
Ou bien, à quel niveau elle en était, si la dixième manche avait été difficile, et comme les prophéties semblaient miraculeuses — discussion typique entre joueurs.
La douceur attendue d'un couple ordinaire était absente de leur échange.
Pendant ce temps, Ma Kyung-rok reçut un appel d'un subordonné.
« Ah, vraiment ? Compris. »
Ma Kyung-rok se leva de son siège et sortit pour préparer la rencontre.
Peu après, un homme de petite taille entra dans le bureau.
C'était la raison pour laquelle Christine était venue en Corée.
« Actionnaire majoritaire, vous êtes arrivé ? »
Ryu Min le salua, puis remarqua Christine debout à côté de lui.
« Ta fiancée est là aussi ? »
« Bonjour, M. Ryu Min. »
« Ravi que tu te souviennes de mon nom. »
« Bien sûr. Je sais pourquoi tu es venue. »
Christine regarda Ma Kyung-rok, les yeux grands ouverts comme un lapin apeuré.
Son regard semblait demander s'il avait déjà mentionné la raison de sa visite, mais Ma Kyung-rok se contenta de secouer la tête.
« M. Ma ne m'a rien dit. Je l'ai prévu moi-même. On trouve un endroit tranquille pour parler ? »
« Ça m'arrange. »
Alors que Ryu Min et Christine s'apprêtaient à partir, elle retint Ma Kyung-rok de les suivre.
« Désolée, mais j'écouterai seule. »
« D'accord, j'attends ici. Passez un bon moment. »
Ryu Min et Christine s'assirent sur un banc devant l'entreprise.
« Cet endroit a l'air bien. Mais pourquoi as-tu dit à M. Ma de ne pas venir ? »
« Il me semble plus facile d'en parler comme ça. Surtout puisque ma vie est en jeu, si plus de gens savent ce qui va arriver, ça pourrait changer l'avenir, non ? »
« Bah, t'as pas tort. »
Ryu Min posa soudain la question directement.
« Tu es venue en Corée parce que t'inquiètes pour la onzième manche, c'est ça ? »
« Oui. Exactement. Je suis venue te voir, le prophète, pour un conseil. »
« Conseil… Je croyais t'avoir déjà tout dit. »
« C'est pas comme ça que je le ressens. Tu sais quelque chose mais tu le caches. Qui va me sauver, qui va me menacer. »
« S'il te plaît, c'est sans-gêne de ma part, mais dis-le-moi. Tu as dit qu'il y a des gens qui m'apprécient pas, qui sont-ils exactement ? »
« J'en sais rien. Je te l'ai déjà dit. »
« Je sais. Mais donne-moi ne serait-ce qu'un petit indice. Tu as vu la scène, non ? Ça vaudrait le coup de l'empêcher si c'est possible. Ça pourrait aider en cas de crise. »
« Je m'en souviens plus maintenant. J'ai tout oublié. »
Face à cela, Christine resta sans voix.
Avec Ryu Min qui restait évasif, elle n'avait aucun moyen d'avancer.
« Et la personne qui va me sauver ? Tu as vu son visage, non ? Tu t'en souviens, non ? »
« Je sais mais je peux pas te le dire. »
« Parce que ça pourrait changer l'avenir ? »
« Tu piges vite. »
« Tu pourrais quand même me le dire ? Je ferai attention à pas changer l'avenir. »
« Comment tu peux garantir ça ? Et si tu meurs ? Comment je suis censé faire face à M. Ma ensuite ? »
« Bien que tu sois curieuse et anxieuse, il n'y a rien que je puisse faire. Il y a une limite aux infos que je peux te donner. »
Il n'y avait pas de mur plus dur que celui-là.
Christine se sentit frustrée mais comprit.
C'était normal que la crédibilité du prophète en prenne un coup si l'avenir changeait.
« Désolée. J'ai trop insisté parce que j'étais agitée. »
« Puisqu'il va se passer un truc à la prochaine manche, j'imagine que j'étais plus sensible. Je m'excuse encore. »
Christine parla poliment, puis vérifia.
« Donc, y a rien que je puisse faire à part attendre qu'on vienne me sauver ? »
« Oui. Pour l'instant, c'est le mieux. »
« Ne t'inquiète pas trop, Christine. Tout ira bien. »
Rassurée par la consolation franche et chaleureuse de Ryu Min, Christine put apaiser une partie de son anxiété.
« Merci, prophète. Je crois en toi. »
« De rien. Bon, puisque M. Ma attend, on remonte ? Toi aussi tu devrais entendre la prophétie pour la onzième manche, vu que t'es là. »
Les deux se levèrent du banc et rentrèrent dans l'entreprise.
Sans savoir que quelqu'un les dévisageait comme s'il voulait les voir morts.