La nouvelle du meurtre brutal de trois Maîtres Guerriers avait choqué tous les cultivateurs et mis en alerte les Gardes du Pavillon.
Seulement, les Gardes du Pavillon n'étaient chargés que de maintenir l'ordre dans la ville pour le commun des mortels. Pour les affaires touchant au monde de la culture, ils n'avaient aucun moyen d'intervenir, d'autant moins pour trois cultivateurs au niveau de Maître Guerrier.
La seule chose qu'ils pouvaient faire était d'identifier les corps et d'informer leurs familles de leur décès.
Pourtant, la nouvelle s'était propagée comme une traînée de poudre. Après tout, la mort de trois Maîtres Guerriers en ville n'était pas une mince affaire.
Quant à ces histoires, Feng Jiu n'en avait cure et, une fois revenue dans sa cour, elle pénétra dans son propre espace et se mit à cultiver.
Les mercenaires du marché noir avaient retiré la mission de la traquer, si bien que les jours suivants furent très paisibles, et tous deux purent se concentrer sur leur culture. Quelques jours plus tard, Guan Xi Lin rentra abattu après être allé acheter de la nourriture au marché.
« Frère ? » Feng Jiu sentit que quelque chose n'allait pas en voyant son air abattu. Après l'avoir appelé, il ne réagit toujours pas.
« Frère ? » Elle l'appela à nouveau et il finit par revenir à lui.
« Ah, Petite Jiu, tu m'as appelé ? » Ce ne fut qu'après un moment, le temps de remettre ses sentiments en ordre, qu'il lui adressa un sourire faible, ignorant que ce sourire paraissait très forcé.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? Il s'est passé quelque chose ? » Elle s'approcha de lui et demanda avec une profonde inquiétude.
Guan Xi Lin baissa la tête en silence, retenant ses pensées.
« C'est quelque chose que tu ne veux pas me dire ? Alors c'est bon, je n'insisterai pas. »
À ces mots, il releva la tête en sursaut, affolé, et s'empressa d'intervenir : « Non, ce n'est pas ça, Petite Jiu ! C'est juste... c'est juste que... »
Il prit une grande inspiration et la regarda. D'une voix légèrement tremblante, il dit : « Quand je suis sorti faire des emplettes, j'ai appris des nouvelles de ma famille. J'ai entendu dire que mon cousin allait se marier. »
Depuis qu'elle le connaissait, elle ne lui avait jamais demandé son passé, ni sa famille. De même, il ne s'était jamais renseigné sur le sien. C'était la première fois qu'il mentionnait sa famille.
« Veux-tu retourner assister au mariage ? »
Sa main effleura doucement sa taille où sa blessure cicatrisait, et il posa sur elle un regard triste, empreint de nostalgie. « Petite Jiu, le savais-tu ? Depuis l'âge de six ans, j'ai été élevé par mon Oncle et j'ai cultivé avec mon cousin depuis toujours. Bien que nous n'ayons pas les mêmes parents, je l'ai toujours respecté et je l'ai toujours considéré comme mon propre frère. Je n'aurais jamais imaginé qu'il serait le coupable qui me poignarderait soudainement dans le dos.
« Sans ton intervention qui m'a sauvé la vie, je pense que je serais déjà mort. J'ai toujours voulu comprendre pourquoi il voulait me tuer, mais dès que j'ai appris la nouvelle, j'ai su que c'était à cause d'elle. »
« Elle ? » Feng Jiu resta stupéfaite.
« Eh bien, la femme qu'il s'apprête à épouser est la Troisième Jeune Demoiselle de la famille He, He Xin Ya. C'est la fiancée que mon Père avait choisie pour moi. »
En entendant cela, Feng Jiu le fixa, hébétée. Qu'était-ce que ça ? Il s'était littéralement fait poignarder dans le dos par son cousin qui lui avait aussi volé sa fiancée ? Elle lui lança un regard compatissant, son Frère avait vraiment un passé bien triste.
En voyant son air abattu et désemparé, elle lui demanda curieusement : « Frère, est-ce que tu aimes cette femme ? »
Guan Xi Lin secoua la tête : « Mes sentiments pour elle ne sont pas si forts, c'est juste que savoir qu'elle devait être ma femme depuis tout petit et apprendre qu'elle va en épouser un autre maintenant, qui plus est mon cousin, ça laisse un arrière-goût amer. Je me sens très lésé. »
Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire. En voyant son air embarrassé et démuni, elle retint vite son rire. « Bon, bon, je ne ris plus, je ne ris plus. » Cela n'empêcha toutefois pas son large sourire.