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Tensei shita Kuukan Mahoutsukai wa Shoutai Kakushite Medachitai!

Chapitre 40

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Chapitre 40

Chapitre 40

Chapitre 40/13230%~11 min de lecture2 103 mots

« J'vous ai croisés à la porte Est, alors je vous ai traînés jusqu'ici », lança Riritan-san en entrant dans la guilde, nous tenant fermement par la tête, Vivruwaisen et moi, avant de relâcher brutalement son étreinte.

« Wouah, chaud ! »

« Guebeh »

Malgré la soudaine libération, je parvins à me réceptionner sur les mains pour éviter de m'écraser le visage, et me relevai en fixant Riritan-san d'un regard noir.

L'autre abruti, lui, avait dû être étranglé au mauvais endroit ou recevoir un choc mal placé : il avait les yeux révulsés et était évanoui.

Quelle mine pathétique, pensai-je en promenant mon regard autour de moi : tous les aventuriers présents dans la guilde nous observaient.

'(… Ce genre de remarqua, c'est pas vraiment ce que je recherche, moi…)'

Bon, bref. En relançant un œil sur Riritan-san, je la vis me faire un pouce en l'air pour une raison incompréhensible.

Pas du tout, mais pas du tout.

Bref.

Si, par le plus grand des hasards, mon identité avait été percée à jour, j'étais prêt à quitter ce pays en brisant net mes liens avec les membres de l'Épée d'Ivoire.

'(Je vous en supplie, que ce ne soit que de la paranoïa de ma part…… ceci dit, où est-ce qu'on va maintenant… ? J'ai bien envie de manger des fruits de mer après tout ce temps, pourquoi pas aller voir du côté d'un État maritime ?)'

Même s'il y a un océan, tant que je me déplace par « Transfert » dans les airs, y a pas de problème.

Pour ma magie spatiale, la distance n'est pas un obstacle majeur.

« Tōri, ça fait un bail. »

Tout en priant pour que ce ne soit qu'une fausse alerte, je réfléchissais en cachette à quel pays viser, quand Marine arriva d'un pas pressé, l'air vaguement excitée.

Bon, je dis « air excité », mais elle arborait son habituel regard de poisson mort, expression figée.

Pourtant, l'atmosphère autour d'elle était un chouïa plus claire que d'habitude, et elle semblait flottante, à peine perceptible : y avait pas de doute possible.

En la voyant surgir devant moi, je ne pus réprimer un frisson.

*Ça va, ça va, encore rien d'acté… Calme-toi Tōri, joue l'adulte posé… !*

« Tōri, j'ai ouï dire. Le magicien mystère. »

« Abababababababababababababa… !? »

Dès la première réplique, Marine me fit court-circuiter les neurones.

*Bon, je me tire illico.*

« « Trans⁠— »

« Il est sorti à la capitale royale ! »

« ⁠— Hein ? »

J'allais me barrer par la magie, mais les mots de Marine, dite sur un ton surexcité, me clouèrent sur place d'abêtissement.

*Quoi ?* Je repris mon souffle, me forçai au calme, et demandai une seconde fois.

« Le magicien dont on parle, il est *maintenant* à la capitale royale ! »

« ……Oui ? »

Même en réentendant, le sens m'échappait.

Le magicien des rumeurs ? À la capitale *maintenant* ? Hein ? Il est juste devant vos yeux, però ?

Je refermai la bouche sur cette réplique et demandai à Marine ce que ça voulait dire.

C'est alors que la réponse ne vint pas de Marine face à moi, mais d'une silhouette assise au comptoir de la taverne attenante à la guilde.

« Pas de "quoi" qui tienne ! Moi qui l'ai *tant* cherché, partout, sans relâche… et c'est *la capitale royale* qu'on me sort !? On s'est croisés de justesse, non !! Ce « Magicien Tueur de Dragons », il fuyait pas *moi*, par hasard !? »

*Kiii !!* brailla-t-elle, seule à son comptoir, un verre à la main : la leader de l'Épée d'Ivoire, aventurière 6 étoiles, Aisha Garden, alias Aisha-san.

Vu l'état de colère dans lequel elle était, je murmurai à l'oreille de Marine :

« C'est de la beuverie de désespoir ? »

« Mm. Aisha, a dépensé plein thune pour chercher. »

« Ah la la… »

Bon, vu le nombre d'affiches style « recherché » qu'elle a fait placarder dans toute la ville, c'est facile d'imaginer la somme qu'elle y a engloutie.

*Pauvre Aisha-san…* Je fis chorus mentalement, et en même temps je soufflai de soulagement : mon identité n'avait pas été dévoilée.

Si Marine, d'ordinaire si impassible et à son rythme, n'avait pas parlé plus vite que d'habitude (ratio interne), j'aurais bien failli commettre une grosse bourde.

« Mais calme-toi, Aisha. J'ai été surpris qu'il soit pas à Boris, mais on sait où il est. Suffit qu'on aille le voir nous-mêmes. »

« Ri, Riritan… »

« Allez, Aisha ! Pour fêter ça, on va faire un tour au quartier des plaisirs, toi et moi ! »

« Riritan… »

Tandis que Riritan-san tapotait l'épaule d'Aisha-san pour la consoler, moi qui avais retrouvé mon calme maintenant que mes craintes s'étaient envolées, je pensais à autre chose.

« Au fait, c'est quoi ce « Magicien Tueur de Dragons » ? »

« Un surnom de magicien. »

« Quel nom à faire kiffer les ados en plein délire de collège… »

Marine pencha la tête, perplexe, je coupai court en disant que ça ne nous concernait pas.

Mais bon… un peu honteux, mais y a des gens qui m'appellent par un tel surnom, hein…

Donner un nom de code ou un titre à un adversaire dont on ignore la véritable identité, c'est exactement le sel de ce genre d'histoires.

Moi aussi, à l'époque où j'étais étudiant, j'avais rempli un cahier entier à réfléchir sans dormir au genre de surnom qui me irait le mieux.

Certes, ma sensibilité d'alors a disparu, du coup y a une pointe de gêne.

'(Bon, de toute façon c'est pas moi.)'

*Mais qui c'est, au juste ?* me demandai-je en penchant la tête, et je m'approchai d'Aisha-san et des siennes, Marine me collant aux basques toute seule, pour en savoir plus.

« Yo, Aisha-san. J'veux vous poser une question, vous avez une minute ? »

« Ara, c'est pas Tōri-san ? Ça fait longtemps. Dernièrement, vous preniez pas mal de requêtes dans les villages hors de Boris, j'entends. Marine râlait parce qu'elle arrivait pas à vous voir, vous savez ? »

« Honn ? C'est vrai ça ? »

« Moi, noyade, j'suis forte. »

« Qu'est-ce qui t'a pris d'un coup ? T'es flippante. »

« Ara ara… Marine, va »

« T'inquiète Marine, avant de venir ici, t'étais en train de te morfondre à la guilde parce que Tōri venait pas, je vais tout expliquerrrrrrrr !? »

Riritan-san tapotait l'épaule de Marine, mais l'instant d'après, une colonne d'eau de la taille d'un humain jaillit juste à l'endroit où elle se tenait.

Elle venait de s'en extraire de justesse : « A, abunai… » souffla-t-elle en essuyant une sueur froide.

« ……Raté. »

« C'est pas "raté", ça ! Sans un mot, tu balances de la magie à côté de moi, arrête s'il te plaît ! »

« Oui oui, c'est la faute de Riritan tout à l'heure. Holà, tout le monde ! Y a pas de spectacle à mater ! »

D'un coup de gueule, elle dispersa les regards des aventuriers qui nous observaient en coin depuis tout à l'heure.

« Et alors ? Qu'est-ce que vous voulez me demander ? »

« Heu ? …Ah, oui. C'est vrai. »

J'avais complètement zappé l'objet de ma venue au fil de la conversation, mais je me rappelai pourquoi j'étais venu.

« Le magicien dont parliez-vous… le « Magicien Tueur de Dragons », c'était bien ça ? Je veux entendre ce que vous savez sur lui, dit être à la capitale. »

« Ara, vous aussi vous êtes intéressée ? »

« Mouais. Comme vous savez, j'ai pas mal bossé hors les murs récemment, donc je suis pas trop au courant… mais il a protégé la ville. Normal de vouloir savoir. »

« Compris. Ceci dit, pour ça, y a quelqu'un de plus compétent que moi. »

Sur les mots d'Aisha-san, je me retournai, intrigué par ce « compétent ? ».

Marine, elle aussi, me regardait, le torse bombé comme pour dire « Laisse faire ».

*Mouais, zéro confiance…*

« Rassurez-vous, c'est pas Marine. »

Aisha-san ricana en me voyant.

« Si vous interrogez *celle-là*, vous allez vous farcir un cours complet sur la prédiction de la magie du « Magicien Tueur de Dragons ». »

« Mou, Aisha, impolie. Prédiction d'attribut aussi, en plus. »

« Pas d'"en plus", s'il vous plaît. C'est pour ça que j'ai pas dormi ces temps-ci, moi ! »

« J'suis super convaincu que c'est pas Marine… mais du coup, qui je dois interroger ? »

À ma question, Aisha-san désigna sa voisine : « C'est cette fille. »

Je regardai : on ne sait depuis quand, mais il y avait quelqu'un à côté d'elle.

Accoudée, immobile, vêtue d'une robe courte verte, une silhouette se tenait là.

Le visage caché sous un capuchon profond, mais la carrure indiquait une femme.

Un arc court dans le dos, une dague à la ceinture.

« C'est Saran, notre éclaireuse et vice-leader. Tōri-san, c'est votre première rencontre, non ? »

« …… »

« Saran… donc « la Chasseuse de Bêtes » ? »

Ma question fit sourire Aisha-san, qui répondit « Oui » : « Mon bras droit, compétente et fiable. » Elle en était fière.

« La Chasseuse de Bêtes » Saran.

Comme Aisha-san et Marine, elle appartient à l'Épée d'Ivoire, aventurière 5 étoiles.

Apparemment, comme elle ne possède pas de mana, elle est 5 étoiles, mais comme Riritan-san, on dit qu'elle a une force qui ne correspond pas à son rang.

La rumeur court que les aventuriers qui ont tenté de s'en approcher ont été taillés en pièces sans un bruit, sans qu'on sache quand.

*Ça fait flipper. C'est un assassin, ça.*

« C'est Saran qui a enquêté sur le « Magicien Tueur de Dragons », donc c'est elle la plus qualifiée pour vous en parler. »

« C'est ça… Compris. Ah, Saran-san, ça vous va comme appelation ? »

Je m'adressai de nouveau à Saran-san, et j'eus l'impression que ses yeux, sous la capuche, me jetaient un coup d'œil rapide.

Puis elle se tourna vers moi, l'air de dire « Quoi ? »

« Enchanté. Je suis Tōri, aventurier 3 étoiles. J'aimerais entendre ce que vous savez sur le « Magicien Tueur de Dragons », si ça ne vous dérange pas. »

Première rencontre oblige, je mis les formes au maximum.

J'ignorai la voix de Marine derrière moi — « Tōri poli, ça fait un bail » — et vis bientôt Saran-san sortir quelque chose de sa poche.

Ce qu'elle tenait… un stylo et du papier.

Je regardai, curieux de savoir ce qu'elle faisait : elle fit courir le stylo sur la feuille, et dès qu'elle eut fini, me la lança.

Je l'attrapai en catastrophe et lus le message.

*« Évite de trop t'approcher, veux-tu ? Je pourrais te fourrer ma dague sous le nez par inadvertance. »*

*… C'est quoi ce Gö◯go ?*

« ……Heu, Marine. C'est quoi ce truc ? »

« Mm. Saran n'aime pas les hommes. Si on la touche, elle tranche sans qu'on s'en rende compte, fais gaffe. »

« Oh… c'est quoi cette violence… »

*Yabai, type dangereux*, le cataloguai-je mentalement, quand Saran-san entama un nouveau papier, y griffonna quelque chose, et me le renvoya.

*« J'ai bien entendu parler de toi par Marine. En considération, j'autorise l'approche jusqu'à un mètre. »*

« ……Au passage, par pure curiosité, si c'était pas le cas, c'était quelle distance ? »

Elle écarta les deux mains pour me montrer.

*Toi, tu vis comment, au juste… ?*

« 10 kilomètres, dit-elle. »

« Kilo !? »

« Saran, c'est son niveau de résolution. »

Apparemment, c'est quasi impossible, donc elle s'abstient sur la demande d'Aisha-san.

D'habitude, elle use de sa discrétion d'éclaireuse pour se cacher, ou prend elle-même ses distances avec les hommes pour gérer.

*Ah, d'accord. C'est pour ça que quand je suis allé au QG de l'Épée d'Ivoire, elle n'y était pas, parce que j'm'y pointais en tant qu'homme.*

Je repensai à ça, et, prenant soin de rester à plus d'un mètre, je décidai d'écouter son récit.

Dire « écouter » est un euphémisme : Saran-san communiquant par écrit, ça prend plus de temps qu'à l'oral.

Surtout, écrire est une peine, je le sais ; je m'efforçai donc de poser des questions auxquelles elle puisse répondre par un hochement de tête.

« Au fait Saran, à la maison, elle parle normalement. »

« C'est pas qu'elle *peut* pas parler, c'est juste un refus catégorique de la conversation orale, en fait. »

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