Précisément comme l'avait pensé Loup Gris, le palais impérial était en ce moment sens dessus dessous. Le palais de Murong Bo baignait dans une atmosphère tendue et lourde. Le roi, qui semblait en bonne santé la veille encore, ne parvint pas à se lever ce matin-là. Non content de cela, l'intégralité de sa chevelure s'était mise à tomber, laissant un crâne lisse comme un miroir, pas un seul poil ne subsistant, une tête chauve.
Murong Bo, dont l'apparence frôlait à peine la quarantaine, donnait l'impression d'avoir vu sa vitalité aspirée en une seule nuit. En l'espace de quelques heures, il avait vieilli à vue d'œil, passant d'un homme d'une quarantaine d'années à un vieillard dans la cinquantaine.
La peau de tout son corps et de son visage s'était ratatinée et desséchée, comme si toute son humidité avait été pompée. Ce qui était le plus stupéfiant, c'est que sa cultivation avait également chuté du niveau Ancêtre Martial à celui de Maître Martial en une nuit. Ce changement soudain était si étrange que personne ne put en trouver la cause, ni le guérir.
Cela plongea Murong Bo dans un état de choc extrême.
« Si vous ne trouvez pas la cause, je vous tuerai tous ! »
Il hurla de colère et donna un coup de pied à un médecin agenouillé devant lui. Le médecin n'osa pas esquiver et encaissa le coup. Il s'affala par terre et s'essuya le front moite.
C'était inconcevable…
En une nuit, les cheveux du souverain étaient tombés le laissant totalement chauve, sa force avait aussi baissé d'un niveau. Pourtant, ce déclin ne semblait pas vouloir s'arrêter. Tous ses paramètres continuaient de s'effondrer. Son espérance de vie, sa cultivation, sa vitalité, tout s'amenuisait.
Cela fit trembler chacun d'eux, qui n'avait jamais rencontré pareille situation, et les plongea dans la panique. C'en est une si une seule personne est incapable de poser un diagnostic. Mais si un groupe entier n'y parvient pas, alors c'est une maladie sans nom.
Était-ce causé par l'anxiété du Souverain ? Autrement, comment cela aurait-il pu survenir sans la moindre raison ?
Un vieillard agenouillé à ses côtés raffermit ses nerfs et dit d'un ton calme : « Souverain, veuillez calmer votre courroux. D'après mon diagnostic, votre seigneur ne présente aucun signe d'empoisonnement. Son pouls est également normal. Cela est survenu si brutalement, peut-être parce que votre seigneur s'inquiétait pour les affaires d'État. Il est possible, possible que le corps de votre seigneur se rétablisse progressivement une fois que votre seigneur aura apaisé toutes ses angoisses. »
Le visage de Murong Bo était sombre, ses yeux emplis d'une terreur qu'il ne cherchait pas à cacher. Il les accabla d'injures d'une voix tremblante : « Vous n'êtes que des déchets ! N'avez-vous pas vu que je vieillis et que mon niveau de cultivation chute à chaque instant ? Se rétablir ? Je devrais rester assis à attendre la mort ? »
Ces médecins, plus d'une douzaine, n'osèrent pas répondre. L'un après l'autre, ils s'agenouillèrent et n'osèrent pas relever la tête. Ils n'avaient jamais été confrontés à un tel diagnostic. Comment auraient-ils pu le traiter ?
« Souverain, il vaudrait mieux promulguer un édit impérial pour retrouver la trace du Médecin Fantôme. Avec les compétences médicales du Médecin Fantôme, il saura sans aucun doute soigner la maladie de votre seigneur. » Un médecin osa conseiller.
« Déguerpissez ! Sortez d'ici, tous autant que vous êtes ! Vous ne servez à rien ! »
Murong Bo hurla de colère. Il attrapa les objets à portée de main et les leur lança au visage. Promulguer un édit impérial ? N'était-ce pas annoncer au monde qu'il était en train de mourir ? À ce moment-là, inutiles de le dire, les autres pays viendraient envahir ses territoires. Il ne resterait rien pour le successeur.
« Tout a une cause. Il est impossible que quelque chose arrive sans aucune raison. Sûrement, il y a une cause. Laissez-moi réfléchir... Voyons... »
Il se força à se calmer. Il repassa en revue ce qu'il avait fait, ce qu'il avait mangé et touché, d'hier à aujourd'hui. Cependant, sa peur était si grande qu'il ne parvint pas à se calmer pour réfléchir posément. Toutefois, il pouvait être certain que cette affaire avait absolument un lien avec la famille Feng.
« Ce sont eux... Ce sont forcément eux ! »