Je fus surpris.
Alors que nous, les élèves de première année, regardions, deux adultes se livraient à un combat sérieux.
« C’est dingue… c’est vrai qu’ils n’utilisent pas de magie ? »
« Pas de renforcement corporel non plus… comment… comment peuvent-ils bouger comme ça ? »
« On va pouvoir… obtenir notre diplôme ? »
On comprend que les élèves laissent échapper leur voix.
À présent, nous avions le privilège d’observer de près le duel entre Milk et Darius.
« Roux, t’as pas mal progressé. »
« Je suis pas prof pour rien, moi. »
Je savais bien sûr qu’ils se connaissaient depuis longtemps.
Darius devait être un camarade de l’époque où Milk était chevalier.
Darius est professeur ici, il nous enseigne principalement la tactique, le combat et la survie.
Ce combat vise à prouver les compétences de Milk en tant qu’enseignant vacataire.
Pour faire taire les gamins de nobles qui se la pètent, il n’y a qu’à leur montrer la réalité.
L’objectif est pleinement atteint, plus personne n’osera répondre à Milk.
Bon, à la base personne n’en était capable de toute façon.
« Haa ! C’est bon ça ! Se battre contre un costaud, c’est quand même marrant ! »
« De-vant-les-élèves-ton-langage-arrête-le ! »
Les attaques de Milk sont terribles, alliant vitesse et puissance.
Sans temps mort, haut, bas, gauche, droite, et dès qu’une ouverture apparaît, coups de pied et percées pleuvent.
Pendant notre entraînement, il se retient, mais si on y ajoute la magie, c’est terrifiant.
Darius, lui, mise sur la force brute que lui donne son corps musclé et massif.
Ses cheveux rouges dressés sur la tête le montrent bien : c’est la force pure, un vrai mâle.
Dans l’original, ses stats de force étaient déjà hallucinantes.
Même moi qui connais tout, je reste fasciné par ce combat.
Le choc des premières années qui découvrent ça est inimaginable.
Et ça, c’est peut-être une divergence : j’ai appris que Darius et Allen étaient proches.
Dans l’original, ils n’avaient aucun lien particulier, mais selon les infos de Cynthia, Darius était son maître avant l’entrée à l’académie.
C’est ça, le secret de la force d’Allen ?
Et enfin, le dénouement total.
Le dernier coup de Milk touche le visage de Darius et met fin au duel.
Au final, on a eu une leçon de réalisme sur l’écart de niveau.
Pourtant, les visages des élèves rayonnent de satisfaction.
Une seule raison : cet exercice se déroule au-dessus de la piscine.
« Voici le cours du jour. Un par un, vous m’affrontez. Celui qui tombe à l’eau a perdu. Le gagnant enchaîne contre le suivant. »
« « « Oui, professeur Milk ! » » »
Sous les regards glacés des filles, les garçons répondent d’une seule voix, impeccablement.
Nous sommes à la piscine, et Milk porte un maillot depuis le début.
« Weiss, passe devant. »
*Balourd, balourd*, je ne sais même pas ce que je dis, *balourd, balourd*.
La peau mate de Milk, son bikini rouge, *balourd, balourd*.
Ah, *balourd, balourd*.
Puisque la voix de mon cœur semble lui parvenir…
« Je te tue. »
… elle m’assène une menace frontale.
Désolé, *balourd*.
D’ailleurs, pourquoi la prestigieuse académie Noblesse, réputée pour être le sommet, fait-elle un cours pareil ? Simplement parce que c’est un jeu.
L’original était super 재미있고 populaire.
Du coup, l’événement piscine est forcément inclus, pour une raison obscure.
Académie de nobles ? Gentilshommes et dames ? Oubliez ces conneries.
Les élèves sont en maillot, mais les filles portent n’importe quoi : bikini, maillot de compétition, zéro cohérence.
Si on baisse la garde, un « pourquoi ? » nous échappe.
Mais c’est aussi ce qui fait le charme de l’œuvre : personne ne relève l’incohérence.
Moi non plus, je ne ferai pas cette remarque déplacée.
Une seule raison : modifier le scénario sans réfléchir attire les ennuis.
Juste ça.
Absolument aucune arrière-pensée.
Vraiment, aucune.
« Weiss, je dois te foutre à l’eau. »
« Essaie, Duke. »
Un gars tout en muscles me barre la route.
Dans sa main, pas une épée, mais une sorte de bâton mou bizarre.
Debout sur une petite planche qui flotte, je tiens à peine l’équilibre.
« Orâââââ ! »
« Disparais. »
« Nn-orââ ! »
« Salaud de bodybuildé. »
« Orâ-orâââââââ ! »
Il est coriace.
Cinq fois plus coriace que d’habitude.
Ce cours permet de continuer à se battre tant qu’on gagne.
Bien sûr, contre les filles aussi.
Ce mec… c’est un vrai mâle.
Je lui upgrading sa ration de protéines : poulet grillé au lieu de poudre.
Mais je parviens quand même à le faire tomber.
La suivante, c’est Karta.
Un maillot une pièce bleu marine, genre non spécifié, sans doute pour limiter l’exposition.
Sa gêne maladroite, je n’aime pas détester.
Il y a *balourd, balourd, balourd, balourd* au moins.
Une fois de temps en temps, ce genre de corps qui donne envie de dire « c’est pas mal non plus », ça va.
« We-Weiss-kun, je ne perdrai pas. »
Les joues rouges, elle mord sa lèvre inférieure.
Si c’est si gênant, pourquoi ne pas contester ce cours ?
Et au lieu de tomber direct, elle se bat désespérément, agitant son bâton n’importe comment.
*Balourd, balourd*, les encouragements des garçons résonnent.
« Weiss, t’es fou… »
« Comme prévu de Weiss, il décale son axe à gauche à droite… vas-y, continue. »
Pour une raison mystérieuse, ma cote de popularité monte aussi, mais je m’en fiche.
Et je fais tomber Karta sans pitié.
Pas question de m’excuser. C’est un cours.
Ensuite vient Cynthia. Elle, bikini noir.
Corps généreux, taille fine, superbe. Normal pour ma fiancée.
« Même si c’est Weiss, je ne ferai pas de cadeau. »
« Ah. »
Bien sûr, je gagne. *Balourd, balourd, balourd* environ.
« Weiss-sama, moi non plus je ne perdrai pas. »
« Ah. »
Lilith, maillot rose à volants tout mignons. Un anachronisme total, mais ma victoire. *Balourd*.
Je pensais qu’Allen serait le dernier, mais c’est Milk qui se dresse devant moi.
« C’est moi la dernière. »
« Avec plaisir, professe… *balou*… Milk-sensei. »
J’ai failli me planter.
Et le combat fut serré. Évidemment, je ne veux pas perdre non plus.
Ce cours rapporte mystérieusement des points.
Mais c’est *balourd*-sensei, impossible de gagner.
Le cours se termine, on se change en classe, et des gars qui ne m’adressent jamais la parole viennent me voir.
« Weiss, t’as assuré ! J’ai changé d’avis sur toi ! »
« Vrai, vrai, je t’avais mal jugé. »
« Faut dire, le *haut-bas* qui balance, c’est ce qu’il y a de mieux ! »
… Une cote trop basse pose problème, mais trop haute, c’est pas mieux non plus.
À ce moment, un cri de fille retentit de la classe d’à côté.
La porte s’ouvre brutalement et Allen revient, une marque de main sur la joue.
« La salle de change a changé, c’est ça… »
Comme esperado du héros, il clôture l’épisode par un lucky pervert.
… Putain, je suis jaloux.
Évidemment, ce cours n’aura lieu qu’une seule fois, ni avant, ni après.