Elle tendit la main pour frapper à la porte et il n'y eut d'autre bruit que le doux tapotement qu'elle produisait.
Elle songeait en silence qu'elle ne parviendrait pas à cacher l'œuf et qu'au moment où elle croiserait quelqu'un, elle serait infailliblement démasquée. Ces types qui volaient dans les airs cherchaient toujours cet œuf et ils n'avaient pas l'air de vouloir partir de sitôt. Si elle emmenait cet œuf pour aller chercher Guan Xi Lin, peu importe qu'elle y parvienne saine et sauve, elle l'entraînerait dans un danger incalculable en restant à ses côtés.
« Que faire ? Avec cette chose encombrante. » Ses sourcils se froncèrent tandis qu'elle se remémorait la méthode pour sceller un contrat. Ses yeux s'illuminèrent et elle mordit immédiatement dans son doigt pour faire couler une goutte de sang sur la coquille de l'œuf.
Mais pour une raison quelconque ? Cette goutte de sang ne fut pas absorbée par la coquille, elle roula simplement le long de la paroi.
Elle la fixa intensément et dit : « N'est-il pas dit que avant que les bêtes ne naissent, faire couler une goutte de sang sur elles les lie à vous par contrat ? Était-ce une supercherie ? » Elle ne baissa pas les bras et pressa deux autres gouttes de sang qu'elle fit tomber dessus, mais il n'y eut toujours aucune réaction.
Finalement, elle n'eut d'autre choix que d'abandonner.
« Hein ? C'est quoi ce bruit ? » Elle dressa l'oreille et scruta les alentours, découvrant enfin que le faible bruit semblait provenir du sous-sol.
Comme prévu, lorsqu'elle baissa les yeux et observa le sol autour d'elle, elle repéra un endroit où de la terre était soulevée, comme si quelque chose creusait un tunnel en dessous.
« Taupe fouisseuse ? Ce ne devrait pas être possible ! Il n'y a pas de taupes fouisseuses de cette taille ! »
Elle fourra l'œuf doré dans ses vêtements, contre sa poitrine, et voulut s'élancer hors du sol qui tremblait ; sa tête venait à peine de surgir qu'elle aperçut aussitôt un homme d'âge mûr chevauchant une épée dans sa direction, pas très loin, et elle recula instinctivement. Mais ce unique pas en arrière posa son pied sur de la meuble et tout son corps perdit l'équilibre ; elle bascula dans une cavité sous la surface de la terre meuble.
Elle poussa un cri de surprise et tout devint soudain noir. Son corps dévala une pente abrupte et la vitesse folle des événements ne lui laissa aucun temps pour réagir.
Pendant ce temps, en surface, juste après que Feng Jiu eut dévalé le toboggan, deux taupes fouisseuses sortirent leur tête du sol, chuintèrent quelques fois en regardant à gauche et à droite. Peu après, elles reprirent leur fouissage pour reboucher le trou qui avait été mis à jour.
Chevauchant son épée, l'homme d'âge mûr qui cherchait la source du bruit regarda tout autour, mais ne vit aucun être humain aux alentours et ne parvint pas à détecter la moindre présence avant de froncer profondément les sourcils : « M'ai-je mal entendue ? »
Il déploya sa conscience pour couvrir la zone à plusieurs reprises et, ne trouvant toujours rien, finit par quitter les lieux, toujours sur son épée.
Sous terre, le cri de surprise de Feng Jiu résonnait dans le tunnel tandis que son corps continuait de glisser. C'était l'obscurité totale et elle ne voyait rien. Elle savait seulement que le tunnel zigzaguait gauche et droite tandis qu'elle dévalait tout du long. À mi-parcours de cette chute inarrêtable, son pied sembla heurter quelque chose de charnu et, avec un couinement strident, cette boule molle de chair dévala la pente avec elle.
Elle cria de douleur tandis que son corps basculait vers l'avant sous l'élan de la glissade folle. Mais elle ne s'écrasa pas au sol. Elle était tombée sur la chose molle et charnue qui se trouvait devant elle au bout de la pente.
« Aïe aïe ! Ça fait vraiment mal. »
Après avoir glissé à une telle allure tout ce chemin, les éraflures sur son corps étaient inimaginables ; elle sentait tout son corps brûler de douleur. Même alors, quand elle vit d'innombrables paires d'yeux l'entourer qui la fixaient en luisant d'un vert terne dans la pénombre, elle bondit sur ses pieds.
« Qui qui qui qui. »
Elle en eut la chair de poule. À entendre ces bruits, on aurait dit des souris. Mais dans l'obscurité, elle distinguait vaguement que leur forme ne ressemblait pas aux rongeurs communs et ils continuaient à l'encercler à cet instant.
Quand elle réalisa que le trou dans lequel elle se trouvait était assez grand pour accueillir un humain tandis que ses yeux découvraient tous ces animaux de type rongeur devant elle, son corps se raidit instantanément.
Elle porta une main à l'œuf doré dans ses vêtements, contre sa poitrine, pour s'assurer qu'il n'était ni abîmé ni brisé, pendant que l'autre main descendait le long de sa cuisse pour saisir la dague attachée sur le côté de sa cuisse...