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Records of the Human Emperor

Chapitre 52 : Le pari du duel d'épées

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Chapitre 52

Chapitre 52 : Le pari du duel d'épées

Chapitre 52/10848%~12 min de lecture2 363 mots

« Bien sûr que vous pouvez. »

La demande de Wang Chong ne troublait Mosaide en rien.

Shua !

De la main droite, il tira le sabre pendu à sa taille. À l'instant où la lame sortit, une lumière froide jaillit et fit le tour complet de la pièce. La température elle-même baissa avec l'apparition de cet éclat.

La salle sombra soudain dans le silence. Le visage de Wei Hao s'assombrit brusquement.

Ce sabre était plus prodigieux encore que celui qu'il avait vu autrefois auprès de son père, le duc de Wei !

Le marchand de Charax Spasinou, Mosaide, ne mentait pas. Le sabre qu'il tenait était bel et bien de tout premier ordre. Rien que l'aura glacée qu'il dégageait n'était pas de celles qu'une épée ordinaire pouvait égaler.

Il n'y avait probablement pas beaucoup de lames dans les Plaines Centrales capables de rivaliser avec lui.

« Tenez ! »

Mosaide lui tendit le sabre.

« Bon sabre ! »

Wang Chong ne fit pas de cérémonies. Il prit le sabre de Mosaide et l'examina. Depuis sa réincarnation, c'était la première fois qu'il contemplait un sabre de tout premier ordre de Charax Spasinou.

Là où les Plaines Centrales privilégiaient l'épée, le califat abbasside et Charax Spasinou privilégiaient le sabre. Et la structure de leurs sabres était complètement différente de celle des Plaines Centrales. D'abord, leurs sabres n'étaient pas longs, un chi environ. Ensuite, leurs lames étaient courbées en forme de croissant de lune.

(NdT : un chi vaut 33,3 centimètres.)

Wang Chong ne savait pas si cela avait un lien avec le culte de la lune qui règne là-bas.

Le fil du sabre de Mosaide était exceptionnellement acéré. On voyait qu'il avait été façonné et forgé avec un soin méticuleux. Comme dit l'adage, une seule feuille qui tombe annonce l'automne. À ce sabre, on comprenait que les techniques de forge des Contrées de l'Ouest étaient extrêmement élevées. Sur certains points, elles dépassaient même les Plaines Centrales.

Shua ! D'un tour de poignet de Wang Chong, la lueur froide fendit l'air. Puis le coin de la table, faite d'un bois de santal résistant et tenace, fut tranché sans un bruit.

Clang !

Le coin de la table tomba au sol.

« Un bon sabre ! »

complimenta Wang Chong. À côté de lui, en revanche, le visage de Wei Hao s'assombrit davantage.

Tenant le sabre à deux mains, Wang Chong l'essaya de quelques mouvements avant de le rendre.

« Monsieur Mosaide, que diriez-vous de changer légèrement la règle ? Puisque c'est une confrontation entre une épée et un sabre, il nous faut une règle pour le duel. Si vous en sortez vainqueur, je vous paierai le prix de mon épée. Et si vous perdez… je ne vous demanderai pas le plein prix de l'épée, 1 200 taels d'or suffiront ! »

« Wei Hao, je ne peux pas affronter un par un tous ceux qui viendront me défier. Tenons-nous donc à cette règle ! »

« Wang Chong ! »

Wei Hao était sous le choc. Un seul regard suffisait pour comprendre que le sabre de Mosaide n'avait rien d'ordinaire. Il s'apprêtait à supplier Wang Chong de refuser le défi à tout prix quand celui-ci proposa de telles conditions.

« Hahaha, parfait ! »

Mosaide était aux anges. Quoi que Wang Chong propose, du moment qu'il acceptait de l'affronter, 1 200 taels d'or ne représentaient pas grand-chose. La plupart des marchands de Charax Spasinou étaient habiles et possédaient d'immenses fortunes. Du moment qu'il atteignait son but ici, Mosaide se souciait peu de ce « petit pourboire ».

Et puis, les conditions de Wang Chong penchaient nettement en sa faveur. Il n'avait pas à payer le prix de l'épée de l'autre s'il perdait et, s'il gagnait… il y avait longtemps que Mosaide n'avait plus rencontré quiconque capable de triompher de son sabre.

En vérité, Mosaide espérait que Wang Chong gagnerait. Il pourrait ainsi acheter une épée meilleure encore !

« Il y a cependant une autre chose. Je ne peux pas me mesurer à vous tout de suite. Ce ne pourra être que dans sept jours ! »

dit Wang Chong.

« Ce n'est pas un problème, ne vous en souciez pas ! »

Mosaide laissa échapper un petit rire, sans y prêter attention. Du moment que Wang Chong acceptait sa demande, attendre sept jours ne le dérangeait pas.

« Au fait, une chose m'intrigue. En entrant, j'ai vu un énorme tas de métal devant votre porte. Puis-je savoir à quoi il sert ? À Charax Spasinou, nous n'avons pas cet usage. »

« Héhé, vous le saurez dans sept jours. »

Wang Chong laissa échapper un petit rire avant de tourner les talons.

« Ah, et si cela ne vous ennuie pas, j'aimerais suspendre mon sabre de Charax Spasinou au pavillon, à côté du vôtre. Est-ce possible ? »

Wang Chong n'avait pas fait trois pas que les mots de Mosaide résonnèrent derrière lui. On sentait la malice dans le ton. S'il était venu dans les Plaines Centrales, ce n'était pas seulement pour éprouver les épées des autres !

Wang Chong éclata de rire. C'était exactement ce qu'il avait prévu ! Ces marchands d'armes du califat abbasside et de Charax Spasinou saisissaient toutes les occasions d'exposer leurs armes et de se faire valoir.

Mais Mosaide ne savait pas qu'il venait de tomber en plein dans le plan de Wang Chong.

Wang Chong attendait précisément qu'il fasse cette proposition.

« Bien sûr que vous pouvez ! »

Sur ces mots, Wang Chong quitta la pièce.

« Wang Chong, tu es fou ! Sais-tu quel énorme problème va sortir de là ? »

Wei Hao sortit précipitamment de la salle, rattrapa Wang Chong et le sermonna, anxieux.

« Si l'on se fonde sur le prix de ton épée, sais-tu combien cela va coûter ? 2 400 taels ! Non, 4 800 taels ! Si tu gagnes, tu récupères moins de la moitié de la somme et, si tu perds, tu subis une perte énorme. À quoi penses-tu ? »

« Tu ne sais même pas si tu pourras réunir les 90 000 taels d'or du minerai d'Hyderabad, et l'échéance des 1 700 taels d'or empruntés au Pavillon des Huit Dieux approche à grands pas. Et te voilà en train de lancer un pareil défi. Tu attires une immense catastrophe sur ton clan, en as-tu conscience ? »

Wei Hao le grondait avec fureur, le visage empourpré.

Quand Wang Chong avait essayé le sabre de Mosaide, il était clair qu'il était plus tranchant que celui que son père avait acheté au marchand des Contrées de l'Ouest. Wang Chong avait vu de ses propres yeux la puissance de l'arme adverse, et il avait tout de même choisi d'accepter le défi. Wei Hao n'arrivait tout simplement pas à comprendre la logique de ses actes.

S'il avait promis d'aider Wang Chong en lui offrant une place au Pavillon du Papillon Bleu pour exposer et vendre son épée en acier wootz, c'était pour lui donner un coup de main et lui permettre de gagner de l'argent.

Après tout, ils étaient des frères qui avaient grandi ensemble. Il ne pouvait pas le laisser en plan.

Mais Wei Hao ne s'attendait pas à ce qu'une chose aussi simple finisse ainsi. Si cela tournait mal, non seulement Wang Chong ne gagnerait pas d'argent, mais il attirerait le clan Wang tout entier dans les ennuis par sa dette.

Et Wei Hao serait son complice !

Pour la première fois, Wei Hao éprouvait des regrets !

« Et puis, qu'est-ce que tu entendais par “nous tenir à cette règle” ? Si d'autres comme lui devaient venir, sais-tu combien d'argent nous aurions à payer ! »

Rien qu'à se rappeler la règle inventée par Wang Chong, Wei Hao paniquait.

« Ne t'inquiète pas, il ne peut pas gagner ! »

dit Wang Chong avec calme.

« Est-ce que tu sais… Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ? »

Wei Hao resta interdit.

« J'ai dit qu'il ne pouvait pas gagner ! »

Wang Chong laissa échapper un petit rire et répéta ses mots.

Wei Hao le fixa d'un air vide. Un moment, il ne put dire un mot. Toute la colère accumulée s'évanouit d'un coup sans laisser de trace.

« Il ne peut pas gagner ? »

Wei Hao n'en croyait rien. Il avait vu à quel point ce sabre était tranchant, dans la salle, un instant plus tôt.

« Hmm. »

dit Wang Chong avec calme. Son visage reflétait une confiance absolue. C'était la confiance qu'il avait en lui-même, et celle qu'il avait dans son épée en acier wootz !

Wei Hao resta interdit. Il avait couru derrière Wang Chong avec mille reproches à lui faire et, devant ces paroles arrogantes, il se retrouvait soudain sans voix.

Il ne savait pas d'où venait cette assurance qui lui permettait de se vanter d'avance de sa victoire.

Il avait constaté de ses yeux le tranchant du sabre de Mosaide. C'était un sabre de tout premier ordre au sens le plus strict. Son tranchant donnait une impression d'étouffement et de peur.

Un seul regard suffisait à offrir des cauchemars aux âmes timides !

C'est bien pour cela qu'il n'avait cessé de conseiller à Wang Chong de refuser le défi. L'épée de Wang Chong avait l'air impressionnante elle aussi, mais Wei Hao n'avait pas en elle une confiance absolue.

« Tu es sûr de pouvoir gagner ? »

Wei Hao hésita un instant avant de poser la question.

« Bien entendu. »

Wang Chong lui adressa un sourire confiant.

Il n'était nullement un imbécile. Il avait emprunté le sabre de Charax Spasinou à dessein, pour l'éprouver, et avait discrètement fait sonner le fil de la lame sous son doigt.

Le sabre de l'autre était effectivement tranchant, mais le matériau employé était moyen. De plus, des trois étapes principales de la forge, l'autre camp n'en maîtrisait qu'une ou deux.

Wang Chong en déduisait que le savoir-faire des maîtres forgerons du califat abbasside et de Charax Spasinou restait nettement inférieur au sien.

À tout le moins, ils ne pourraient pas l'égaler avant plusieurs années.

Il était impossible qu'une épée forgée avec pareil savoir-faire rivalise avec son épée en acier wootz.

« Bon, je te fais confiance alors ! »

Wei Hao céda. Sans savoir pourquoi, il trouvait toujours les actes de Wang Chong bien trop téméraires et, dès qu'il voyait cet air confiant sur son visage, il se retrouvait sans voix et se laissait facilement convaincre.

« Cela dit, tu n'as pas besoin de refuser de l'argent, si ? Un pari devrait avoir des enjeux équivalents de part et d'autre. De toute façon, ce marchand de Charax Spasinou est riche, alors pourquoi tant de courtoisie avec lui ? Ne vaudrait-il pas mieux lui prendre directement quelques milliers de taels d'or ? »

se plaignit-il en se rappelant les conditions posées par Wang Chong.

« Ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais. Cela s'appelle mettre un petit appât pour prendre une grosse prise… »

Wang Chong tapa sur l'épaule de Wei Hao. Ce n'était pas de la sottise : il avait derrière la tête un plan plus vaste. Les quelques milliers de taels d'or de Mosaide ne suffisaient pas, dans sa situation.

Du moment qu'il parviendrait à créer le marché de l'acier wootz, l'argent que Wang Chong pourrait en tirer n'était pas de ce qu'un simple pari comme celui-ci pouvait égaler.

« Je m'en vais ! Je compte sur toi pour ce qui se passe ici. Wei Hao, souviens-toi : si pareille chose se reproduit, règle-la comme aujourd'hui. »

Wang Chong salua les deux moines sindhis qui buvaient dehors, puis s'en alla.

Wang Chong ne voulait pas que trop de gens sachent ce qui se jouait au Pavillon du Papillon Bleu. Quant au marchand d'armes de Charax Spasinou, vu la façon dont il s'exprimait, il lui était impossible de connaître l'identité de Wang Chong.

À l'instant où Wang Chong quitta le Pavillon du Papillon Bleu, le prix de l'épée fut doublé une fois de plus, atteignant 4 800 taels d'or. Le sabre de Mosaide fut également suspendu au toit du pavillon.

C'était la première fois en trois jours qu'une autre lame y était accrochée.

Et à la forme de l'arme, il était clair qu'il ne s'agissait pas d'une épée des Plaines Centrales. C'était un authentique sabre de tout premier ordre de Charax Spasinou !

Ce changement attira aussitôt l'attention de la foule.

Quand le contenu du pari sur le duel d'épées fut révélé, il s'ensuivit un tumulte que Wang Chong lui-même n'avait pas imaginé.

On parlait de « la Première Épée du monde », du « premier affrontement entre les Plaines Centrales, Charax Spasinou et le califat abbasside », du « pari sur la première épée du Grand Tang »… Des nouvelles de ce genre volaient de toutes parts dans la capitale.

Il y avait beaucoup de marchands de Charax Spasinou et du califat abbasside dans les Plaines Centrales. Mais la plupart se tenaient dans leurs limites : c'était donc la première fois que les armes de l'orient et de l'occident s'affrontaient dans le Grand Tang.

Toute l'affaire suscitait une attention massive !

« Hmpf ! Un inconnu pourrait représenter les épées du Grand Tang ? »

Quand la nouvelle atteignit les différents clans prestigieux de forgerons, le clan Cheng fut le premier à réagir. Ils avaient l'air courtois en apparence, mais ils cherchaient en réalité par tous les moyens à se surpasser les uns les autres, se disputant le titre de « premier clan de forgerons du monde ».

Simplement, ils ne s'attendaient pas à ce qu'un « moins que rien » les prenne de vitesse.

Les clans de forgerons avaient tenu la même position sur l'affaire du Pavillon du Papillon Bleu : une chose aussi petite ne méritait pas qu'on s'en occupe. Mais le sens de l'événement venait de changer complètement.

Que ce bonhomme du Pavillon du Papillon Bleu l'ait fait exprès ou non, avec la diffusion de cette nouvelle, il était déjà devenu le représentant des Plaines Centrales pour le titre de « premier forgeron ». Voilà ce que les autres clans ne pouvaient pas tolérer.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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