Dans le bâtiment de l'Association des Donjons de Shikuro, le bureau du président.
Je suis venu voir Cell.
« Grâce à vous, Sato-sama, nous avons obtenu Samechiren. Il n'y a pas de mots pour exprimer ma gratitude. »
« Tu le dis sans détour. »
« Je ne veux rien cacher à Sato-sama. De plus, je pense qu'il faut transmettre correctement sa gratitude. »
« Je n'ai rien fait de spécial…… mais du coup, il y a quelque chose que j'aimerais que tu prépares. »
« Dis-moi n'importe quoi. »
« Des colliers indiquant le maître d'un Égaré. J'en veux deux cents. »
« Entendu. »
Cell répondit sur-le-champ, sonna la clochette à portée de main pour appeler ses subordonnés et leur ordonna de préparer les colliers.
Les subordonnés de Cell, qui passèrent immédiatement à l'action et quittèrent la pièce, étaient tous les deux rapides.
« Tu ne demandes pas la raison ? »
« C'est Sato-sama. Vous aidez sûrement encore quelqu'un dans le besoin. »
« Quelqu'un dans le besoin, hein. »
« Oui. "Il y a quelqu'un dans le besoin, il y a quelqu'un qui a le pouvoir de l'aider." »
C'est une phrase qu'on me répète depuis ma rencontre avec Cell.
C'est vrai que si on dit que c'est mon comportement habituel, c'est exact.
« Je n'ai pas besoin d'en connaître les détails. »
« C'est ça. »
« Il y a juste une chose qui me préoccupe. »
« Une préoccupation ? »
« Je sais que Sato-sama a le pouvoir d'aider les autres. Mais je crains que cela ne tourne à la mollesse, c'est ma seule inquiétude. »
« …… Je le graverai dans mon cœur. »
***
Je quittai Shikuro, rentrai d'abord au manoir, utilisai la salle de transfert via Aurum et arrivai à Indole.
La ville avait complètement prospéré, les gens et les marchandises s'étaient multipliés, l'animation et le désordre avaient augmenté. Je marchais en réfléchissant.
La mollesse, hein.
Je fais attention pour que ça n'arrive pas.
Mais cette fois, je me suis dit que ça pourrait bien finir comme ça.
Comme Cerbère, des monstres capables de communiquer leur volonté.
Ils peuvent interagir normalement avec les humains, mais il y a une différence décisive.
Ils ne peuvent pas entrer dans les donjons.
Quoi qu'il arrive, si un monstre entre et sort d'un donjon en restant un monstre, il disparaît.
Même une existence comme Aurum, l'esprit du donjon, n'y fait pas exception.
Pour sortir un monstre d'un donjon, il faut le transformer une fois en objet de drop, puis le faire éclore à nouveau.
C'est pour ça qu'ils ne peuvent pas entrer dans les donjons.
Et dans ce monde où les donjons droppent tout, c'est fatal.
C'est pour ça que mon premier plan était de recréer l'ancien Indole.
Moi, sous le titre de président de l'Association des Donjons, je sortirais de ma poche pour créer un village et le soutenir.
Le moi actuel peut le faire, mais ça risque de devenir de la mollesse comme le dit Cell.
Pour les Clayman, c'est inévitable.
« Est-ce qu'on peut vraiment se dire que c'est inévitable…… »
Sur les mots de Cell, j'hésitai.
À cause de mon hésitation, je devins inattentif sous mes pieds, je marchai sur un déchet qui avait beaucoup augmenté par rapport à avant, et je glissai.
Heureusement, mes capacités sont au max et mes aptitudes physiques élevées, alors je fis un salto arrière sur-le-champ et atterris proprement après un tour complet.
« « « Oh ! » » » »
Les passants autour applaudirent.
Un peu gêné. Je ramassai la peau de banane qui avait causé ma glissade et la balançai sur un tas d'ordures à côté.
« …… Ah ! »
En regardant le tas d'ordures, je me souvins de quelque chose.
***
À une trentaine de minutes de marche d'Indole.
Ce que je vis en arrivant au lieu de rendez-vous, c'étaient des centaines de monstres rassemblés autour de Clayman.
Des monstres de toutes sortes étaient réunis, mais ni hostilité ni intention de tuer.
Comme Clayman et Cerbère, ils peuvent communiquer leur volonté — des monstres qui ont éveillé raison et intelligence.
Les monstres me regardèrent et s'agitèrent soudain.
Quand j'approchai, Clayman vint en représentant.
« Sa, Sato-san. »
« T'as attendu. »
« Euh…… les gens derrière toi… »
Je jetai un coup d'œil derrière moi.
Trois chariots de transport, six humains pour les manœuvrer.
Des gens d'Indole, mais c'est pour après.
« D'abord, ça. »
Je sortis les colliers du sac que j'avais apporté et les tendis à Clayman.
« Attache-le quelque part sur ton corps. Tant que tu le portes et que tu n'attaques pas les humains, tu ne seras pas visé pour être exterminé. »
Clayman réceptionna le collier avec un air perplexe.
« Et, si on se fait attaquer par des humains ? »
« C'est bon. »
Comme pour Cerbère, le collier prouve qu'ils sont mes monstres apprivoisés.
Avec qui je suis maintenant, il ne devrait pas y avoir beaucoup de gens pour m'infliger l'absurde.
Je n'ai pas donné la raison, mais comme je l'ai affirmé avec assurance, Clayman accepta.
Il reçut les colliers et les distribua aux autres monstres.
Les types humanoïdes et animaux les mirent normalement au cou, mais les insectes et les slimes hésitaient sur l'endroit où les mettre.
Ceux qui semblaient être de type gaz ou morts-vivants absorbèrent le collier dans leur corps, on aurait dit un « noyau » ou quelque chose du genre, c'était un peu marrant.
Une fois que tous eurent leur collier, je m'adressai à nouveau à Clayman.
« Bon, on va créer votre village ici, mais je veux vous confier un travail. »
« Du travail ? Nous, on peut faire du travail ? »
« Ouais. »
J'acquiesçai largement et fis un geste vers les chariots et les gens qui m'avaient suivi.
Un chariot s'avança et déversa sa charge avec fracas.
Des ordures.
Celles qu'on a entassées un peu partout à Indole.
« Qu, qu'est-ce que c'est ? »
« Détruisez-les. Les moyens sont libres. »
« Qu'est-ce que ça veut dire ? »
« Dans le monde des humains, il y a des professionnels pour traiter les ordures. Si on les laisse, ils deviennent des Égarés. Et toi, tu devrais comprendre, mais en ce moment Indole est pleine d'ordures partout. La population a augmenté trop vite et le traitement ne suit pas. »
« Ah, c'est vrai. »
« Tu as dit "est-ce qu'on peut faire du travail", mais ça, vous pouvez le faire, non ? »
« —— Oui ! »
Clayman hocha vigoureusement la tête, et plusieurs monstres qui écoutaient s'avancèrent immédiatement.
Ils attaquèrent les ordures déversées du chariot.
Ce sont à la base des monstres doués pour l'attaque.
À la force collective, la montagne d'ordures fut pulvérisée en un instant.
Je remis à Clayman l'argent que j'avais mis à l'avance dans une enveloppe.
« Voici le prix du marché pour le traitement de ces ordures. »
Le prix du marché.
J'ai fait exprès de donner exactement le prix du marché.
Puisque Cell me l'avait dit, je me suis strictement tenu au cours.
Clayman le reçu, le sortit, les monstres s'approchèrent pour regarder et poussèrent un souffle.
Presque tous — à part quelques-uns sans visage dont l'expression était incompréhensible — arboraient un visage ému.
Peu après, les monstres acclamèrent en chœur et me dirent « Merci ! ».