Les voix qui s'élevaient dans le restaurant s'interrompirent net, et les regards jaugeaient ces deux hommes, mais aucun des convives ne prononça un mot.
Voyant cela, les deux gardes sortirent une pièce d'argent, la lancèrent au commis et demandèrent : « À quoi ressemblaient ces enfants ? Où sont-ils allés ? »
Le commis suivit la pièce du regard, grinça et répondit : « C'est une paire de jumeaux au visage identique, trois ou quatre ans tout au plus. Ils ont aussi un grand frère, une dizaine d'années environ, et un garde vêtu de noir, mais ils sont déjà partis, dans cette direction. Pour l'endroit exact où ils se sont rendus, le commis l'ignore. »
Sur ce, les deux gardes se regardèrent, puis firent volte-face pour suivre la direction qu'avait indiquée le commis.
Les voyant partir, les clients du restaurant jetèrent un coup d'œil au commis et dirent : « On ne sait pas qui ils sont, pour divulguer ainsi la destination de ces gamins. Si ces deux gardes cherchent noise à ces enfants, tu auras fauté. »
« Qu'est-ce qui pourrait leur arriver ? Ces gosses n'ont pas l'air d'appartenir à une famille ordinaire. D'ailleurs, ces deux gardes tout à l'heure portaient la plaque de ceinture de la famille Lin à la taille, on voyait d'ici qu'ils étaient des gardes des Lin. Qu'est-ce qu'ils pourraient bien faire à ces gamins ? » dit Xiao Er avec incrédulité.
À ces mots, les gens du restaurant ne dirent plus rien. La famille Lin était une grande famille dans cette cité, elle n'allait pas chercher querelle à quelques enfants.
De l'autre côté, Dix-Sept conduisit Hao'er et les autres vers la cour qu'ils venaient de louer. En y entrant, Dix-Sept leur parla en disant : « Mon subordonné a cherché quelqu'un pour se renseigner sur la location d'une maison. L'intendant en a présenté plusieurs, mon subordonné les a toutes visitées et a fini par choisir celle-ci. »
Dix-Sept regarda la cour et dit : « Cette cour, une fois sorti par la porte à l'est, il suffit de traverser une rue pour se retrouver à la résidence du Seigneur de la Cité, donc personne dans le quartier n'ose y causer du trouble. L'environnement est relativement bon. Bien que la cour ne soit pas grande, le loyer est un peu plus cher qu'ailleurs, mais au final, mon subordonné a estimé que cette cour nous convenait davantage. »
« Bien, cet endroit est très bien. » Hao'er acquiesça et regarda Muchen et Muyue en disant : « Installons-nous ici d'abord. Nous nous renseignerons sur la situation de ce territoire, nous ferons des plans une fois que nous le connaîtrons mieux. Pendant ce temps, vous ne sortez pas n'importe comment, de peur de tomber sur des dangers, c'est compris ? »
« Mm, Grand Frère, ne t'inquiète pas, on sait. » Les deux petits le dirent docilement.
« Reposons-nous pour aujourd'hui ! À partir de demain, Dix-Sept, tu sors te renseigner, en plus… » La voix de Hao'er s'arrêta, il regarda la cour et dit : « Tu mettras en place un réseau. Vous trois, familiarisez-vous avec, de peur de faire une fausse manœuvre dedans. »
« Bien. » Les trois répondirent et entrèrent les premiers, se familiarisant d'abord avec la structure de cette cour.
Les gardes de la famille Lin se divisèrent pour chercher et s'informer, et ce ne fut qu'à la nuit tombante qu'ils apprirent que ces quelques enfants avaient loué une cour et y vivaient déjà. Ils rentrèrent donc à la maison pour faire leur rapport.
Dans la demeure du Patriarche, entendant le rapport des gardes, le Patriarche assombrit son visage et regarda les gardes en bas avec mécontentement, puis dit : « Ne vous ai-je pas dit de ramener les personnes directement ? Une fois la cour louée, vous ne pouviez pas simplement entrer ? »
À ces mots, les gardes répondirent d'une voix forte : « Oui, mes subordonnés vont maintenant aller capturer la personne. » Là-dessus, ils battirent prestement en retraite.
Dans la petite cour où vivaient Hao'er et les siens, à cet instant, Muchen et Muyue, parce qu'ils n'avaient pas beaucoup dormi pendant cette période, dès qu'ils s'allongèrent sur leurs lits, plongèrent dans un sommeil profond, parce que leur Grand Frère était là, ils ne s'inquiétaient pas de la sécurité.