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Tensei Kyuuketsuki-san wa Ohirune ga Shitai

Chapitre 72

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Chapitre 72

Chapitre 72

Chapitre 72/20136%~9 min de lecture1 652 mots

La quiétude du matin fut balayée par des cris perçants.

Ces cris provenaient de nombreux oiseaux, et une seule raison les poussait à tant de vacarme.

……Des intrus, c'est ça !

La forêt que je protège. Des malfrats y étaient venus, voilà ce que cela signifiait. En d'autres termes, un appel à me mobiliser.

Hache en main, je foulai le sol avec force et m'élançai à travers la forêt. À chaque foulée, le sol se soulevait, les fleurs se dispersaient, et je ne pouvais m'empêcher de ressentir une pointe de regret, mais je n'avais pas le loisir d'y prêter attention. Si je n'accourais pas au plus vite, la forêt entière serait en danger.

Les braconniers venaient encore et encore, tentant de piller les richesses de la forêt.

Naturellement, je les faisais payer tant qu'ils ne parvenaient pas à fuir, mais qu'ils ne tirent pas la leçon ou qu'ils convoitent ardemment ce que recèle cette forêt, leur nombre ne diminue pas.

C'est fastidieux de les affronter, mais c'est mon devoir, et c'est devenu bien plus aisé qu'avant. La raison réside en une puissance qui vit en moi.

……Le contrat que m'a donné ma grande sœur !

La vampiresse aux cheveux d'argent, ma grande sœur Argent. Le contrat de sang qu'elle m'a octroyé me confère une grande force.

Par-dessus cela, je ne néglige pas mes efforts. Pour surmonter ma lacune en vitesse, j'ai accumulé les entraînements, et mes compétences de gardien du territoire se sont améliorées.

Récemment, je suis même parvenu à user de sorts simples. Je progresse assurément.

« Buoooooooooh !!! »

Je traversai la forêt à une vitesse que je n'aurais pu atteindre il y a peu, en rugissant.

Allons, braconniers. Me voilà. Je suis venu vous juger. C'était l'intention de ce cri.

La plupart du temps, les braconniers paniqués tombent dans les pièges tendus par les gobelins et les kobolds. Ceux-ci sont récemment encore plus coopératifs qu'avant, ce qui m'aide grandement.

Guidés par les cris d'oiseaux qui résonnent, je me dirige vers les intrus.

L'adversaire me tourne le dos. La distance est grande, mais vu comme j'étale ma présence et cours sans me soucier du bruit de mes pas, impossible qu'il ne m'ait pas détecté. Il m'appâte, c'est ça ? Alors je m'y prête.

Je m'élançai vers l'avant, comme en bondissant.

Mon arme de prédilection est déjà levée. Reste le timing.

Plutôt que de fendre l'air, j'y vais pour l'écraser. Une hache géante, plus longue encore que la taille de l'adversaire. La lame à pression extrême n'incise pas, elle écrase, sans doute.

« Vacille ! »

Au moment où ces mots familiers parvinrent à mes oreilles, je choisis de lâcher mon arme.

Naturellement, la hache fut abandonnée et tomba au sol, mais peu importe. Je m'en débarrassai sans hésiter, m'immobilisai brutalement et pivotai.

Ce n'est pas une simple rotation. Je balayai les bras libérés pour frapper dans toutes les directions. Que cela touche ou non, je jugeai que ne pas le faire maintenant pouvait être dangereux.

Sur ses gardes ou simplement sûre d'elle ? Au terme de mon tour, l'adversaire se tenait à quelques mètres de moi. Vu la distance, elle a dû esquiver aisément.

Une femme comme un fantôme, aux cheveux noirs et courts qui flottent. Je ne connais pas son nom, mais son visage, je ne l'oublie pas.

Je ne suis pas assez engourdi par la paix pour oublier aisément ce sourire où ses yeux ambrés se plissaient avec lubricité.

« Tu es revenue, toi !!! »

Je la fusille du regard avec colère, mais elle est bien comme un fantôme. Comme si mon regard glissait sur elle sans accroche, elle ne montre aucune crainte.

Une désagréable impression d'être ignoré me prend, j'ai envie de foncer sur elle, mais je me retiens.

Perdre mon sang-froid face à elle, ce serait engager un combat où l'on tente d'attraper l'insaisissable. Calme-toi, me dis-je pour me maîtriser.

« Huhu. Tu as un peu appris à réfléchir, dis-donc. »

Elle ne bouge pas, ne prend même pas de garde. Elle se contente de m'envoyer des mots.

« ……Que me veux-tu ? »

Non.

Je le pensai parce que son aura avait radicalement changé.

La méchanceté foncière qu'elle avait lors de notre précédent combat a disparu. Comparé à l'autre jour, elle est bien plus passive.

Cela ressemble moins à de l'aisance qu'à un total désintérêt pour la forêt et pour moi.

Elle hausse les épaules, exaspérée. Même sans intérêt pour moi, elle fait exprès de me provoquer à chaque geste. C'est apparemment sa nature. Sa mauvaise personnalité transparaît.

« C'est évident, non ? Je suis venue régler mon compte à Vanpire. »

« Hein ? Vanpii ? »

« Vanpiiru !! »

Ce n'est pas ma grande sœur Argent, mais je n'ai pas bien saisi. C'était un mot qui ne me disait pas grand-chose.

Pas grand-chose en mémoire. Enfin, presque. J'ai l'impression de l'avoir déjà entendu quelque part. Où donc, déjà… ?

« Euh… »

« ………… »

« Ah… »

« ………… »

« Hum… »

« Argent ! Argent Vanpiiru !! »

« Eh ? Ah, ah ! »

Une fois tout mis en mots, je compris enfin.

Argent Vanpiiru. C'est-à-dire ma grande sœur Argent. Comme je l'appelle « grande sœur Argent », la partie arrière du nom était restée floue.

D'ailleurs, les vampires n'ont pas de nom de famille à proprement parler. S'ils en donnent un, c'est pour une raison particulière. Pas étonnant que je l'aie oublié.

« Rien de bon à le cacher, tu sais… »

Ces mots teintés de menace me frottent encore le poil à rebours, mais quoi qu'il en soit, elle est sérieuse. Si je suis ses paroles, le combat sera inévitable.

……Que faire ?

Où se trouve ma grande sœur Argent à présent ? Je connais à peu près la direction.

J'avais entendu qu'elle comptait aller du côté de la République, et il y a aussi le lien d'âmes par le contrat de sang.

Honnêtement, me battre contre elle serait bien difficile. Même dans mon état actuel, je n'en ai pas l'assurance.

Mais cela dit, impossible de lui divulguer où se trouve ma grande sœur. Je ne pense pas qu'elle perde si elle la retrouve, mais avant même cela, je ne peux pas trahir ma bienfaitrice en la livrant à un individu dangereux.

De toute façon, celle-ci a des propos bizarres, des mouvements ondoyants qui donnent la nausée, une personnalité pourrie. Sous n'importe quel angle, c'est une mauvaise graine.

Ma grande sœur Argent serait elle aussi embêtée d'être harcelée. Décision ou pas, le duel est déjà réglé, non ?

« Allez, fais sortir Vanpire ! »

Vanpire, Vanpire, c'est bruyant.

« Ah… Cette personne n'est pas ici. D'ailleurs, elle n'est pas une habitante de cette forêt. »

« ……Alors dis-moi où elle est. »

Bien bien, elle mord à l'hameau.

Réprimant l'envie de sourire, je désigne l'extérieur de la forêt. Ce n'est pas la direction où se trouve ma grande sœur. C'est une direction complètement différente.

J'attends qu'elle porte les yeux vers l'endroit que je désigne, puis je l'informe lentement.

« L'Empire, disais-tu ? Elle a dit qu'elle s'y rendait. »

« L'Empire ? Pourquoi un endroit pareil… »

« J'en sais rien non plus. Elle avait l'air d'avoir un but important, cela dit. »

« Un but… Huhu, c'est ça. Alors, il suffit de tout foutre en l'air… »

Sans réagir à son monologue, j'arbore un air grave et me plante là, jambes écartées. Un visage qui feint de guetter sa réaction.

C'est la première fois que je fais ça, mais cet adversaire a l'air de pouvoir partir sans se battre. Comme ma grande sœur Argent, elle ne se soucie pas de la valeur de cette forêt.

Alors, mieux vaut la faire aller quelque part où elle n'embêtera pas ma grande sœur. D'après les oiseaux, l'Empire est un pays en ruine, qu'elle y crève la gueule ouverte.

« ……Tu ne mens pas, hein ? »

« Quelqu'un sans lien avec la forêt. Pas de raison de cacher quoi que ce soit. »

« Huhu. Alors je te laisse partir. »

Elle ondule, et sa silhouette se trouble.

C'est la deuxième fois que je vois ce mouvement, mais la deuxième fois non plus je ne l'ai pas saisi. Quand je m'en suis rendu compte, elle avait disparu.

La crise est passée. J'en juge ainsi et relâche la tension de mon corps. J'accepte la sueur froide que le vent rafraîchit, et m'assois sur un rocher proche.

« Ma grande sœur Argent, vas-tu bien ? »

Grâce au pouvoir du contrat de sang, nous savons l'état l'un de l'autre. Ma grande sœur va à merveille.

Pourtant, dès qu'on en parle, on a envie de voir son visage. Me demander si je ne pourrais pas être utile d'une façon ou d'une autre. Ce sentiment aussi, je le nie moi-même.

……Je ne suis qu'un boulet.

À l'instant, face à elle, à cette femme dégoûtante, je n'ai presque pas pu bouger.

Ma grande sœur est différente. Elle l'a magnifiquement repoussée. Au point d'attirer sa rancune, elle a pulvérisé sa fierté.

Quel rôle puis-je bien jouer pour quelqu'un capable de cela ?

Je souffle, regarde mes mains. Depuis, je me suis entraîné, elles me semblent plus épaisses, mais c'est encore insuffisant.

Je dois devenir plus fort pour protéger la forêt. Et si possible, pouvoir mettre ma force au service de ma grande sœur Argent.

« C'est pour ça que je m'entraîne. »

Je referme mes doigts écartés. La force est là. La volonté aussi. Il ne reste plus qu'à les polir.

Je peux sûrement encore devenir plus fort.

La connexion avec cette personne qui réside en mon corps. En croyant qu'elle se nouera à nouveau un jour, je me relève.

Quand je m'en rends compte, le soleil est déjà bien haut. Elle dirait que c'est temps idéal pour la sieste, sans doute.

Pour moi, c'est un jour idéal pour l'entraînement intensif.

***

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