La guerre sur l'Étoile Heijian n'avait pas ralenti le moins du monde avec le départ de Gu Hang.
Les forces armées établies par le Nouveau Conseil des Rois avaient déjà atteint cinq cent mille hommes, déployés sur les lignes de front.
C'était à peu près la limite des troupes actuellement disponibles.
Ce n'était pas une limite pour les pays pris individuellement, toutefois.
À ce jour, onze pays avaient rejoint le Nouveau Conseil des Rois, pour une population totale atteignant 120 millions, il ne les saignerait pas de prélever cinq cent mille hommes sur leurs armées permanentes et leurs forces de réserve.
Mais c'était la limite pour le Nouveau Conseil des Rois.
Cette nouvelle organisation avait été fondée uniquement sous la menace militaire des forces de l'Étoile Hibou Enragé ; l'anéantissement de Stefano en quarante jours conduisant à la reddition de la Reine du Rideau de Fer, entraînant à son tour la capitulation de neuf pays voisins sous l'effet de cette intimidation militaire, établissant ainsi le Nouveau Conseil des Rois.
Ses fondations étaient d'une instabilité extrême.
Une alliance basée sur la force militaire ne peut se permettre de montrer la moindre vulnérabilité militaire.
Si l'Armée de l'Alliance ne parvenait pas à maintenir un élan rouleau compresseur, les rois commenceraient à s'interroger ; si l'Armée de l'Alliance subissait une défaite majeure, ils retourneraient probablement leur veste immédiatement.
Même Stefano, soumis, ne faisait pas exception, penchant désormais vers l'alliance sous la répression de la Reine du Rideau de Fer, pourtant des restes de généraux vaincus rôdaient encore dans l'ombre. Ils n'osaient pas faire de mouvements téméraires, restant sagement en place, et n'oseraient peut-être même pas broncher face à des tentatives d'éradication, se soumettant potentiellement sans résistance.
Cependant, si l'alliance subissait un revers militaire significatif, ces chefs militaires et ces rois, désormais dociles comme des chiens, se dresseraient probablement sur-le-champ.
Après tout, servir de chien à l'alliance relevait du désespoir de survivre quand la défaite était certaine ; donnée une chance, qui ne voudrait pas être son propre seigneur féodal ?
Dans une telle situation, on ne pouvait pas se permettre de lever trop de troupes, de peur de jeter le doute sur la puissance militaire de l'alliance, en se demandant pourquoi elle avait encore besoin de leurs gens pour se battre.
De plus, la fiabilité de ces forces vassales était également plutôt suspecte, chaque nation féodale étant enlisée avec d'innombrables autres par des mariages nobles et des intérêts acquis. Il était possible pour n'importe quel chevalier, comte ou général de faire défection à un moment critique.
En fait, Perbov n'osait effectivement pas confier de positions défensives vitales ni de lignes de vie logistiques importantes à ces forces vassales.
Si quelque chose tournait mal, ce serait la catastrophe totale.
Néanmoins, avec cinq cent mille troupes vassales, les mains de Perbov étaient indéniablement plus libres en termes de forces.
Bien que, face à une armée ennemie de trois millions, il ne pouvait pas adopter une posture offensive trop agressive, ni entreprendre un assaut à grande échelle sur des centaines de kilomètres de front. Mais il avait enfin assez de troupes pour constituer des formations de pointe avec les unités d'élite de l'alliance, ciblant des fronts spécifiques pour des frappes concentrées.
Lui aussi mettait en œuvre l'approche modifiée qu'il avait rapportée au Gouverneur Gu Hang.
Il cessa de se soucier des points stratégiquement importants ou des villes à forte symbolique politique, utilisant plutôt les fortes capacités de percée des unités blindées et l'excellente mobilité des unités motorisées, et lorsque nécessaire face à des positions difficiles à réduire, il pouvait même faire appel à l'assistance des Guerriers Interstellaires…
Par ces moyens, au cours des quatre derniers mois, Perbov avait mené trois magnifiques batailles d'anéantissement.
Dans deux d'entre elles, l'alliance avait pris l'offensive. Par un mouvement de pince, elle réalisa des percées des deux côtés d'un front large d'environ quatre-vingts kilomètres, encerclant les troupes du royaume du centre qui n'avaient pas pu battre en retraite à temps.
S'ensuivait la coupure des lignes de ravitaillement, le blocage des renforts, l'empêchement des sorties, et le bombardement de l'ennemi encerclé par l'artillerie lourde sur une période prolongée.
La première fois, cent soixante-dix mille troupes du royaume furent encerclées ; n'ayant pas tiré la leçon, la seconde fois aboutit à trois cent trente et un mille troupes piégées de manière décisive.
Pour ces deux campagnes, Perbov choisit délibérément des zones non urbaines. Les ennemis encerclés se comptaient en centaines de milliers et ne pouvaient pas éventuellement glaner suffisamment de nourriture sur place.
Sans parler du fait qu'une armée moderne, privée de munitions et de carburant, verrait son efficacité de combat chuter drastiquement, ce qui a peu à voir avec l'esprit de combat ; après tout, même les soldats les plus braves ne peuvent pas faire apparaître des balles par la seule force de leur volonté.
De surcroît, ces armées féodales manquaient simplement d'une telle discipline.
L'issue finale de ces deux batailles d'anéantissement fut une victoire éclatante pour l'Armée de l'Alliance.
Les unités détruites n'avaient pas toutes été tuées ; la plupart devinrent prisonnières et furent envoyées dans des camps de prisonniers à l'arrière pour y effectuer des travaux forcés comme la réparation de routes et le creusement de tranchées, après avoir été désarmées.
Après avoir subi de lourdes pertes, l'armée du royaume refusait de reconnaître sa défaite. Elle organisa une contre-offensive massive, investissant effectivement des moyens considérables.
L'armée du royaume n'avait pas que le nombre. Dans le domaine des armes ultimes, elle possédait une vraie menace pour l'Armée de l'Alliance — douze Titans Chevaliers assemblés.
Pour les royaumes sur l'Étoile Heijian, les possessions les plus précieuses étaient assurément les Titans Chevaliers.
Leur force allait de soi, un coût de sept cent mille Pièces d'impôt chacun en témoignait. Avec le temps, la présence des Titans Chevaliers devint progressivement un symbole de la puissance d'une nation et du statut d'un noble.
En effet, les soi-disant « Sept Grandes Nations de l'Étoile Heijian » désignaient les sept États capables de se payer et, plus important encore, de maintenir des Titans Chevaliers.