« Je me charge moi-même de l'affaire de Kuhn, tu peux donc retourner dans ta chambre. »
« Mais… »
avait une brève altercation avec au sujet de son déguisement en Len.
Le bruit de coups frappés à la porte les interrompit. et se regardèrent, puis se glissa vivement derrière les courtines du lit pour se cacher. S'ils étaient contraints de fabriquer un alibi selon lequel passait la nuit ici, il se répandraient à coup sûr dans tout le palais du prince héritier dès le lendemain.
lança un coup d'œil au chevet où se dissimulait, puis se tourna vers la porte et répondit.
« Entrez. »
C'était Zenard qui s'engouffra dans la pièce à la hâte.
« Je vous présente mes excuses, Votre Altesse. Il y a un rapport urgent et je n'ai eu d'autre choix que de… »
Sachant qu'il était avec , Zenard allongea ses justifications, mais le coupa net.
« Allez à l'essentiel. »
« L'Impératrice a envoyé une équipe de fouille dans notre secteur. Ils sont entrés sans permission. Ils ont dit qu'ils recherchaient un homme qui s'était introduit dans le palais de l'Impératrice, et il semble qu'ils cherchaient Kuhn. »
« Il a donc dû s'enfuir du palais de l'Impératrice. Où se trouve l'équipe de fouille maintenant ? »
« Nous les avons chassés, mais ils rodent encore aux alentours pour le trouver. »
« …Ces soldats insolents. »
Les yeux de étaient de glace.
« Dis aux espions que tu as placés dans le palais de l'Impératrice de surveiller Kuhn, et ramène tous les autres hommes postés aux abords du palais pour former un groupe. J'arrive tout de suite. »
« Oui, Votre Altesse. »
Zenard s'inclina et quitta la pièce, et ressortit de derrière le rideau du lit.
« Tu comptes encore m'en écarter ? »
« …Je le voudrais, si c'est possible. »
« Eh bien, si tu ne peux pas me prêter une armure, je me la procurerai moi-même. Je ferai à ma façon. »
hésita à ses mots, puis continua avec une grande réticence.
« Je vois. Alors je te donnerai une armure à porter. Mais ne me quitte pas des yeux cette fois. »
« N'oublie pas notre contrat, Caril. Si tu t'opposes à ce que je fasse partie de ta garde, je trouverai un autre moyen d'y parvenir. Et cela risque de ne pas te plaire. »
Chaque fois qu'elle levait l'épée, s'y opposait, rendant son travail plus difficile à chaque fois. Elles s'étaient déjà accordées sur le contrat, et elle s'était déjà expliquée sur le Pont aux Fleurs. n'avait plus de patience pour le persuader.
« Je sais que tu en es capable. C'est ce qui m'inquiète. »
« … ? »
« J'ai peur que tu finisses par assumer une tâche aussi dangereuse que le sont tes capacités. »
« Je suis prête. »
« …Je le sais. J'ai compris la dernière fois que tu l'as dit. Mais souviens-toi, s'il te plaît, de ce que je dis maintenant. »
Les yeux bleus de plantèrent droit dans les yeux rouges d'. Elle l'écouta malgré l'obscurité qui pesait dans l'air.
« Ne te blesse pas. Si tu es en danger, ne te retourne pas et assure ta sécurité. »
« Alors… »
Elle allait demander à quoi servait d'être sa garde s'il en allait ainsi, mais continua d'une voix encore plus douce.
« Je te l'ai dit. Si tu te blesses… je risque de devenir fou. »
Il ne savait vraiment pas ce qui arriverait si elle se blessait. Il était hautement probable que ce soit comme la fois où il avait tranché la tête d'un noble pour l'apporter à une réception.
ne put faire d'autre chose qu'acquiescer pour l'instant, ne serait-ce que pour le rassurer.
« Je comprends. Je ferai attention de ne pas me blesser. »
« Bien. »
lui offrit un pâle sourire, et continua.
« Pourvu que tu ne sois pas en danger, toi. Parce que dès que tu le seras, je ne pourrai pas m'en empêcher. Ta sécurité est plus importante que tout pour moi. »
Les yeux de s'élargirent légèrement, et il détourna la tête en portant une main à sa bouche. Ses oreilles lui parurent un peu rouges.
« …Tu dis des choses si tendres avec une telle désinvolture. »
« Quoi ? »
fut surprise de sa réaction à sa remarque. En y repensant, elle avait dit qu'elle le ferait empereur parce qu'elle voulait devenir impératrice, mais elle n'avait jamais dit ouvertement que sa vie comptait pour elle. débattit avec elle-même pour savoir si elle devait s'expliquer davantage ou non.
, cependant, n'avait aucune intention de prolonger cette longue conversation, et désigna le mur en face d'.
« Il y a des armures là-bas, tu peux en choisir une qui te convient. »
Une tension étrange flottait dans l'atmosphère, mais hocha la tête.
« D'accord, alors… »
Alors qu'elle marchait dans la direction qu'il indiquait, elle sentit soudain la chaleur lui monter au visage. Elle était embarrassée parce qu'il l'était.
« …Avec juste ces quelques mots. »
ne parvint pas à s'adapter à ce brusque changement d'atmosphère, du sérieux à l'étrange.
Elle examina la rangée d'armures. Peut-être parce que sa chambre était proche du terrain d'entraînement, les armures de étaient prêtes à être portées. choisit la plus petite et posa un heaume sur sa tête. Elle fut reconnaissante de pouvoir cacher la rougeur sur son visage.
et arrivèrent dans la zone extérieure du palais du prince héritier, là où Kuhn avait été vu pour la dernière fois. Zenard, qui les y attendait, s'avança rapidement vers et s'inclina.
« Qui est cet homme à tes côtés ? »
« Tu l'as déjà vu. »
« Du Pont aux Fleurs… ! Depuis quand es-tu à l'intérieur du palais ? »
jeta un coup d'œil à et parla d'une voix basse.
« Il s'occupe de certaines affaires secrètes pour moi depuis un certain temps. C'est pourquoi il doit toujours se couvrir le visage. »
« Ah, je vois. »
Zenard répondit affirmativement, mais ses yeux restaient méfiants. Cela faisait longtemps, mais Len était si différent d' que Zenard ne la reconnut pas.
« Tu dois me haïr. »
C'est alors qu'elle pensait aux yeux désapprobateurs de Zenard qu'elle remarqua des dizaines d'autres hommes du prince héritier qui approchaient. Parmi eux se trouvait Morgan, un grand homme puissant qui avait essayé de se quereller avec elle au Pont aux Fleurs. Il fit un signe de la main à lorsqu'il la remarqua.
« Quoi ? Je pensais qu'il allait recommencer à se quereller… »
Le groupe se déplaça rapidement vers et l'homme en tête lui fit son rapport.
« Votre Altesse, nous avons fouillé le sud-ouest et nous n'avons trouvé aucune trace de lui. »
« Allons alors au nord-ouest. »
donna l'ordre, et les autres le suivirent. Parmi eux se trouvait , juste derrière .
Ses yeux rouges brillaient sous le heaume. La recherche commençait.