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Tensei Kyuuketsuki-san wa Ohirune ga Shitai

Chapitre 21

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Chapitre 21

Chapitre 21

Chapitre 21/18112%~4 min de lecture662 mots

Une conscience flottante. Un monde flottant.

On aurait dit qu'on s'enfonçait dans une énorme barbe à papa. C'est ce que je me suis dit.

C'était l'heure de la semi-conscience. Le moment où l'on a conscience de dormir, et pourtant on ne peut pas bouger. On ne veut pas bouger.

Pendant ce temps, on rêve en toute conscience. On sent que c'est un rêve, et pourtant on continue de dormir.

Une voix nostalgique. Un temps nostalgique. La douceur dans laquelle je m'étais immergé. Le monde qui m'avait permis de m'y immerger.

Ils avaient accepté que je n'aie rien à faire.

« Toi, tu n'as rien à faire. Parce que tous les autres sont excellents. »

Effectivement, tout le monde était excellent. Suffisamment pour que ça aille bien même si je ne faisais rien.

Moi aussi, j'étais passablement excellent. Mais dans le monde où je suis né, c'était bien trop peu, à peine de l'ordre de l'ordinaire.

« Cet enfant, on ne peut pas le laisser sortir. C'est la honte de la famille, après tout. Un comme ça, on en trouve partout. Comment un gamin de ce niveau a-t-il pu naître de nos gènes si excellents ? »

Quelqu'un avait dit ce genre de choses. C'était la personne qu'on appelle mère ? Ou celle qu'on appelle père ?

Je continuais à dormir. Parce que tout le monde me le permettait. Parce qu'on me disait de le faire.

Il n'y avait rien à faire.

Nul besoin d'aller quelque part.

Alors — ne laisse personne te voir.

Tous les adultes l'avaient dit.

Mon corps, qui ne voyait plus la lumière du soleil, était devenu blanc et mince, comme celui d'une petite fille vampire.

Je continuais à dormir dans ce monde. Parfois je me réveillais pour lire, essayer de cuisiner, faire des choses qu'on peut faire sans sortir.

Les « gens excellents » qui venaient parfois voir comment j'allais me regardaient avec deux sortes d'yeux.

La moquerie, ou la pitié.

Parmi eux, l'enfant qui me regardait avec pitié me contemplait parfois à travers les barreaux de fer, les yeux humides. C'était si gênant que j'en venais à penser qu'il aurait été plus simple qu'il se moque de moi.

« Pouvoir vivre en dormant, c'est le top, non ? Ne vous en faites pas. On apporte les repas, et si j'ai envie je peux cuisiner moi-même... et si je demande, j'ai même des goûters. Ah, hey, ne pleurez pas. Ah, tiens. Récemment, j'ai appris un tour : faire toutes sortes de voix sans changer d'expression. Vous voulez voir ? »

Face à l'enfant qui allait pleurer, j'ai eu ce genre de conversation à travers les barreaux. Comme j'avais tout le temps sommeil, je m'en souviens à peine. Mais je pense avoir eu cette conversation.

Un temps heureux. Un monde où personne ne dérangeait mon sommeil.

J'étais satisfait dans ce monde. Pour une raison quelconque, j'ai fini par me réincarner dans un autre monde.

Vraiment, quel ennui. Du coup, je dois encore chercher un nouvel hôte à parasiter.

Les compétences ménagères que j'avais apprises au cas où je ne trouverais plus personne à parasiter, me voilà obligé de les mettre à profit.

C'est pas comme si j'allais avoir de la motivation. Qu'on me fasse réincarner avec enthousiasme... Ce genre de droit, j'aimerais qu'on le donne à quelqu'un de plus sérieux.

Il y avait sûrement plein de gens plus dignes que moi.

Il y avait sûrement plein de gens avec plus d'attachement que moi.

« Nn, nyu... »

Mon corps a tressailli. Des mots sans sens se sont échappés de ma bouche.

Le temps de la semi-conscience s'est achevé, j'étais sur le point de me réveiller.

...... Quelle corvée.

Si seulement je pouvais ne jamais me réveiller, rester endormi pour toujours.

Tout en pensant ça, ma conscience flottante a remonté lentement à la surface.

Même la forcer à redescendre m'aurait été pénible, alors je me suis simplement laissé porter par cette sensation.

Ah.

Vraiment, y a-t-il personne pour m'entretenir ?

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