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Nightmare

Chapitre 111

NightmareNightmare
Chapitre 111

Chapitre 111

Chapitre 111/19158%~9 min de lecture1 744 mots

« Helix !? Calme-toi un instant !

— Dis-moi ce qui s'est passé ! » cria Elsa.

Son corps et ses bras étaient déjà trempés dans le sang de Tyrene.

Elle s'affairait frénétiquement avec son équipe pour tout ramener sous contrôle.

Pourtant, elle avait besoin de connaître l'état d'Helix, sans quoi elle ne pouvait pas réfléchir.

Marie inspira profondément pour reprendre contenance.

Ses yeux gonflés, injectés de sang, tremblaient.

« C'était une erreur ! Une putain d'erreur ! » sanglota Marie.

« Parle clairement, gamine ! Recommence depuis le début ! » aboya Elsa, furieuse.

« J-J'ai accompagné H-Helix p-pour aider les t-troupes à traverser… le ravin ! » répondit Marie entre deux sanglots.

« Q-Quand… i-ils sont arrivés… au s-site de l-lancement le M-Marcheur-Tige… »

Écoutant patiemment, Elsa activa des cercles magiques de gravité pour stopper l'hémorragie.

« Gahhhhhhhh ! » gémit Tyrene depuis la table d'opération.

Heureusement, elle était maintenue immobile par la gravité, l'empêchant de bouger et de s'aggraver.

« C'est bon ! Accroche-toi ! » cria Elsa.

Marie s'effondra à nouveau en larmes.

Elsa reprit son travail, découpant l'armure de Tyrene et préparant son corps pour le chirurgien.

Elle grimaça en tentant de la limer.

Le coup avait enfoncé l'armure vers l'intérieur, et le métal déchiqueté perçait ses côtes.

Si on la retirait, son corps risquait de se vider de son sang avant qu'on ne puisse l'arrêter.

« On attend le chirurgien.

Marie, continue s'il te plaît. Qu'est-il arrivé une fois arrivés sur le site de lancement ? »

Les troupes hurlèrent à l'harangue de leur Déesse de la Guerre.

« N'oubliez pas que votre Déesse de la Guerre est là, avec vous !

Je ne me battrai pas, pour que vous puissiez gagner votre gloire, mais j'observe votre bravoure ! »

Des cris de guerre suivirent ses mots.

« Certaines choses paraissent impossibles, mais ne le sont pas !

J'ai besoin du contact avec la terre pour utiliser mes sorts.

Ce ravin descend à cent pieds sous terre, et mon sort devrait parcourir cette distance avant de rejoindre le champ de bataille.

Cependant ! Regardez ce dont les humains sont capables ! » hurla-t-elle.

Marie s'agenouilla et posa ses mains au sol.

Les yeux de Tyrene s'écarquillèrent d'incrédulité.

Elle hurla depuis la colline nord de toutes ses forces.

Pourtant, Marie ne l'entendait pas, à plus de cent mètres.

Elle ne l'aurait pas entendue même à quinze mètres.

Les rugissements assourdissants des troupes noyaient tout bruit.

« Observez la puissance de l'humanité ! [Pieu de Terre] ! »

La terre autour des soldats trembla, et les vibrations, d'abord lourdes, devinrent de sourds grondements sous leurs pieds.

Le Colosse tenta de se relever après avoir entendu la terre gronder et l'avoir ressenti sur sa poitrine.

Il leva la tête et fixa Marie d'un regard sanguinaire.

Il la reconnut, venue du côté nord du champ de bataille, et connaissait la puissance de sa magie de terre.

Il la regarda dans les yeux et découvrit ses crocs.

Une seconde plus tard, un pilier de pierre acéré lui fracassa la mâchoire et l'envoya rouler sur le dos.

Les soldats regardèrent, stupéfaits, le pilier projeter le Colosse dans les airs.

Ils assistèrent à la scène au ralenti et virent la force deployée pour frapper la bête.

Elle était si grande que le pilier explosa à l'impact, envoyant d'énormes rochers déchiquetés à travers le champ de bataille.

Un moment de silence s'abattit sur les soldats, qui fixaient le spectacle, incrédules.

Pourtant, leurs yeux ne les trompaient pas.

« KREEEEEEAAAAAAAHHHHHHHKKK ! »

La bête hurla de douleur quand ses sens revinrent.

Puis, après un cri de guerre…

« YEEEEEEEEEAAAAAAAAAHHHHHHH ! »

Le rugissement des soldats lutta contre la douleur du Colosse.

« Maintenant, foncez ! C'est l'heure de la gloire ! » rugit Marie en dégainant son épée.

« Prouvez à votre déesse de la guerre que l'impossible est possible ! »

« Docteur Malka ! Notre générale de guerre meurt. Il nous faut une opération d'urgence ! » cria Elsa quand un homme fit irruption dans la tente.

« Quelle est sa situation ! » répondit-il en se hâtant.

Marie fit de son mieux pour contrôler sa respiration pendant que tous deux préparaient Tyrene pour la chirurgie.

Une fois qu'Elsa confia le travail au docteur Malka, elle emmena Marie hors de la tente pour lui laisser le silence.

Elle la conduisit vers une zone d'attente.

« Je t'en prie, enfant, parle. Helix va bien ? » demanda Elsa.

Marie acquiesça.

« L-La dernière fois que j'ai vérifié, o-oui. » répondit-elle, les larmes coulant sur ses joues.

Elsa souffle un soupir de soulagement.

« Alors continue s'il te plaît. Vous étiez sur le site de lancement. » dit-elle doucement.

« L-La bête a recommencé à bouger après… q-que les mages ont manqué de p-particules d'esprit… e-et les t-troupes avaient peur…. » expliqua Marie, la tête entre les genoux.

Elle était assise par terre, recroquevillée en boule.

« J-J'ai suivi l'exemple d'Helix et fait un discours aux soldats m-mais j'ai été trop loin…. »

Après son discours, Marie adressa à tous un signe de tête brave et soutenu.

Pourtant, au fond d'elle, elle se sentait malade et engourdie.

« J-J… vais aller m'asseoir là-bas et regarder ! » annonça Marie.

Alors qu'elle avançait, d'innombrables soldats s'écartèrent sur son passage, le visage souriant.

« J-J'ai trop forcé en attaquant le M-Marcheur-Tige… e-et… ça m'a laissée sans forces, sans p-particules d'esprit.

D-Du coup, je me suis assise avec les troupes au lieu… de r-rentrer en sécurité. » sanglota Marie.

Elsa fronça les sourcils. Elle savait où le ravin devait mener et comprit instantanément ce que Marie lui disait.

« H-Helix voulait v-venir m'aider pour u-une… t-transfusion, mais il devait f-faire sa part. »

« Marie…. » chuchota Helix.

Ses yeux tremblaient en voyant son état affaibli.

Elle avait encore assez de puissance pour un sort, et il le savait car il lui avait fait la transfusion.

Pourtant, l'attaque qu'elle avait lancée était bien trop absurde et inefficace.

Il se sentait responsable d'avoir trop poussé les discours.

La démonstration de Charlotte avait été efficace, et il pensa qu'elle faisait la même chose.

C'était une démonstration magistrale pour le moral, mais elle l'avait mise en danger, et son esprit était trouble, sachant qu'elle était si près du champ de bataille.

Le Marcheur-Tige n'aurait qu'à avancer de vingt-cinq mètres pour entrer dans sa portée de frappe, et elle était affaiblie.

« Gamin, si tu veux aller la chercher, personne ne t'en empêchera. » dit le général Lackbolt d'une voix empreinte d'empathie.

« Moi… tu as entendu son discours, non ?

Si elle a l'air faible, on risque d'autres pertes. » ricana Helix, amer.

Le général Lackbolt grimaça.

« La générale Tyrene s'est portée sur la seconde colline nord et surveille Marie comme le faucon sa proie.

La meilleure chose que je puisse faire pour Marie, c'est de pas laisser cette chose savoir qu'une deuxième personne du nord se trouve au même endroit.

Ça en ferait une cible. »

Helix serra les dents, frustré.

« T'as une bonne tête sur les épaules, gamin. » affirma le général Lackbolt.

« Dis-moi, c'est vrai que t'étais faible comme pas possible il y a quelques mois ? »

L'homme regarda Helix avec une expression sérieuse.

Helix le jeta un coup d'œil, puis reporta son attention sur Marie.

« Oui. Il y a quatre mois, j'étais faible, sans défense, et ces femmes me protégeaient chaque jour. » répondit Helix, les yeux rivés sur le Marcheur-Tige.

Les yeux du général Lackbolt s'écarquillèrent d'incrédulité.

« C'était pas assez. On était tous faibles. » continua-t-il.

Le visage de l'homme était encore plus perplexe.

« Elles ne pouvaient pas me protéger 24/7, et la veille de mon départ prévu pour Alzeria afin d'empêcher une tentative d'assassinat contre moi, j'ai été poignardé, et ma bien-aimée est morte. »

Les yeux du général Lackbolt se remplirent de tristesse à cette nouvelle.

« Heureusement, j'ai fait des conneries monumentales avant de partir.

Quand je me suis réveillé un mois plus tard à Kozen, Maître Tyrene et Maître Tilo étaient là pour m'entraîner.

Ils croient que je peux vaincre la Reine Folle, alors ils m'ont entraîné et me suivent désormais.

Je ne suis pas un meilleur leader qu'eux, mais ils me forment pour le devenir. » continua Helix.

Le visage du général s'illumina d'une expression conflictuelle.

Il comprenait maintenant pourquoi ce jeune homme mystérieux avait de puissants parrains et tenait les rênes.

Pourtant, il était consterné qu'il ait été sans défense deux mois plus tôt.

L'homme aurait pu le considérer comme un chef physiquement faible, mais Helix lui avait presque brisé le poignet quelques jours plus tôt.

« Ces trois-là sont toutes mes partenaires et m'ont rejoint.

Maintenant on est forts. Cependant, on n'est pas plus forts que cette chose.

On l'a bombardée de pièges innombrables et de sorts cataclysmiques à gauche et à droite, et elle reste dangereuse.

Maintenant Marie est épuisée, et je ne peux pas la sauver sans risquer l'opération. »

Le général Lackbolt fronça les sourcils.

« J'attendrai que les troupes aient traversé le ravin.

Une fois de l'autre côté, je ferai bouger Marie si Tyrene ne l'a pas ramenée ou si elle ne revient pas d'elle-même.

Quand ça arrivera, tu prends le relais, d'accord ? » demanda Helix.

L'homme acquiesça en silence.

Il sentit qu'Helix n'avait pas envie de bavarder.

« J'aurais aimé qu'ils envoient au moins un expert en combat à Kozen avec moi…. » marmonna Helix entre ses dents.

Avec Tyrene et Tilo qui proposaient de prendre Helix comme apprenti, le royaume n'avait pas envoyé de tuteurs de combat.

Ils avaient envoyé un professeur de médecine, Timothy, un professeur de magie théorique, et un mentor politique.

Timothy était l'assistant d'Elsa, qui avait obtenu la permission en échange de services d'enseignement.

Les deux autres avaient capitalisé sur ses talents de leader et cherchaient à améliorer ses ajouts bizarres aux cercles magiques.

Linus était un érudit qui voulait échanger son enseignement contre l'accès d'Helix au savoir.

Résultat : si Helix insistait sur leur présence, seul Timothy était utile.

Helix scruta le champ de bataille pour repérer Tyrene.

Tous trois étaient encore sur la crête, debout sur des cercles de masquage d'odeur qu'ils avaient activés manuellement.

« Je suppose qu'ils attaqueront si elle est en danger…. Il faut que je leur fasse confiance. » chuchota Helix.

« Tout comme tout le monde me fait confiance pour ma part de cette opération. »

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