Si l'on chargeait les bourreaux de ce monde de briser son moral le plus possible, on ne sait pas quels instruments de torture dangereux ils sortiraient.
Plonger la tête dans l'eau bouillante, trancher le nez et les oreilles, modifier la structure osseuse avec des appareils à écraser…
Déchirer le cœur et les organes sexuels…
Forcer à avaler des mauvaises herbes et provoquer une dépendance…
Il y a trop de supplices trop extrêmes pour les femmes.
Pour ce qui est de ça, le manque de sommeil et les chatouilles n'abîment pas le corps physique.
En revanche, les dégâts sur l'esprit sont énormes… mais il faut une semaine avant qu'elle ne perde totalement la raison.
Nous ne sommes qu'au quatrième jour.
Je suis sûr qu'elle récupérera bientôt.
Bon, c'est un peu limite puisque je suis le seul à le dire, mais je pense que c'est la bonne méthode.
Ou plutôt, je reste sceptique sur les effets de la torture.
Ce pourrait être un cas où l'on débite des absurdités pour fuir une réalité qu'on ne veut pas connaître.
Pour obtenir une information fiable, l'interrogatoire vaut mieux que la torture.
Yuria : « Bon, je vais aller briser la malédiction maintenant. Je reviens. »
Yuria empoigna une grande quantité de plantes médicinales et se dirigea vers la prison.
Ensuite, elle s'introduirait dans l'esprit de Lydia pour briser la malédiction.
Ainsi, son cœur ne serait pas rompu.
Nous pourrions récupérer une information exacte auprès d'elle.
Almus : « Il faut que tu réussisses. Sinon, il n'y a aucun sens à ce qu'elle ait subi ces tortures. »
Yuria : « Qui tu crois que je suis ? Je suis la meilleure sorcière du royaume de Rosice. »
Yuria ferma un de ses yeux.
Je n'ai réalisé que c'était un clin d'œil que dix secondes après son départ.
C'était juste trop affreux…
Yuria : « … »
Lydia fixait le vide, les yeux morts.
En ce moment, Lydia avait le droit d'être assise.
Cependant, comme la chaise était extrêmement instable, elle basculerait si elle s'endormissait.
Même ainsi, pouvoir s'asseoir et ne rien penser, c'était bien mieux que de marcher.
En voyant Lydia dans cet état, Yuria s'excusa en son for intérieur et commença à préparer la sorcellerie.
Un parfum magique fut infusé dans des mauvaises herbes, de l'opium et autres ; le tout fut disposé en plusieurs points de la cellule et allumé.
Un immense cercle magique fut tracé au sol, avec Lydia en son centre.
Lydia se contenta de regarder ça, les yeux vides.
Yuria fit goutter son sang sur le cercle magique et y mêla sa propre puissance magique.
Elle posa ensuite ses deux mains et une quantité massive de magie s'y déversa d'un coup, l'illuminant d'une lumière dure.
Après qu'Yuria eut activé le cercle magique, elle s'approcha de Lydia.
Yuria : « Tu peux dormir maintenant. Descends de la chaise et allonge-toi sur le côté, par terre. »
Lydia : « V-Vraiment ? »
Yuria : « Vraiment. »
Lydia s'effondra depuis la chaise.
Elle plaqua son visage contre le sol et s'endormit.
Yuria posa sa main sur le visage de Lydia.
Yuria : « Bon… est-ce que la malédiction va se briser ? »
Après avoir raccompagné Yuria, je me dirigeai vers une autre prison.
Dans cette prison, il y avait une femme blonde enchaînée.
C'était Alice.
Il n'y avait aucune raison de torturer Alice, donc seule sa liberté de mouvement était entravée.
Le lit était dur aussi, mais elle pouvait se reposer un peu, et ses repas étaient les mêmes que ceux des simples soldats.
Almus : « Cela fait longtemps. »
Alice : « …Cela fait longtemps. Roi Almus. Qu'est-ce qui vous amène ici ? »
Almus : « Je suis venu vous supplier. »
Je m'assis devant la geôle, mettant mon regard au même niveau que celui d'Alice.
Alice secoua doucement la tête.
Alice : « Je suis touchée par vos intentions, mais ce n'est pas possible. »
Almus : « Hum. Pour être honnête, je ne comprends pas la raison de votre loyauté envers le prince Aldo. D'après ce que j'ai entendu… on ne vous a pas très bien traitée, non ? »
J'ai déjà entendu parler d'Alice par un serviteur qui travaillait au palais du royaume de De Morgal.
Il semble qu'Alice se faisait toujours battre par Aldo.
Elle a aussi subi d'autres traitements terribles de sa part.
Je soupçonne un peu que ce pourrait être le syndrome de Stockholm mais…
Almus : « Pourquoi lui avez-vous juré fidélité ? »
Alice : « Je n'ai pas exactement juré fidélité à lui. C'est juste que… »
Juste que ?
Alice : « …Ce n'est rien. »
Je vois…
Almus : « Bon, tant pis. Je reviendrai demain. »
Sur ces mots, je quittai les lieux.