et Du Fan entrèrent par l'entrée principale et se dirigèrent vers le Marché Noir. La raison pour laquelle le Marché Noir souterrain portait ce nom, c'est qu'on y trouvait des choses introuvables à l'extérieur, et que la plupart avaient été obtenues par des moyens illicites. Les transactions y étaient des transactions de l'ombre à l'ombre. Tant qu'on avait de l'argent, on pouvait y acheter tout ce qu'on voulait : esclaves, femmes, élixirs de sauvetage, trésors rares. Après avoir payé le droit d'entrée, tous deux pénétrèrent à l'intérieur. Comme l'allure de était remarquable et sa robe rouge éblouissante, elle paraissait d'une beauté si saisissante que bien des gens ne purent s'empêcher de s'arrêter pour la regarder. Certains osèrent même l'aborder avec légèreté, sans mesurer les conséquences de leur acte.
« Hé, d'où sort cette beauté ? Sa beauté est si tentante ! » Un homme vêtu de soie clinquante, la lueur du vice dans les yeux, s'avança et tendit la main pour toucher le menton de . Mais l'instant d'après, un cri perçant retentit. « Hiiii ah ! »
Le cri strident de l'homme en habits clinquants aux intentions malsaines se propagea instantanément. Tous regardèrent et virent que la main qu'il avait tendue avait été tranchée au poignet. Le bout de main sanglant tomba au sol tandis qu'il pressait sa blessure qui saignait, le visage pâle, hurlant et reculant, l'œil rivé sur Du Fan avec horreur. Les commissures des lèvres de Du Fan tressaillirent, l'éventail dans sa main continuant de brasser l'air sans hâte. Nul n'aurait pu imaginer qu'un gentilhomme si doux et élégant, avec un éventail si banal, eut tranché le poignet de l'homme si vite que personne n'avait vu comment il s'y était pris. Un instant, tous restèrent à dévisager qui s'était brutalement immobilisée pour jauger ceux qui l'entouraient. Ils en restèrent coi, le choc et l'horreur leur glaçant le cœur. Quelqu'un capable de frapper à une vitesse si fulgurante qu'on ne la voit pas, c'est définitivement quelqu'un avec qui il ne faut pas se frotter. Leur expérience leur disait qu'une telle personne, même si elle arbore un sourire et a l'air d'un noble gentilhomme, est quelqu'un de très dangereux !
« Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? » Un intendant arriva avec des gardes. Quand il vit la main coupée et le sang par terre, ses yeux clignotèrent légèrement et il examina les lieux. Finalement, un garde s'avança et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Aussitôt, le regard de l'intendant se porta sur et Du Fan. « Nettoyez le sol. » L'intendant ordonna et fit signe de nettoyer le sol. Puis, il chargea quelqu'un d'emmener l'homme à la main coupée. Enfin, il sourit à l'assistance : « Assez, assez, tout le monde peut partir, ne restez pas là à grouiller. Les transactions vont commencer, dépêchez-vous d'aller dans la salle de réunion ! »
Alors que la foule se dispersait lentement, l'intendant mit une main dans le dos et s'approcha de , les yeux plissés par le sourire, et dit : « Je me fiche d'où vous venez, ou de ce dont vous êtes capable. Mais, une fois ici, si puissant soyez-vous, vous devrez encore vous tenir tranquilles ! Sinon, je vous ferai goûter à la force de notre Marché Noir ! »
À peine eut-il parlé qu'il se retourna et partit sans attendre leur réponse. En voyant cela, le coin des lèvres de se releva légèrement : « C'est un petit Marché Noir, mais il en impose. » « Maître, allons-y ! » dit Du Fan, jetant un coup d'œil autour de lui tout en notant les gens en évidence et ceux tapis dans l'ombre.