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Tensei Shitara Dragon no Tamago Datta - Saikyou Igai Mezasa Nee

Chapitre 144

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Chapitre 144

Chapitre 144

Chapitre 144/19673%~8 min de lecture1 495 mots

Une tension palpable s'installe dans les environs.

Les fourmis rouges commencent lentement à m'encercler.

Un équilibre figé où je suis désavantagé de manière purement unilatérale.

Ce n'est pas une situation acceptable si j'ai pour but de gagner, mais là, il s'agit de gagner du temps au prix de ma vie.

Si elles ne font pas de grands mouvements jusqu'à ce que l'encerclement soit complet, ça arrange parfaitement mes affaires.

« Kraak ! »

Incapables de tenir face à la tension, une des fourmis rouges bondit vers moi.

Entraînant une réaction en chaîne, le bruit de pattes qui fouettent le sol résonne derrière moi.

« Gruuuuuhhhhhhh ! »

J’abois tout en faisant pivoter mon torse depuis la taille, tendant et balayant mes bras avec force.

Je parviens à asséner des coups secs aux deux sauteuses, malgré l'impossibilité de prendre appui dans les airs.

Elles n'en meurent pas, mais sont envoyées valser bien loin.

Toutes les deux tombent sur le dos, le corps secoué de spasmes. Elles finiront sûrement par récupérer grâce à l'[Auto-guérison], tantôt tard, tantôt tôt.

« Kraak ! » « Craquet, craquet ! »

Visiblement stimulée par le sort de ses deux compagnes, la nuée, jusque-là lente, se met à piaffer et à grogner.

L'atmosphère laisse clairement présager qu'elles vont se jeter sur nous à tout instant.

Même une par une, c'est juste du jeu de hasard brute-force ; si elles attaquent à la chaîne, je n'arriverai jamais à gérer le flux.

« Krouatch ! »

La plus grande des fourmis rouges pousse un stridulant puissant.

Inutile de chercher une provocation, une mise en garde ou une auto-motivation. Sa tête n'est pas dirigée vers moi, mais vers le plafond.

À cet instant précis, le bourdonnement général chute net.

Elle doit donc jouer le rôle du boss temporaire de la colonie, genre chef d'escouade.

À vrai dire, elle semble encore capable de monter d'un cran. Sans doute l'équivalent d'un rang B ou supérieur.

Les insectes ont retrouvé leurs esprits et reprennent doucement leur mouvement d'encerclement, le regard fixé sur moi avec prudence.

Côté adversaire, apparemment, elles préfèrent éviter de foncer tête baissée pour limiter les pertes.

De mon côté, je veux faire filer le Gyokuto, donc nos intérêts sont parfaitement alignés.

La meilleure issue pour les deux parties aurait été qu'elles acceptent aussi de me laisser passer.

J'adresse un coup d'œil rapide par-dessus mon épaule.

Le but initial est de vérifier le déploiement des fourmis, mais mon regard finit inévitablement par se poser beaucoup plus loin.

Je ne peux m'empêcher de me demander si le groupe du Lapin de Jade s'est déjà mis à l'abri.

« Crac-crac ! »

Il n'est toujours pas parti, celui-là !

Au point que même son allure ne trahit aucune intention de fuite.

Qu'est-ce qu'il fabrique ! Il rend totalement inutile le fait que je perde du temps ici !

Et Nina devrait être avec lui !

…… Non…

Le Gyokuto oriente sa tête vers le sol et projette une télépathie rauque.

… Bon sang, comme ça, on risque tous de crever ensemble.

Merde, il faut bien qu'on trouve une parade à la con !

« Kraak ! »

Juste à cet instant, une fourmi rouge se lance en direction du Lapin de Jade.

« Kraack ! » émet la fourmi cheffe en tournant la tête vers eux.

Manifestement, la cheffe souhaite préserver le statu quo et éviter de m'agresser tant que l'encerclement ne sera pas total.

Pourtant, la fourmi en course refuse de s'arrêter.

Le Lapin de Jade renvoie une boule de feu, mais l'insecte ne tente même pas de l'esquiver.

La projection touche son cuticule et s'évanouit instantanément, sans laisser la moindre trace de brûlure.

S'il continue comme ça, le Gyokuto va prendre gros.

J'avale mon air en profondeur.

La troupe s'immobilise aussitôt, toutes postées en posture défensive.

Tout en faisant tourner la tête, je crache un souffle toxique dans le couloir.

Une brume de zèle lourde et viciée emplit l'air.

« Kraak ! ? »

Profitant de leur flottement, je balaie les alentours avec ma queue.

Je dégage les insectes et files droit vers le Lapin de Jade.

Je tombe pile sur l'insecte qui ouvre grand les mandibules sur sa proie et m'agrippe à son dos.

« Gkraouk ! ? »

Dents plantées dans sa carapace, je l'arrache violemment au sol pour le catapultuer contre le mur.

L'insecte impacte la paroi en travers, se fracture le corps et s'écrase au sol.

Mais il se régénère immédiatement via l'[Auto-guérison] et se relance à ma poursuite.

Le gros de la nuée se remet en marche derrière moi.

Deux, ça peut créer un rythme d'attaque imprévisible et dangereux ; mais seul, ce n'est pas gênant.

J'envoie promener l'insecte qui bondit seul, je glisse le Gyokuto dans ma gueule et je fuis dans la direction opposée à la traquée générale.

Sachant que l'entrée est barrée par le géant Myriapode, je file directement en impasse, quoi.

Je n'ai pas d'autre choix que de fuir, malgré tout.

Je devrais probablement améliorer le niveau de mon [Souffle pestilentiel].

Même si ça comporte trop de désavantages, râler ne sert à rien.

« Gj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'ij !! »

Comme prévu, l'issue est verrouillée par la brute du centipède.

Je croyais tenir une porte close, mais pour une raison obscure, le myriapode recule à vive allure.

Il était bloqué à mort, visiblement, mais il a quand même réussi à se dégager.

Devant l'assaut massif des fourmis, il a probablement pris peur.

Tant mieux.

Dans ce cas, je pourrais peut-être filer en même temps que lui dès qu'il franchira le seuil.

Sauvé. Justement sauvé. J'avais sérieusement préparé mes muscles à rendre l'âme.

… Bon, c'est vrai que sa tactique de retraite est bizarre.

À voir comment il plie ses membres, je ne comprends absolument pas comment il avance.

Et puis, son cri dégage une sorte de désespoir fataliste…

Bref, compte sur la trêve provisoire, toi le gros ver rampant.

Je compacte mon corps, je roule et j'accélère pour suivre le recul frénétique du myriapède dans le corridor.

Moins vite qu'à l'état normal, certes, mais il bat vraiment la campagne à toute vitesse.

Peut-être que ce que j'ai pris pour la tête jusqu'alors est en réalité sa queue, et vice-versa ?

Non, y'a aucun sens à ça.

Se tirer des rayons lasers par le cul, j'ai vu assez de conneries pour savoir que je ne supporterais pas cette image.

D'ailleurs, il bouffait des humains par l'avant, avant.

« Gj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'ij ! »

L'immense carcasse du centipède sort enfin entièrement de la galerie.

Moi, je m'engage sur la droite et réussis à sortir à la surface.

La bouffée d'oxygène fut brève, car je fus immédiatement confronté à une vision cauchemardesque.

Près d'une trentaine de fourmis rouges sont accrochées à la queue du myriapode.

Apparemment, celles qui guettaient à l'extérieur sont revenues. Leur plan semble être de tirer sur la queue pour chasser l'intrus qui cherche à obstruer l'entrée de la termitière.

Sans hésiter, j'ai couru à fond la caisse tout droit devant moi.

En gardant une distance de sécurité, j'ai jeté un coup d’œil en arrière : les fourmis qui nous poursuivaient avaient déjà engagé le combat contre le myriapède.

« Gj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'ij ! »

Le centipède s'agite dans tous les sens, mais l'essaim attaché à sa queue l'empêche de bouger efficacement.

Pour esquiver les morsures, les fourmis se scindent sur les flancs gauche et droit et lynchent impitoyablement le géant.

Plutôt que de ronger la carapace externe, elles ciblent prioritairement ses pattes pour les hacher menus.

Ces fourmis, c'est carrément effrayant.

Il vrille sur lui-même et martèle l'air de son abdomen, mais peine à décrocher les insectes qui le parasitent.

La masse parasite accrochée à sa queue ralentit considérablement sa progression, ce qui pose évidemment problème.

Le centipède concentre une lueur rougeâtre au bout de sa bouche pour amorcer un [Rayon thermique], mais la lumière explose soudain dans sa gueule et s'éteint.

Hé le gros ver, t'as carrément vidé ton mana.

T'avais beau taper à outrance avec ton [Rayon thermique], tu finissais obligatoirement à sec.

Maître des sables, voilà qu'on te prend la purée par une bande de bestioles, ça alors !

« Gj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'dj'ii !! »

Le myriapode pousse alors un cri assourdissant.

À mon oreille, il dégageait une note amère et tragique.

J'aurais bien aimé rester témoin de l'issue fatale, mais nul ne sait quand la cible basculera vers moi.

J'accélère mon [Roulement] et, à partir de là, je me retourne une seule fois de ma vie.

Bon vent, sale ver.

Certes, je me suis juré de te descendre un jour, mais te survivre ne m'empêchera pas de dormir.

Pas de discours héroïque genre "ne meurs pas avant que je vienne te finish", il n'y a rien d'aussi intense là-dedans.

Je t'en veux, mais l'amitié, ça n'existe pas.

Au contraire, crevasse-toi ici même.

Je ferai en sorte que ton nom traverse les siècles : celui du type idiot qui s'est coincé la tête dans un trou, s'est fait encercler et crever.

***

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