Le président Pierre était fort mécontent.
En apprenant que l'Alliance mobilisait soudainement d'importantes troupes, sa première réaction fut de supposer qu'il s'agissait d'une pression extrême exercée par l'Alliance.
C'était une pensée parfaitement normale de sa part.
Il avait déjà discuté avec les Moniales de Combat pendant plusieurs rounds et leur avait apporté une certaine aide. Ensuite, il avait également communiqué de manière assez amicale avec le gouvernement de la Province Centre-Nord de l'Alliance.
Il s'était même tenu prêt à envoyer bientôt une équipe de négociation secrète à la Cité de la Renaissance pour discuter avec le Gouvernement de l'Alliance des conditions selon lesquelles les Industries Polaires rejoindraient l'Alliance et accepteraient sa juridiction.
Et maintenant, à cet instant, l'Alliance avait soudainement recours à l'action militaire — qu'est-ce que cela signifiait ?
Bien qu'il n'y ait pas de conflit direct et que cela n'atteigne peut-être même pas les frontières du Territoire du Nord, la simple présence de dizaines de milliers de soldats à la frontière de la Province Centre-Nord et du Territoire du Nord constituait une déclaration muette.
Le fait que l'Alliance joue une telle carte à la veille des négociations visait clairement à faire pression, à faire baisser les conditions de l'intégration ultérieure des Industries Polaires dans l'Alliance.
Il avait effectivement préparé un certain nombre de conditions, après tout, ils ne se rendaient pas en cas de défaite — ils conservaient de rares capacités de production industrielle à grande échelle sur l'Étoile Hibou Enragé, capables de maintenir efficacement leur règle sur le vaste Territoire du Nord, avec sa population de plus de deux millions d'habitants qui pouvaient être influencés par les Industries Polaires, plus ou moins.
Dans ces circonstances, ils avaient bel et bien la qualification pour négocier certaines conditions.
Par exemple, la direction du Groupe Industriel Polaire, ceux qui prenaient la décision de « rejoindre » l'Alliance, pourrait-elle bénéficier d'un meilleur traitement ?
Les Industries Polaires pourraient-elles conserver une certaine autonomie dans le Nord ?
Pourraient-elles recevoir un soutien technique de l'Alliance ?
L'Alliance ouvrirait-elle ses marchés aux Industries Polaires ?
De telles préoccupations, en effet, il y avait de nombreux points qui pouvaient être discutés.
En fait, la raison pour laquelle les Industries Polaires avaient tardé à envoyer une équipe de négociation officielle vers le sud pour rencontrer M. Gu était qu'elles n'avaient pas encore réglé ces questions en leur sein.
Pierre était le président du groupe, oui, mais il n'était pas le seul décisionnaire au sein d'un conglomérat aussi important — les factions et les intérêts étaient des affaires compliquées.
Et maintenant, avec le déploiement de troupes par l'Alliance, cela signifiait-il :
« Ne me parlez pas de conditions, il n'y a pas de conditions à discuter. »
Étaient-ils vraiment si hautains ?
Mais que pouvait-il faire ?
Il ne semblait rien pouvoir faire.
Il pouvait proférer des menaces, refuser la fusion, utilisant le Territoire du Nord comme levier pour résister aux mouvements militaires de l'Alliance.
Mais il savait que de telles menaces ne portaient pas.
Un facteur fondamental ne pouvait être inversé : ils n'avaient aucun espoir de vaincre l'armée de l'Alliance.
C'était la vérité la plus désespérante et la plus vexante.
Tout en fronçant les sourcils et en tripotant sa barbe, la porte de son bureau s'ouvrit.
Une grande dame en armure énergétique blanche et verte entra.
Un casque glissé sous le bras, elle salua le président Pierre avec un sourire : « Monsieur le Président, bonjour. »
« Supérieure Georgette. » Pierre n'avait pas l'humeur aux politesses, il dit d'un ton grimace : « Votre Alliance a des manières fort déplorables. Nos négociations progressaient de manière ordonnée. Par le passé, j'ai aussi cherché à faciliter vos actions et je m'efforçais progressivement de marquer une distinction claire avec ces sectaires. Tout évoluait dans une direction positive. Pourquoi y aurait-il des troupes de l'Alliance qui s'amassent et se dirigent vers le nord ?
— J'exige une explication ! »
Georgette n'appartenait pas à l'Alliance, mais elle ne chercha pas à corriger la supposition de Pierre.
Elle dit : « Vous avez raison, mais il y a eu des changements. Mes sœurs et moi quitterons bientôt cette planète ; nous avons promis à M. Gu que nous réglerions tous les problèmes au sein de la Ville Industrielle Polaire avant de partir. »
Georgette ne cacha aucune information et donna les raisons. Puis elle conseilla sincèrement : « Par conséquent, demain, le drapeau de l'Alliance doit flotter sur la Ville Industrielle Polaire. Les questions comme les conditions d'adhésion, vous pourrez les discuter après. »
Pierre faillit éclater de rage.
Il se leva brusquement et dit : « Négocier après que l'Alliance ait pris le contrôle de la Ville Industrielle Polaire ? Comment pouvez-vous seulement dire une chose pareille ? À ce moment-là, il ne restera plus rien à discuter ! Tout le groupe sera à la merci de l'Alliance ! »
Georgette soupira et dit : « Je suis désolée de devoir vous le dire, mais je dois vous le dire, c'est un ultimatum. »
« Oubliez ça ! » rétorqua Pierre. « Alors que l'Alliance essaie ! Nous ne nous laisserons pas intimider ! Nous armerons chacun des trois millions de citoyens du Territoire du Nord ! Nous soutiendrons pleinement les activités de la Secte de l'Hibou Primordial de la Colère !
Peut-être que même si nous le faisons, l'Alliance gagnera quand même, mais elle saignera, elle paiera un prix terrible, et ce qu'elle obtiendra ne sera rien d'autre que la terre brûlée du Territoire du Nord ! »
Ses mots étaient défiants.
Mise à part la question de savoir si ces paroles étaient sincères ou si les Industries Polaires auraient vraiment la détermination de les suivre quand viendrait le moment, du moins devait-il afficher une telle attitude maintenant, sans quoi il serait vraiment une proie facile.
Mais Georgette ne se laissa pas swayé.
« Président Pierre, est-ce là la réponse officielle que vous donnez ? »
Elle fixa sévèrement le président du groupe.
Pierre marqua une pause, son cœur s'emballa, sentant quelque chose de funeste.
Mais ayant atteint ce point, il ne pouvait pas reprendre ses paroles défiantes en l'espace de quelques secondes.