« Fufu, juste nous deux, Almis... »
« Ne te colle pas comme ça. »
Tetra et moi sommes arrivés à la cité-État de Karishia, la ville coloniale de Lezat, appartenant à Claris.
En résumé, il faut battre le fer pendant qu'il est chaud.
Ce que nous avons apporté :
de la nourriture, de la poterie et du sel comme substitut de monnaie,
la lettre de recommandation que j'ai reçue du roi Rosaith en échange du miel,
et une épée en fer pour l'autodéfense.
Je ne viens rencontrer qu'un notable de Karishia, donc je n'ai rien apporté d'extraordinaire.
Je devrais pouvoir faire divers achats à crédit.
Si ce n'est pas possible, je ramènerai du monde pour transporter la poterie.
J'aimerais des marchandises d'échange plus légères.
« Néanmoins, je me demande pourquoi ils ont leur propre alphabet ? C'est embêtant. »
Je regarde le message écrit en alphabet karishien sur une étroite bande de bois.
Avant d'apprendre la langue karishienne, je dois d'abord apprendre leur alphabet. C'est trop pénible.
Même si les chiffres sont simples, il faut apprendre sérieusement pour comprendre les phrases.
Alors que j'ai réussi à maîtriser la langue de cette région avec tant d'efforts, me voilà obligé d'apprendre le karishien.
« Tiens, pourquoi Almis ne créerait-il pas un alphabet ? (NDT : pour la langue de la région, je suppose ?) »
« C'est une bonne idée. Je le ferai si l'occasion se présente... Non, je plaisante. »
Ce sera plus vite fait d'apprendre l'alphabet karishien que d'en inventer un nouveau.
« Au fait. Même si on parle de cette région, elle n'a pas de nom ? »
« Pour l'instant, ce lieu s'appelle la péninsule d'Adernia. »
« Comment les Karishiens nous voient-ils ? »
« Comme des barbares qui parlent un langage barbare bizarre. Sinon comme les gens de la péninsule, de parfaits sauvages. »
Eh bien, nous sommes barbares du point de vue de ceux qui ont une culture avancée.
« Au fait, puis-je poser une autre question ? » (pingouin : tu viens de le faire - lol)
« Quoi ? »
« Je m'attendais à voir quelque chose comme de la monnaie ici. Y en a-t-il ? »
Si je me souviens bien, nous avons déjà eu cette conversation.
Quand c'était ?..........
C'est ça, c'était après ma rencontre avec les enfants.
Si je me rappelle bien, Ron m'avait demandé : « C'est quoi, l'argent ? »
« Seuls très peu de gens connaissent la monnaie. »
« Je vois. »
Donc seuls les riches ont de la monnaie, hein.
C'est au niveau où il y a eu plusieurs édits de promotion par l'argent au Japon. Le paysan moyen ne connaît pas vraiment ça, hein ? (Osura : Le chikusenjoirei (蓄銭叙位令) était une loi promulguée en octobre 711 pour accélérer la circulation des zeni (1/100 de yen) et mesurer la quantité d'argent revenant au gouvernement.)
Nous sommes arrivés au port tout en ayant cette conversation.
J'ai l'impression d'avoir pas mal marché avant de m'en rendre compte.
« C'est la mer...... »
« C'est ta première fois ? »
Tetra a hoché la tête.
J'ai senti le sel, c'est légèrement différent de la mer du Japon.
« C'est un sacré gros bateau. »
Quelques navires étaient amarrés au port.
La longueur totale doit faire une trentaine de mètres, donc c'est du assez haut de gamme vu le niveau culturel de ce monde.
« J'ai entendu dire que les Karishiens avaient une technologie navale supérieure. »
Du coup, ils construisent des villes coloniales dans des endroits reculés pour le commerce.
Naturellement, notre technologie ne peut pas rivaliser avec la leur.
« Bon, où est Einzo qui vend du bétail ? »
Comme je n'ai pas pris de rendez-vous, il faut que je le cherche.
« Cherchons-le tout de suite. »
« Vérifions la valeur de la poterie et du miel comme marchandises avant ça...... Tu risquerais de te faire avoir. »
Bonne idée.
De toute façon, l'autre partie risque de nous prendre pour des sauvages.
C'est bien assez pour qu'on se fasse avoir.
Nous montrons la poterie à un marchand karishien spécialisé dans la céramique.
Il y a de la poterie similaire à la nôtre sur son étal.
La qualité a l'air à peu près équivalente.
« Combien ? »
«...... Bon. Si vous les vendez à Karisha, ils les achèteront 30 cuivres bleus. Si vous les vendez par ici... 30 didals (500 grammes) de sel. »
Au passage, d'après le marchand, 100 cuivres bleus valent une pièce d'argent. J'ai entendu dire que dix pièces d'argent en valent une d'or.
Le sel tourne autour d'une pièce d'argent le kilo.
En d'autres termes, je peux vendre environ 1,6 fois le prix de Karisha quand je vends dans cette région. C'est une très bonne affaire.
En plus, sur la base des prix de Karisha, une pièce d'argent suffit pour vivre un mois.
Bien que ça dépende de ce qu'on compte comme « suffisant », mais une pièce d'argent devrait valoir environ 10 000 yens japonais (~100 $).
« C'est vous qui l'avez faite ? De qui avez-vous appris à la faire ? »
« Je l'ai imaginée moi-même. »
À ces mots, les yeux du marchand s'écarquillent.
« C'est incroyable. Si possible, ne la divulguez pas trop. »
« Je n'ai pas envie de faire une bêtise comme l'apprendre gratuitement aux gens, vu qu'on n'en tirerait pas de profit non plus. »
C'est une carte maîtresse pour nous.
« Autre chose, combien part le miel ? Je voudrais en acheter comme souvenir. »
« Renoncez. Ce n'est pas quelque chose qu'on achète comme souvenir. Comptez environ trois pièces d'or pour un contenant comme celui-ci. »
L'homme tient un pot en main en disant ça.
C'est pas terriblement cher ? Magnifique.
Je décide que le miel sera notre principale marchandise d'échange.
« Au fait, qu'est-ce que tout le monde achète ? »
J'ai vendu les pots mais le commerce n'était pas fini.
On vend pour obtenir de l'argent qui sert à acheter des objets qu'on revendra ailleurs.
Cette répétition, c'est le commerce.
Quand un navire rentre, l'important c'est qu'il ait dépensé tout son argent.
Naturellement, ils achètent des marchandises de cette région..........
Je n'ai aucune idée de quoi, par contre.
Puisque les récoltes de céréales sont mauvaises récemment, ce n'est probablement pas ça.
Déjà, au départ, cette région ne convient pas à la culture du blé.
Il n'y a pas de minerais comme le fer non plus.
Pas de biens littéraires ou artistiques non plus.
« Ah oui, le sel est l'exportation type. On trouve du bon sel gemme par ici, et la demande en sel est forte parce que Karisha a une grande population. »
Le sel est le principal produit d'ici ?
Je ne le savais pas.
J'en aurais peut-être trouvé par hasard si j'avais cherché dans la forêt.
Est-ce que je devrais chercher ?
« Enfin bon, on fait aussi le commerce d'esclaves. »
Comme prévu, ça arrive.
Les guerres ne s'arrêtent pas parce que de petits pays se partagent cette région.
Du coup, il y a des esclaves disponibles en grande quantité et à bas prix.
« Merci pour tout. »
« Ouais. Bon, alors. »
Il dit ça et tend la main.
Il me demande de payer pour l'info ?
Je divise le sel et en mets une portion dans un petit sac que je pose dans sa main.
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« Alors, c'est ici qu'est Einzo ? »
Nous nous tenons devant un bâtiment très splendide.
La maison est un peu petite mais elle n'a pas à rougir face au château du roi Rosaith.
Le bâtiment est en pierre et semble plus solide que le château en bois du roi Rosaith.
« Bonjour. »
Je frappe à la porte et sonne la clochette.
Un homme à la peau brune sort au bout de quelques minutes.
Il a un collier attaché au cou.
« Que puis-je pour vous ? »
« Je veux parler affaires avec Enzio. »
« Malheureusement, mon maître est occupé...... »
« Alors, montrez-lui ceci. »
Je tends la bande de bois que j'ai reçue du roi Rosaith.
L'homme prend le message sur bois avec un air dubitatif et disparaît dans le bâtiment.
Il revient quelques minutes plus tard.
« Veuillez entrer. »
Comme on s'y attendait de la lettre de recommandation du roi Rosaith.
Même si c'est un petit pays, il a encore une influence décente.
Julia a une grande quantité de sel, et le pays du roi Rosaith pourrait peut-être en produire davantage, surprenamment.
« Bonjour, je suis Enzio. Vous êtes ? »
Le jeune homme qui apparaît devant moi dit ça en karishien.
Il est sacrément jeune. Comme j'avais entendu que c'était un marchand important, je pensais qu'il serait plus âgé.
« Je suis Almis. Voici Tetra. »
« Mes respects. »
Je réponds en karishien.
Tetra parle parfaitement karishien depuis le début, mais moi je peux grâce à la [Protection de la Langue].
En plus, la mère de Tetra semble venir de Karisha.
C'est enviable d'être bilingue.
Einzo est surpris qu'on lui réponde en karishien couramment.
« Vous êtes doués. »
« Ahaha, juste ce qu'il faut. »
C'est la protection divine~ comme si j'allais le dire.
« Vous êtes venus acheter du bétail ? »
« Oui. J'ai entendu qu'on pouvait venir ici vu que vous en vendez. »
Einzo m'examine après ma réponse rapide.
Probablement parce que j'ai 15 ans. Un gamin pareil qui apporte une lettre de recommandation du roi d'un petit pays. Ça doit l'intriguer.
« Excusez mon indiscrétion mais...... quelle est votre position de l'autre côté ? »
« Ah oui...... comment dire ? Eh bien, le roi ne nous a pas officiellement nommés, encore. »
Franchement, on est une sorte d'État indépendant.
Territoire, citoyens, souveraineté. Nous ne sommes que des exilés.
« Je vois... »
Einzo affiche une air pensif.
Si possible, je veux provoquer un magnifique malentendu.
« Les vaches sont à trois pièces d'or pièce, les chevaux à quatre pièces d'or pièce. Il faut payer plus si vous payez en marchandises. »
« Je vois. En fait, je n'ai pas apporté d'argent cette fois-ci...... Je suis juste venu voir les prix. Je peux repasser dans deux semaines ? »
« Ça ne me dérange pas. Au passage, combien comptez-vous en acheter ? »
« Voyons. Je voudrais un cheval et deux vaches. »
En d'autres termes, dix pièces d'or.
Il faut trois contenants de miel. (NT : euh... 3 contenants de miel font 9 pièces d'or, non ? Et il n'a pas dit que payer en marchandises coûtait plus cher ?)
Ça rentre juste dans notre budget..
Après tout, c'est dur de réunir autant de miel.
Il faudra peut-être fabriquer un autre produit.
« Compris. Je préparerai ça. Alors, à dans deux semaines. »
J'ai obtenu une nouvelle main-d'œuvre de cette façon.