À la vue de l'ours, Lin Qianqian eut peur : « Il va nous mordre, pas vrai ! »
Lu Zhe hocha la tête : « Oui, c'est un animal très dangereux ! »
« Qu'est-ce qu'il mange ? »
« Des termites ! »
Lu Zhe regarda la silhouette familière : « Les deux mets préférés de l'ours malais sont le miel et les termites. Sa longue langue peut s'enfoncer dans les termitières pour attraper directement les termites à l'intérieur. »
Lin Qianqian resta un instant stupéfaite, et frémit involontairement en songeant à Lu Zhe suçant le venin de scorpion.
Elle pensait secrètement : Frère Zhe est-il en train de me faire comprendre quelque chose ?
Lu Zhe se leva et dit : « Allons lui causer un peu. »
« Hé, c'est pas dangereux, j'espère ! »
« T'inquiète, je le connais bien ! »
Lu Zhe s'approcha. L'ours malais dévorait encore joyeusement des termites, complètement inconscient de l'arrivée des humains.
Lu Zhe lui tapa sur l'épaule !
Il se retourna, la gueule pleine de termites, et flippa littéralement en voyant Lu Zhe, faisant un salto arrière. Il se releva et s'apprêtait à fuir.
Lu Zhe lui attrapa la patte arrière.
Il se débattit pour courir mais ne put s'échapper. Il voulut se retourner et mordre par instinct, mais face à l'air inoffensif de Lu Zhe, il n'osa pas vraiment mordre. Il poussa un hurlement désespéré et s'assit par terre.
Il avait l'air résigné.
« On se retrouve, mon pote ! »
Ours malais : « ... »
« T'es un animal nocturne, tu fous quoi en plein jour ? »
Ours malais : « ... »
« T'as faim, hein ! »
L'ours malais grogna.
Lu Zhe lui tapota la tête : « Écoute, y'a eu trop de malentendus entre nous, et je suis vraiment désolé de t'avoir blessé par accident plusieurs fois. Mais je te jure, c'est la dernière. Tant que tu ne touches plus aux termites ni au miel, je te tape plus ! »
On aurait dit que l'ours malais comprenait. Il agita ses pattes avec désespoir, comme pour dire : « Prends tout ce que tu veux... »
« Je veux rien te prendre. Je veux juste appliquer sur cette île une philosophie de développement globale, coordonnée et durable, pour favoriser l'épanouissement global des insulaires et des animaux ! D'un coup de langue, tu chopes à peine un peu de protéines, mais des centaines de termites y passent, et toute la termitière risque l'anéantissement. T'trouves ça normal ? »
Bien que l'ours malais ne comprenne pas les mots de Lu Zhe, il sentit qu'il avait raison. Il baissa la tête, honteux.
« À partir de maintenant, je m'en fiche si tu chopes une souris, si tu déterres des œufs d'oiseaux, si tu manges une banane ou si tu piques une noix de coco. Y'en a plein l'île. Mais plus de termites, d'accord ? »
L'ours malais grogna, impossible de savoir s'il acceptait ou refusait.
« Bien, je te file des bananes pour caler ta faim en attendant. Casse-toi sur ton territoire, c'est pas chez toi ici, c'est dangereux ! »
En parlant, Lu Zhe le relâcha. Il sortit une grappe de bananes de son sac et la lui lança.
Il regarda les bananes avec méfiance, craignant qu'un truc affreux ne jaillisse dès qu'il croquerait dedans.
Le visage de Lu Zhe s'assombrit, et il hurla soudain : « Bouffe, vite ! »
L'ours malais frémit de peur et fourra immédiatement les bananes dans sa gueule. Il fut surpris de constater qu cette fois, on ne l'avait pas eu.
« Tu vois, bien plus obéissant ? »
Lin Qianqian fut surprise : « Cet ours est vachement humain ! »
« Surtout parce qu'il est impressionné par mon charisme. »
Lin Qianqian acquiesça : « Moi aussi je suis impressionnée ! Au fait, on démonte pas juste une partie des termitières ? »
« Ce serait trop chiant de les déplacer, on va... » Lu Zhe remarqua qu'après avoir fini les bananes, l'ours malais ne partait pas. Au contraire, il s'assit à côté de lui, se gratta la gueule et se gratta le ventre.
« Pourquoi tu te casses pas ? »
« Grrr ! »
Lin Qianqian réfléchit un instant : « Il a sûrement encore faim ! »
Lu Zhe secoua la tête : « Probablement pas... On dirait qu'il dit qu'après avoir mangé notre bouffe, il veut nous filer un coup de main, sinon il se sentirait mal. »
« C'est ça ? »
« Absolument. Il partira pas tant qu'on lui aura pas laissé faire un truc. »
En parlant, Lu Zhe attacha un panier en bambou sur le corps de l'ours malais.
L'ours malais poussa deux ou trois cris de confusion, se tordant pour essayer de virer le panier. Mais en voyant Lu Zhe, il n'osa finalement pas le faire.
Lu Zhe usa d'une pelle pour déterrer un tiers de la termitière, puis mit les morceaux dans le panier.
« C'est vachement plus facile avec ton aide, Frère Ours ! »
L'ours malais grogna deux fois, l'air de protester et de se plaindre.
Après une demi-heure de recherche supplémentaire, Lu Zhe trouva une deuxième termitière. Pareil, il n'en démonta qu'un tiers et mit les morceaux dans le panier de l'ours.
Bien sûr, l'ours malais léchait parfois les termites dans les fragments de termitière, et Lu Zhe ne l'en empêcha pas. Après tout, les termites d'ici étaient de toute façon voués à être nettoyés.
À ce moment, Lu Zhe repéra de nouveau des traces de singes.
Pas un seul, mais tout un groupe.
Ils piaillaient bruyamment au loin, dans les palétuviers rouges.
Comment les singes avaient-ils pu se regrouper à nouveau deux jours à peine après la mort de leur roi singe ?
Lu Zhe était un peu inquiet, mais aussi curieux.
« Allons voir ! » Lu Zhe prit la main de Lin Qianqian et s'approcha discrètement du groupe de singes. L'ours malais le suivit aussi, mais Lu Zhe lui fit signe de la main : « Tu pues trop l'ours, reste plus loin ! »
L'ours malai s'enfuit soulagé.
Lu Zhe trouva un creux rocheux pour s'y cacher avec Lin Qianqian.
« Ils nous balanceront des cailloux s'ils nous repèrent ! » chuchota Lin Qianqian, inquiète.
« C'est pour ça qu'il faut faire gaffe à pas se faire repérer. Je veux voir ce qu'ils trament ! »
Le creux rocheux était très étroit. Lu Zhe et Lin Qianqian durent se serrer l'un contre l'autre pour y entrer tous les deux.
Lin Qianqian pensa : « Comme prévu, Frère Zhe trouve toujours des prétextes différents pour se rapprocher de moi, alors que je suis incapable d'inventer des méthodes aussi astucieuses... »
Elle se blottit doucement contre Lu Zhe.
Mais les yeux de Lu Zhe restaient fixés sur le groupe de singes !
À cet instant, dix-sept ou dix-huit singes étaient accroupis dans les arbres. On aurait dit que le groupe avait pas mal diminué !
Seuls deux singes étaient au sol, espacés de deux mètres, se dévisageant avec des yeux qui semblaient en feu.
Bien que moins gros que le précédent roi singe, ils figuraient encore parmi les plus costauds du groupe.
Lin Qianqian chuchota : « Qu'est-ce qu'ils font ? »
Lu Zhe hocha la tête : « Ils font probablement un duel pour décider qui deviendra le nouveau roi singe chef de ce groupe. Comme ça, ces singes auront à nouveau un commandant. »
À peine eut-il fini sa phrase que les deux singes se mirent à piailler et à se battre.
Ils chopèrent tout ce qu'ils purent — cailloux, branches — et se les balancèrent violemment à la figure, visiblement pour se tuer !
Les singes dans les arbres piaillaient aussi, comme pour les encourager !
Le combat dura une heure entière, jusqu'à ce que le plus fort finisse par battre le plus agile. Le perdant resta en état de mort imminente.
Les autres singes lui lancèrent ensemble des projectiles, achevant le vaincu pour asseoir l'autorité absolue du nouveau roi singe.
Le nouveau roi singe haletait, exténué, mais il avait réussi son couronnement !
Les autres singes lui apportèrent des fruits et des pattes de crabe, lui offrant leurs bénédictions au nouveau roi !
Il grimpa arrogamment dans un arbre pour tout dominer du regard.
Dans les jours à venir, il mènerait sa troupe de singes à continuer de proliférer et de rayonner, corps et âme, pour devenir les seigneurs de l'île déserte !
À cet instant, l'anticipation se lisait dans les yeux de chaque singe.
Face à ce spectacle, même Lu Zhe fut ému. Puis il banda son arc et encocha une flèche !
« Fwouh ! »
Il décocha une flèche droit dans le torse du nouveau roi singe !
Le roi singe n'eut même pas le temps de chauffer son trône avant de tomber de l'arbre, mort !
Les autres singes restèrent sidérés par ce revirement soudain. Ils hurlèrent et se dispersèrent !
Lu Zhe remit son arc : « Bon, ils pourront plus faire chier pendant un moment. On peut y aller ! »