Felix s'assit sur une chaise sous la tente, un ricanement dissimulé aux lèvres, tout en surveillant l'entrée.
Il était certain de passer l'inspection sans encombre après l'excuse impeccable qu'il leur avait servie. Il pourrait même en tirer quelques avantages quand la famille réaliserait qu'il était un prodige des affaires qu'il valait la peine de cultiver.
Mais ça ne valait pas un pet de lapin pour lui, puisqu'il voulait juste leur prouver qu'il était assez bon pour obtenir une bête rare de haut rang pendant l'évaluation.
Après ça, il confierait la gestion de l'hôtel à la famille, pendant que Leila et Jack superviseraient tout.
Comme ça, il se laverait les mains de l'île, tout en empochant des milliards chaque année. Mais ce qu'il voulait vraiment, c'était se construire de bonnes relations avec l'élite mondiale.
Il sortit alors son téléphone et se mit à jouer à League of Legends : Wild Rift avec délectation.
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À l'extérieur de la tente, les inspecteurs se disputaient âprement au sujet de l'explication de Felix sur sa franchise.
« Je n'arrive tout simplement pas à croire ce qu'il a dit, honnêtement. Réfléchis un peu à ses actions quand il était gamin. Il harcelait constamment ses cousins qui voulaient juste apprendre en paix. Et quand il s'ennuyait ou se faisait taper dessus, il traînait dehors avec ses amis attardés qui ne savent que foutre le bordel et ramener des emmerdes à leurs familles. »
L'inspecteur homme enchaîna vivement en voyant qu'elle allait l'interrompre. « Et maintenant tu me dis que ce gamin aurait magiquement découvert qu'il possédait tous les talents des membres de sa famille, et qu'il les a utilisés on ne sait comment pour créer un plan qui a rendu l'impossible possible ?! Je n'y crois pas, il manque un truc, je te le dis, un truc qu'il nous cache. Il suffit qu'on mette la main dessus, et tout nous deviendra limpide. » Il croisa les bras et fixa l'entrée de la tente avec une méfiance évidente.
La dame à lunettes piqua du pied et répliqua avec une pointe de sympathie pour Felix. « C'est exactement ce qu'il a dit. Quoi qu'il fasse maintenant ou plus tard, toute la famille continuera de le juger sur son passé. Qui sait, peut-être qu'un an seul sur une île isolée, loin de la toxicité familiale, a réveillé ses talents enfouis au plus profond de lui, sans que personne n'ait jamais songé à les déterrer, vu qu'il n'était qu'une brute inutile aux yeux de la famille. »
« Mais maintenant qu'il les a réveillés lui-même et a appris à s'en servir correctement, pour regagner son honneur et racheter ses fautes passées, tu continues de le soupçonner et de ne pas le croire. »
Elle lui piqua le front en lui donnant une leçon sur la façon dont leur travail est censé se faire. « Notre boulot, c'est d'inspecter les cadets de la famille au cas où ils tricheraient ou joueraient des tours, mais c'est aussi de les aider à comprendre que la triche ne les mènera nulle part. »
Furieuse, elle augmenta la cadence de ses piqûres, jusqu'à ce que l'homme commence à sentir une douleur pulsatile au front. « Mais là, tu fais de ton mieux pour apporter encore plus de problèmes à ce pauvre gars. Alors qu'il voulait juste réparer sa réputation brisée. Au lieu de faire ton travail et de lui faire des compliments sur l'excellent boulot qu'il a abattu, tu cherches une excuse pour ne pas affronter la réalité : les gens changent vraiment en bien, juste parce que t'es trop paresseux pour mettre à jour dans ta tête l'image de son caractère, de l'ancien au nouveau. »
Elle continua de le matraver sans s'arrêter. L'obligeant à baisser la tête et à ne pas l'interrompre.
« Mais je ne permettrai pas que ton jugement tordu lui crée encore des ennuis, il a assez souffert. On retourne au quartier général de la famille maintenant, pour rendre compte de ce qu'il a dit, et ils décideront s'il est un bon plant ou pas. Maintenant, bouge. »
Elle lui donna un coup de talon dans le cul pour le pousser en avant, loin de la tente. Le pauvre inspecteur ne put que se masser les fesses et marcher devant elle, sans oser désobéir. Il n'avait jamais vu sa partenaire entrer dans une telle rage contre lui, et honnêtement, il ne voulait plus jamais revivre ça.
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Felix n'avait aucune idée de leur décision et ne se donna même pas la peine d'essayer de la deviner. Il avait confiance en son excuse.
S'ils le croyaient, tant mieux. Mais s'ils ne le croyaient pas, ça n'avait pas grande importance, puisque tout ce qu'il avait dit était la chose la plus proche de la vérité.
Parce que la vraie vérité, c'était qu'il revenait du futur et possédait une connaissance totale de tout. S'il l'avouait, ils le tabasseraient peut-être et l'emmèneraient au QG pour l'interroger.
Du coup, il ne se souciait pas de leur prochaine action et se contenta de feed intentionnellement à cœur joie dans une partie classée de League, tout en lisant les insultes de ses coéquipiers avec délectation.
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Soir, 17 h 30...
À Boston, aux États-Unis, un gratte-ciel colossal était entouré d'arbres d'autres immeubles similaires. Mais aucun n'atteignait ne serait-ce que la moitié de la taille de cet édifice.
Au dernier étage, une table ronde au centre de la pièce, pouvant accueillir plus de trente personnes, était actuellement occupée par seulement quatre anciens, qui écoutaient avec attention le rapport des inspecteurs sur la situation à l'île de la Perle du Ciel.
« Je vois, il semble que Robert ne se soit pas fait avoir et ait reçu un enfant prodige. Mais les circonstances misérables de la mort de ses parents et de l'emploi du temps surchargé de son grand-père ont forcé ce gamin à prendre la mauvaise voie, enfouissant ainsi ses talents sans qu'on s'en aperçoive. »
Un homme aux cheveux blancs, sans une seule ride sur le visage, soupira avec compassion face au destin de Felix.
« Mais maintenant tout va bien, tant qu'il a réussi à changer son caractère de voyou, on s'occupera de tout pour lui. Un génie des affaires comme lui, c'est vraiment trop rare de nos jours. » Une femme d'âge mûr, queue de cheval et lunettes fines, hocha la tête.
« En effet, il nous a littéralement scotchés quand on a découvert qu'il n'avait dépensé que vingt millions de dollars pour obtenir plus de mille caisses de matériaux précieux, de matériaux de construction, d'équipements et de véhicules. Il a même alerté sa tante Marry sur son plan, lui permettant d'investir plus de quatre cents millions de dollars, d'après ce que j'ai entendu. Elle va faire un carton quand elle revendra tout tranquillement après que les dirigeants auront rendu public l'info qu'on a achetée. » Un vieil homme chauve dit ça avec un ton envieux.
« Chauve Albert, comment oses-tu envier les autres quand ta fortune approche les cent milliards de dollars ? Ton caractère de radin arrive toujours à me surprendre. »
« Sa soif de fric n'a vraiment pas de limites. La dernière fois, j'ai trouvé une opportunité qui m'aurait rapporté quelques millions faciles, mais c'était une perte de temps pour moi. Du coup, je l'ai refilée à mon subordonné pour qu'il en profite. Mais ce bâtard en a eu vent je ne sais d'où et s'en est servi pour son propre compte sans vergogne. P*tain, il sauterait probablement d'un immeuble pour un dollar. »
Irrité, l'ancien aux cheveux blancs se frotta les sourcils en revivant ce souvenir désagréable.
« Qu'est-ce que vous en savez ? C'est comme ça que les riches du sommet assurent leurs positions. Chaque dollar compte, que ce soit un seul billet ou un milliard. Vous ne comprendrez jamais d'où je viens, alors changez de sujet et parlons du jeune Felix. Je veux entendre votre sentence sur l'autorisation ou non de son utilisation des navires de transport de Marry. » Albert répondit indifféremment à leur honte.
« Eh bien, à mon avis, il n'a rien fait de mal ni d'excessif. On interdit aux cadets d'utiliser toute aide étrangère gratuite, que ce soit de l'argent ou juste des connaissances. Mais Felix n'a pas obtenu l'aide de sa tante gratos ; il l'a échangée contre une info qui permettra à sa tante de gagner des milliards sur les années à venir. Son information valait bien plus que l'aide qu'il a reçue de sa tante. »
La femme d'âge mûr argumenta calmement. Elle repoussa ses lunettes vers le haut et énonça son verdict. « Donc mon jugement final est qu'il n'a rien fait de mal, mais a accompli quelque chose qui mérite des applaudissements. Parce que c'est exactement ce qu'on attend de nos futurs chefs de famille. »
« D'accord, il a bien bossé et on le récompensera plus tard. De l'autre côté, les autres cadets étaient vraiment décevants, tous recroquevillés dans la peur, incapables de voir le grand tableau ou d'avoir les couilles de quitter leur nid pour voir ce qu'ils pouvaient tirer du chaos. Ils ont échoué en tant qu'hommes d'affaires et doivent être punis pendant l'évaluation. »
Déçu, Albert soupira d'avoir perdu une énorme somme d'argent gratuit, simplement parce que les autres cadets étaient trop peureux pour faire un coup comme Felix.
« Soupir, si ce n'avait pas été la course pour nous pendant le chaos, de la mort d'un ancien à calmer toutes les entreprises et les hôtels. On aurait pu en profiter un peu aussi. » Un homme d'âge mûr au long nez et aux sourcils broussailleurs sourit en coin.
« En effet, heureusement, Felix nous a aidés à rénover un hôtel qui pourrait devenir un complexe 6 étoiles n'accueillant que l'élite mondiale, en n'utilisant que trente millions de dollars, alors que le coût réel atteindrait trois cents millions ou plus si les prix étaient au tarif du marché. »
Tous les anciens sourirent avec approbation. Felix leur apportait vraiment une belle victoire, dont ils avaient désespérément besoin après le krach économique. Après tout, leurs affaires dans le monde entier avaient toutes été touchées négativement.
« Bon, je crois qu'on a pris une décision sur les accomplissements de Felix. Je commence en votant pour qu'il soit traité comme un futur plant pour les affaires, et si pendant l'évaluation il montre une bonne affinité avec un élément. On en fera un plant représentant. »
La femme d'âge mûr leva un doigt et ajouta avec un sourire : « Plus le récompenser avec un Bracelet AP. Il a dépassé les attentes de tout le monde, et il mérite bien un bracelet sur la centaine qu'on a achetée au gouvernement américain. »
C'est comme ça que fonctionne la famille Maxwell. Récompenses et punitions sont proportionnées aux réalisations.
« D'accord. »
« Je vote pareil. »
« Moi aussi. Passons maintenant à la punition pour les autres cadets. »
L'expression d'Albert devint méchante instantanément, impatient d'infliger des punitions à ces bons à rien. « Je pense que la peur est la raison principale de leur inaction, donc il faut brider cette peur pour pas qu'ils ratent des opportunités uniques sur un milliard comme celle-ci. » Il sourit vicieusement. « Je propose de les confronter à leurs peurs comme punition. Si l'un a peur des serpents, on l'enferme dans une pièce avec des serpents dressés qui n'ont ni dents ni venin. Ça lui permettra de voir que sa peur peut être surmontée s'il y fait face sans reculer. »
Pour oser suggérer une punition aussi tordue, il leur en voulait vraiment d'avoir laissé filer de l'argent gratuit.
« Même si c'est sans cœur, il faut le faire, de peur qu'ils nous couvrent de honte pendant la bataille mondiale des représentants. »
« Notre famille ne peut pas être déshonorée. »
« C'est décidé alors, Felix obtiendra un Bracelet AP comme récompense, pendant que les autres cadets seront punis. Séance levée. »
L'ancien aux cheveux blancs tapa deux fois ses jointures sur la table et se leva. Les anciens rassemblèrent leurs affaires et quittèrent l'étage, chacun partant de son côté.
Les seuls qui restèrent furent les inspecteurs, qui avaient probablement un rang élevé dans la famille pour assister au conseil des Anciens prenant les décisions.
« Je te l'avais dit, connard stupide. Un jour, tes yeux jugeurs te causeront des ennuis dont tu ne pourras pas t'échapper. »
La femme afficha un sourire suffisant en pointant son doigt sur lui. Elle se retourna ensuite et courut après les anciens, laissant l'inspecteur homme seul face à une vitre.
Au bout d'un moment, il soupira et quitta l'étage à son tour. Il avait déjà réalisé qu'elle avait raison. Les gens changent, qu'on le veuille ou non. Mais ça dépend de nous si on change notre regard sur eux ou si on continue d'utiliser leur caractère passé comme critère de jugement.
« Je suppose que mon tour de changer est venu aussi. » Il ricana face à l'ironie de la situation en entrant dans l'ascenseur.